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Les Mauriciens d?Amérique racontent

2 novembre 2008, 01:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Clency Belloguet :

« Fier d?avoir participé à cette campagne » </B>

« He is the right man for the job ! » Clency Belloguet, retraité originaire de Pointe-aux-Sables, ne tarit pas d?éloge sur Barack Obama. Installé aux Bermudes depuis une vingtaine d?années, ce passionné de politique a décidé de contribuer, à sa manière, à la campagne de son candidat favori. « Je me suis rendu dans le QG de campagne démocrate dans le Maine où je suis resté trois jours. Le travail effectué par les volontaires qui donnent de leur temps est impressionnant. Et je suis fier d?y avoir participé », assure-t-il.

Qu?en est-il de l?ambiance ? « C?est extraordinaire. Devant chaque maison, des pancartes à l?effigie des candidats ont été placardées. Tout le monde affiche son choix et explique pourquoi il soutient tel ou tel candidat. Et tout cela dans le calme », raconte Clency.

Son choix pour Obama, Clency l?explique par la capacité de ce dernier à insuffler à toute une génération l?espoir. Et d?ajouter : « Il apportera un profond changement tant en Amérique, que dans le reste du monde. J?espère seulement qu?il n?y aura pas de magouille le jour des élections aux dépens du candidat démocrate. »

<B>Chandra Jackai : « Tout est possible en Amérique » </B>

Mère de deux enfants, Chandra Jackai, cadre dans un hôpital au Texas, a choisi de voter par anticipation. Son choix s?est porté sur Obama. « J?ai voté pour celui qui pourra sauver notre économie, mais aussi réconcilier les Etats-Unis avec le reste du monde. Nous vivons sans conteste un moment historique », fait ressortir cette Mauricienne qui a élu domicile aux Etats-Unis il y a une trentaine d?années. Pour elle, l?élection du candidat à la présidence pourrait n?être que bénéfique pour les Etats-Unis.

Chandra Jackai ne cache pas sa satisfaction devant la participation massive des jeunes à cette campagne électorale. « Ils se sentent très concernés. Ils tiennent un discours rassembleur et expriment leur envie de reconstruire l?Amérique. Ici, chacun essaie de convaincre son voisin de l?importance d?aller voter », explique-t-elle. Pour cette mère de famille, ces élections symbolisent bien le rêve américain.

« Ce que je retiendrai de cette campagne électorale, c?est que tout est possible en Amérique.

L?on peut accomplir de grandes choses à force de travail et de persévérance. »

<B>Pierre Gérard Balancy :

« J?ai de grands espoirs » </B>

A quarante-huit heures des échéances électorales, Pierre Gérard Balancy attend toujours avant d?arrêter son choix, même s?il pencherait plutôt pour Obama. Etant enregistré comme électeur indépendant depuis 1982, cet ingénieur installé à Washing-ton D.C. a, lors des quatre dernières campagnes électorales, voté pour des candidats démocrates et républicains. Mais cette campagne, soutient-il, est particulière : « Elle se distingue par ses enjeux et par les différences qui opposent les deux candidats. »

Mais selon lui, Barack Obama a, au cours de cette campagne, démontré de « grandes » qualités. « J?ai de grands espoirs, même s?il possède une expérience relativement brève sur la scène politique nationale », confie le retraité. Un sentiment renforcé, explique cet ingénieur, par le soutien qu?a apporté au candidat démocrate le général Colin Powell. « Cela pèsera assurément dans la balance », assure-t-il.

A noter que Gérard Balancy a assisté à un meeting de Barack Obama, organisé à Washington D.C.

Son impression : « Obama continue d?inspirer des millions d?électeurs, ce qui n?est pas rien dans un pays souvent divisé et empreint de cynisme. »

<B>Josiane Domenici :

« Les deux candidats ont du talent » </B>

Supportrice d?Hillary Clinton lors des primaires, Josiane Domenici nous confie n?avoir pas encore arrêté son choix même si Joe Biden, candidat démocrate à la vice-présidence a sa faveur. « Qui sait, cela pourrait influencer mon vote », souligne cette Copyright Editor installée à Boston depuis 40 ans.

Elle est d?avis qu?il s?agit là de la « meilleure » campagne électorale à laquelle elle a assisté. « Les deux candidats ont démontré qu?ils ont du talent et peu importe celui qui en sortira vainqueur, il sera meilleur que George Bush », soutient-elle. Un avis partagé par une grande majorité d?Américains.

Très concernée par cette course à la Maison-Blanche, Josiane Domenici explique avoir suivi tous les débats télévisés entre les deux candidats, même si elle n?a pas pu assister à l?un des nombreux meetings organisés jusqu?à présent. « Je pense sincèrement que tous deux sont parfaitement qualifiés pour diriger ce pays. Ma seule crainte, c?est que l?effet Bradley (NdlR : certains électeurs pourraient finalement ne pas voter pour un candidat afro-américain, une fois dans l?urne), dont tout le monde parle ici, se vérifie le jour des élections », s?inquiète-t-elle.

<B>Stéphane Constantin :

« Seuls les compétences comptent » </B>

Installé à New York depuis maintenant quatre ans, ce lauréat du collège du St-Esprit témoigne de l?engouement des jeunes pour ces élections présidentielles : « Les jeunes se sentent concernés par ces enjeux électoraux, car ils réalisent que la précédente administration a causé du tort au pays et réclament donc du changement. Il existe ici des clubs d?étudiants dédiés aux deux partis politiques. Ils organisent des activités, comme des collectes de fonds, mais aussi des discours et des débats dans les lieux publics. »

Mais contrairement au reste de la ville, le campus de la Cornell University, où étudie Stéphane Constantin, semble être préservé de l?agitation qui règne en ce moment. L?ambiance y reste studieuse. « Il y a certes des activités liées aux élections, mais celles-ci ne sont pas imposantes ou bruyantes, comme à Maurice. Il faut dire que la campagne est présente dans toutes les conversations, car tout le monde ici donne son avis sur ce sujet », raconte notre compatriote.

Une préférence pour un candidat en particulier ? Non. Mais l?Etat de New York, confie Stéphane, pencherait nettement en faveur de Barack Obama. Et celui-ci jouirait d?une popularité encore plus grande chez les étudiants.

Et d?ajouter : « Ce qui compte, ce sont les compétences. Ici, la plupart des Américains, mais surtout les étudiants, ne se laissent pas influencer par des critères raciaux dans leur vote. Cela démontre bien cette idéologie qui prévaut ici, celle où n?importe qui peut gravir l?échelle sociale et même devenir président. »

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