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Serge Rivière relate la Geste irlandaise, à Maurice
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Serge Rivière relate la Geste irlandaise, à Maurice
Le Pr Rivière n?est pas de ces imbéciles qui prétendent récrire l?histoire de Maurice, sous prétexte que les historiens, venant avant eux, certains même avec un siècle d?avance, seraient coupables du crime de lèse-majesté de ne pas épouser leurs convictions idéologiques. Nous les entendons déjà contester urbi et orbi que les recherches du Pr Rivière ne concernent aucunement l?esclavage ni l?engagisme à Maurice et que, à ce titre, elles ne valent pas un clou. Laissons braire, ces ânes.
Nombreux seront les lecteurs assez intelligents pour comprendre la valeur du livre de Serge Rivière, intitulé No Man is an Island, The Irish Presence in Mauritius (1715-2007). Ils sont intelligents pour comprendre que le Pr Rivière, comme les meilleurs historiens l?ayant précédé dont, entre autres, Albert Pitot, Auguste Toussaint, Raymond d?Unienville, Guy Rouillard, Mgr Joseph Mamet, Gaëtan et Norbert Benoît, Moontaz Emrith, Mgr Amédée Nagapen, Pahlad Ramsurrun, Lilian Berthelot, Jean-Georges Prosper, Huguette et Madeleine Ly Tio Fane, ne nous doivent rien.
Ils ont bénévolement consacré leur temps libre, pour effectuer des recherches, pour les publier, souvent à compte d?auteur, et nous offrir ainsi l?aubaine de bénéficier des fruits de leurs précieuses recherches.
Nous devons savoir gré aux Editions de l?océan Indien (EOI) de s?être chargées de la parution de ce livre. Les EOI diffèrent de ces éditeurs, ayant une pièce de monnaie à la place des yeux, n?acceptant de publier un livre que s?ils sont certains de réaliser de gros profits, parfois même en exploitant honteusement des auteurs, incapables de faire prévaloir leurs droits.
Pour notre plaisir, le Pr Rivière raconte avec précision les faits et gestes des Irlandais faisant partie de l?histoire de Maurice. La plupart des Mauriciens ne pourraient peut-être pas nommer un Irlandais ayant joué un rôle actif dans notre histoire. Nous sommes quand même un certain nombre à pouvoir, profiter de cette interrogation, pour saluer les origines irlandaises du gouverneur Pope Hennessy, l?auteur du slogan « l?île Maurice aux Mauriciens » et le père de notre Constitution de 1885.
Pope Hennessy est pourtant loin d?être le seul Irlandais de notre histoire. Serge Rivière a le mérite d?avoir consulté, à ce propos, le précieux Dictionnaire de biographie mauricienne (DBM) de l?incontournable Société de l?Histoire et de recenser une soixantaine d?Irlandais dont les autres gouverneurs Bowen, Higginson, les évêques Leen, Liston,Murphy, le naturaliste Charles Telfair, le fondateur de notre Société royale des arts et des sciences.
Y figurent aussi, l?écrivain Charles John Boyle, le peintre Frederick Robert Nixon, les officiers militaires Lord Chichester, James Robinson Hastie, le comte de Mac Namara, les inspecteurs généraux de police O?Brien et O?Connor, le geôlier de Napoléon (Sir Hudson Lowe), les prêtres Michaël Comerford, Richard Lee, Alexander Denny ( à qui nous devons la cathédrale Saint-James).
Ces « oies sauvages » migrant vers l?océan Indien
Le Pr Rivière a toutefois la perspicacité de ne pas se limiter aux précieux renseignements du DBM. Il salue les Irlandais ayant ?uvré sur notre sol et à qui nous sommes redevables. Tour à tour, le Pr Rivière mentionne ces Irlandais de la période française, immigrants connus par l?histoire irlandaise comme les « oies sauvages ».
Il fait ensuite allusion aux Irlandais de la colonisation anglaise. Il consacre des chapitres aux gouverneurs Lowry Cole et Pope Hennessy, au savantissime Charles Telfair, à l?écrivain John Boyle, au dessinateur Frederick Robert Nixon, aux évêques catholiques NN.SS. Jean Baptiste Murphy, James Leen et Daniel Liston, aux religieuses de la congrégation des Dames de Lorette et du Bon Berger.
Le dernier chapitre plaira car il traite des Mauriciens ayant reçu leur formation universitaire en Irlande.
Les premiers d?entre eux sont le Premier ministre, Navin Ramgoolam mais aussi celui des Affaires étrangères, le Dr Arvin Boolell. Il retrace encore Mgr Maurice Piat, le Dr Charles Yip Tong, Monique Dinan. Sait-on seulement qu?entre 1964 et 1973, 65 médecins mauriciens ont étudié au Royal College of Surgeons of Ireland.
Lancé vendredi prochain à la bibliothèque Carnegie, ce livre nous propose d?aller de découverte en découverte. Il serait intéressant que les pays représentés à Maurice, même d?une manière honoraire, financent des recherches analogues, concernant leurs ressortissants ayant participé à notre histoire aussi utilement que les Irlandais du Pr Rivière. L?Histoire de Maurice en sortira grandie et enrichie.
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