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La Banque de Maurice intervient face à la forte demande de dollars
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La Banque de Maurice intervient face à la forte demande de dollars
Steve King, directeur du magasin d?électroménager King Brothers Co. Ltd, Port-Louis, éprouve des difficultés à obtenir des devises pour ses importations d?appareils pour les fêtes de fin d?année. «Il paraît qu?il y a eu un manque de devises. Nous voulions passer des commandes pour décembre, mais la banque nous a fait comprendre qu?il y avait certains problèmes. D?ailleurs le taux de change réclamé pour le dollar était plutôt élevé», note le commerçant
Les problèmes que rencontre aujourd?hui Steve King font aussi partie du quotidien d?autres opérateurs. Car la demande de devises est plus forte que l?offre. Une situation qui a nécessité hier l?intervention de la Banque de Maurice sur le marché des devises.
Quelque 30 millions de dollars (Rs 1 milliard) ont été vendus à des banques pour régler ce problème de pénurie de devises. Une des principales raisons de cette intervention est que la demande pour le dollar est très forte en ce moment pour les importations.
Opinion partagée par l?économiste Eric Ng et Annabelle Kok Shun, présidente de la Chambre de commerce chinoise. Sur le plan local comme sur le plan international le dollar continue de s?apprécier. «Ce qui fait que l?offre de devises a diminué. Les importations du pays se font pour la plupart en dollar», explique Eric Ng.
Et Annabelle Kok Shun d?ajouter : «Ce problème se pose chaque année en cette période. En 2006 le problème était bien plus aigu. Le dollar s?apprécie actuellement par rapport à la roupie. C?est un peu le wait and see pour les opérateurs.»
Mais selon Eric Ng, il y a une autre raison à ce taux moins élevé de devises sur le marché local : la «spéculation» que font les gens sur le dollar. «Le pays ne manque pas de devises. Le problème, c?est qu?il y a moins de devises disponibles sur le marché local. Les gens n?ont pas envie de vendre le dollar qu?ils ont en leur possession. Ils préfèrent garder leur dollar estimant que cette devise va s?apprécier encore face à la roupie», souligne-t-il.
«Le flux de l?IDE n?est pas régulier»»</B>
Et pourquoi le flux d?investissement direct extérieur (IDE) n?arrange-t-il pas les choses ? Selon Eric Ng, il y aura moins d?IDE que prévu cette année en raison de la crise financière. Toutefois, le niveau d?IDE reste élevé.
«Le flux de l?IDE n?est pas régulier. Il y a des étrangers qui investissent dans les actions boursières et d?autres dans les bons du trésor. Il y a eu aussi un certain nombre d?étrangers qui sont en train de vendre leurs actions, mais cela a un léger impact sur le niveau de disponibilité des devises. Dans le passé, la Banque de Maurice est déjà intervenue pour injecter des devises pour freiner la dépréciation de la roupie, mais cela n?est pas suffisant», estime Eric Ng.
Mais Feroz Dahoo, directeur de Thomas Cook (Mauritius) Operations Co Ltd, est d?un autre avis. Selon lui le marché est «fluide». «Nous n?avons pas de problèmes. S?il y avait problème, on aura entendu le Central Electricity Board ou la State Trading Corporation ou d?autres grosses institutions se plaindre de la situation, mais tel n?est pas le cas», ajoute Feroz Dahoo.
Même sentiment du côté de Lindsay Trading Ltd et de Lotus d?Or qui sont de gros importateurs de jouets. Ces derniers n?ont pas eu de difficultés à obtenir des devises pour leurs importations.
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