Publicité

Trois conseillers de la ville des fleurs pourraient démissionner

30 octobre 2008, 01:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les yeux seront rivés cet après-midi sur le conseil municipal de Quatre-Bornes. La réunion prévue pourrait prendre une tournure particulière à la suite de la décision du Directeur des poursuites publiques (DPP) qui est tombée hier (Voir ci-dessous). Une source proche des conseillers nous a indiqué, hier, qu?une démission en bloc d?au moins trois des conseillers inculpés n?est pas exclue. Mais rien n?était encore définitif. Des consultations avec des dirigeants du Parti travailliste sont prévues aujourd?hui. Mais si au moins un des conseillers démissionnent, alors il se pourrait que des élections anticipées aient lieu à Quatre-Bornes, en vertu de la loi.

Le maire, Roshan Seetohul, rencontre ce matin son homme de loi pour décider de la marche à suivre. Interrogé hier soir, le maire, qui a pris congé du conseil depuis le début de l?affaire de fraude alléguée dans l?allocation d?étals à la foire de Quatre-Bornes, clame toujours son innocence. Il laisse planer le doute quant à ses démarches futures : «Attendons le procès. Il y a eu des premières discussions entre conseillers. Ma rencontre avec mon avocat sera cruciale ce matin.»

<B>«Business as usual»</B>

Son collègue Vijay Kumar Beeharee, qui aurait pourtant émis l?idée d?une démission lors des échanges entre conseillers hier soir, a nuancé son attitude plus tard dans la soirée. Dans une déclaration à l?express, il devait soutenir que «ce sera business as usual cet après-midi». Il a préféré ne pas faire de commentaires à propos de la décision du DPP. Vijay Kumar Beeharee avait déjà démissionné de la présidence de la commission des Finances après son arrestation.

En revanche, le conseiller Kishore Chady est, quant à lui, plus catégorique : «Je ne démissionnerai pas tant que je ne suis pas condamné. Je suis innocent et je vais le prouver.» Il a fait part de sa décision à un député de la région avec qui il a discuté hier après le verdict. Les derniers développements n?ont pas mis en veilleuse ses prétentions au poste de maire? La position de Chetanand Pursun reste, pour l?instant, inconnue.

Cette agitation au sein du conseil risque de créer d?autres perturbations. Des 24 conseillers, deux d?entre eux ont déjà soumis leur démission. Actuellement, si l?on tient compte du congé de Roshan Seetohul, le conseil fonctionne avec trois membres en moins.

La loi prévoit que si moins de trois postes sont vacants dans un conseil municipal, alors de nouvelles élections ne sont pas nécessaires, à moins que le ministre des Administrations régionales ne décide qu?elles le sont au nom de l?intérêt public. Si trois postes ou plus sont vacants, des élections sont obligatoires, sauf si l?Electoral Supervisory Commission, après consultation avec le ministre, considère que ces sièges vacants ne perturbent pas l?équilibre des forces entre majorité et opposition.

Ainsi, si aujourd?hui au moins un des conseillers démissionne, alors Quatre-Bornes pourrait connaître des élections anticipées.

<B>Jane L.O?NEILL</B>

<B>Etals à la foire de Quatre-Bornes : le procès enclenché</B>

Développement dans l?affaire de fraude alléguée concernant l?octroi d?étals au marché de Quatre-Bornes. Hier la commission anti-corruption a instruit un procès contre le maire en congé de la ville des fleurs, Roshan Munee Seetohul, ainsi que trois de ses conseillers, à savoir Vijay Kumar Beeharee, Naraindranath Kumar Chady et Chetanand Pursun. Procès instruit en cour intermédiaire, après que l?Independent Commission against Corruption (ICAC) a obtenu le feu vert du bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP). L?affaire sera appelée pour la forme (pro-forma) le 17 novembre prochain.

Les quatre accusés sont poursuivis pour avoir utilisé leur position à la mairie de Quatre-Bornes en vue de l?allocation d?étals à leurs proches.

Roshan Munee Seetohul, 44 ans, s?était désisté de son poste de maire à la suite de son arrestation dans cette affaire l?année dernière. Le maire en congé, un habitant de Palma, est poursuivi pour avoir fait partie d?un comité ayant recommandé qu?un étal soit alloué à son épouse, Sandhya Devi Seetohul. Cette décision datait du 31 juillet dernier. Il a jusqu?ici clamé son innocence, déclarant qu?il ne savait pas que son épouse avait fait une demande pour un étal à la foire de Quatre-Bornes.

Le conseiller Chetanand Pursun est lui aussi poursuivi pour conflit d?intérêts. Il est accusé d?avoir participé à une décision menant à l?octroi d?un étal à la femme de Muctasingh Pursun et à ses deux s?urs, Nowtee Rajcoomar et Oomatee Tacouree.

Lien de parenté</B>

Vijay Kumar Beeharee est, lui, accusé d?avoir participé à la décision menant à l?octroi d?un étal à ses deux belles-s?urs, Damyantee Prayag et Jayawantee Suntoo. Quant à Naraindranath Kumar Chady, il est accusé de conflit d?intérêts dans l?octroi d?un étal à son beau-frère Ajay Kumar Boojwan.

L?affaire remonte à septembre 2006. Les habitants de Quatre-Bornes sont invités à faire acte de candidature pour obtenir des étals de la foire. Les permis pour opérer les étals au marché de Quatre-Bornes les jeudis et les dimanches, sont accordés par le Public Health Committee (PHC). Il avait également été décidé que deux jours supplémentaires, les mardis et les vendredis, seraient réservés à la vente de vêtements.

Il est question de 600 places disponibles. La mairie a jusqu?ici expliqué que les étals ont été alloués par le biais d?un tirage au sort, après que le PHC, dûment habilité, a procédé aux recommandations. Mais l?affaire éclate lorsqu?une équipe de la brigade antidrogue interpelle deux occupants d?une voiture à Wolmar. La police découvre Rs 259 500 sur la passagère, ainsi que plusieurs récépissés pour le permis d?opérer les étals à la foire de cette ville. Des allégations de pots-de-vin pour l?octroi des étals sont formulées. L?affaire est référée à l?ICAC.

Les enquêteurs de l?ICAC, au cours d?une descente à la municipalité, procèdent à la saisie de plusieurs documents. Les limiers passent à la loupe une liste de 478 noms qui seraient des adjudicataires des étals de la foire aux vêtements, prévue les mardis et les vendredis. Les limiers s?intéressent aussi à ceux qui ont fait partie du comité ayant recommandé que ces personnes obtiennent des étals.

S?ensuit alors un véritable travail de fourmi en vue d?établir un lien de parenté entre les bénéficiaires et ceux qui ont participé à la décision de les recommander. L?enquête bouclée, le dossier a été transmis au bureau du DPP. Le délit de conflit d?intérêts est passible d?une peine maximale de dix ans de prison.

<B>Kursley THANAY</B>

Publicité