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Pourquoi on se laisse faire ?

2 novembre 2008, 01:00

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Une amie me racontait récemment une situation ahurissante sur son lieu de travail. Une histoire à vous faire tomber des nues. Ses patrons ont une manière de travailler particulière. D?abord, ce sont eux qui décident quotidiennement de la tenue vestimentaire que porteront les employées le lendemain. Aujourd?hui, c?est un dos-nu, demain ce sera un paréo? Et pourtant, son boulot n?a rien d?exotique. Elle bosse dans un bureau derrière un téléphone. Puis, il y a les connotations sexuelles, « nichons » par-ci, « cul » par-là, le langage de ses patrons très dégourdis la rend mal à l?aise. Elle sent bien quelque chose de malsain sur son lieu de travail mais ne tient pas à dénoncer cette situation. Parce que dénoncer, c?est rentrer dans une spirale infernale. Et elle n?a ni l?énergie, ni le temps, ni les moyens pour porter plainte.

Que lui conseiller ? Car dénoncer, c?est finalement un acte ambivalent. Peut-on rapporter un patron et risquer de se faire renvoyer ou qu?il fasse de votre vie un cauchemar ? Peut-on dénoncer cette voisine qui a recueilli un enfant abandonné, mais qui le bat violemment ? Peut-on balancer ses amis qui, par méchanceté, ont rayé la voiture neuve de l?enseignant ? On a souvent peur de rapporter quelque chose qui nous paraît suspect. On se dit que de toute façon, il y a plein de choses méprisables sur cette terre et que notre vie serait un enfer si on devait signaler chaque fait répréhensible. On se demande si on peut dénoncer des choses dont on ne maîtrise pas les tenants et aboutissants. On a peur que ses propos soient perçus comme de la calomnie, de la médisance. Surtout qu?on a appris qu?il faut balayer devant sa porte et non devant celle des autres.

Mais en dénonçant, on fait valoir nos droits, on peut mettre fin à des abus, on peut sauver une vie.

Certes, c?est parfois plus simple de pratiquer la loi du silence, de tourner le dos quand on a franchi la frontière de l?intolérance. Mais en dénonçant, on fait valoir nos droits, on peut mettre fin à des abus, on peut sauver une vie. Nous avons trop souvent tendance à rester passif devant plein de choses. A ne pas reprendre ce chauffeur qui ne s?est pas arrêté pour ce vieux qui lui faisait signe sur un arrêt d?autobus. A taire la faute médicale d?un praticien. Dénoncer, c?est signaler, dévoiler, faire savoir officiellement que quelque chose est répréhensible. Un courage que nous aurions intérêt à cultiver !

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