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Impasse au Congo
Sur la carte des préoccupations mondiales, on ne les distingue qu?à grand-peine. Les habitants de l?est de la République démocratique du Congo vivent pourtant un calvaire qui semble ne jamais devoir prendre fin. Les combats qui ont repris dans l?est du pays viennent de jeter 200 000 personnes hors de leurs maisons. Il y aurait à présent, au total, près d?un million et demi de "déplacés" au Nord-Kivu.
Ce terme, froid comme une donnée statistique, désigne des familles entières chassées de chez elles par les combats ou la peur de subir des violences de la part d?une des forces en présence. Plus d?un million de personnes se trouvent donc dans des abris de fortune ou sur les routes, au milieu d?une offensive dont on ignore la portée, mais qui paralyse un système d?assistance humanitaire international déjà insuffisant dans un pays ravagé.
Il y a eu dans l?ex-Zaïre deux guerres, entre 1996 et 2003, marquées par l?intervention de pays de la région et par un pillage généralisé des ressources naturelles. Grâce au soutien international, un processus de paix, couronné par des élections, a interrompu ce conflit. Depuis, à la place de la grande guerre régionale, s?est développé un enchevêtrement de conflits. Mais le sort des Congolais dans le Nord-Kivu ne s?est pas amélioré.
Complexes, les facteurs du conflit au Congo sont bien connus, tout autant que les conditions de son règlement : un accord de paix spécifique pour le Nord-Kivu ne demande qu?à être appliqué. Mais cela exige de mettre en ?uvre un cadre de négociations qui impliquerait à la fois le pouvoir congolais, accusé de soutenir des rebelles hutus, et le gouvernement rwandais, accusé de soutenir les rebelles tutsis. Or, dans l?immédiat, la force des Nations unies, la Monuc, semble engagée dans une logique purement militaire. Non seulement les casques bleus courent le risque d?une défaite aux conséquences imprévisibles, mais cette politique a montré ses limites.
Il est temps que les pays qui s?étaient penchés sur le sort du Congo viennent ranimer le processus de paix. Il faut sauver les Congolais, avant que l?état sanitaire déplorable dans lequel se trouvent des centaines de milliers de personnes ne se transforme en catastrophe majeure.
© Le Monde 2008
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