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«M. Times» approuve Jugnauth menaçant de pendre les saboteurs

23 octobre 2008, 20:00

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Octobre 1983, l?hebdomadaire travailliste mais de la famille Ramlallah (ce qui fait une certaine différence), Mauritius Times, approuve bruyamment le Premier ministre, Anerood Jugnauth, menaçant pourtant de pendre (s?il le faut) ceux qui n?hésitent pas à mettre criminellement le feu à des champs de cannes. Il en sera de même, menace-t-il, «pour les syndicalistes qui veulent mettre à genoux mon gouvernement». Mauritius Times fait bien ressortir que ces menaces, à peine voilées, ne proviennent pas d?un sanguinaire dictateur comme Idi Amine Dada mais bien d?un Premier ministre de Maurice, ayant la tête sur ses épaules, mais aussi exaspéré par la surenchère syndicaliste autour du 13e mois des fonctionnaires.

Mauritius Times concède que des personnes plus posées peuvent être choquées par un Premier ministre, menaçant publiquement de pendre des syndicalistes ou de leur couper les poignets, s?ils se comportent comme de vulgaires saboteurs économiques. Il insiste sur la nécessité de prendre ces menaces jugnauthiennes pour de simples métaphores. Celle-ci donnent tout de même froid dans le dos et ne font toujours pas honneur à leur auteur, même si un quart de siècle s?est, depuis, écoulé sans qu?il ne les mette en pratique. Pour une fois que nous pouvons nous réjouir d?un dirigeant politique ne tenant pas ses promesses, même menaçantes, nous aurions tort de nous priver d?une telle aubaine.

Ces syndicalistes irresponsables méritent-ils des menaces aussi sévères ? interroge Mauritius Times. Oui répondent ceux qu?exaspère tout recours à toute surenchère syndicaliste, ne tenant aucunement compte des réalités économiques ni des menaces mondiales fragilisant contre notre économie. Ils rappellent qu?en 1979, on dénombre pas moins de 37 grèves dont 33 illégales (De toute façon, avec l?IRA, toute grève est par nature illégale... et la situation n?a guère changé depuis en dépit de plusieurs alternances gouvernementales).

Mauritius Times rappelle qu?en 1961, il met en garde le gouvernement travailliste de Seewoosagur Ramgoolam, contre l?introduction mal planifiée du travail de relève Quatre Jours à Paris. Donner du travail à des chômeurs, c?est bien. Faut-il encore leur faire comprendre qu?ils doivent travailler pour gagner leur vie. On ne peut pas rémunérer des personnes qui passent des matinées à jouer aux cartes ou aux dominos, au bord de la route ou sur les berges des rivières. C?est qu?ils atteignent parfois le nombre de 18 000 assistés, payés, mois après mois, avec l?argent des contribuables et des consommateurs, pour un résultat nul ou presque, sans compter la paresse nationale qu?elle encourage.

Des Rodriguais réclament bientôt le même traitement, encouragés en ce sens par le PMSD. Et c?est ainsi que de rudes travailleurs agricoles deviennent des parasites, cultivant la triste mentalité d?assistés. De travailleurs libres et fiers, ils deviennent des fonctionnaires serviles et sans dignité.

L?épidémie affecte également la main-d??uvre agricole mauricienne. A l?époque des Quatre Jours à Paris, pendant que les hommes jouent aux cartes et aux dominos sur les bords des routes et des rivières, leurs femmes et leurs enfants doivent les remplacer dans les champs et couper la canne à leur place.

Mauritius Times estime que, de 1963 à 1983, le gouvernement de Seewoosagur Ramgoolam gaspille, à des fins électoralistes, un milliard de roupies pour transformer une nation des rudes travailleurs agricoles en une nation de paresseux.

Les syndicalistes et d?autres dirigeants politiques ne font guère mieux. Ils organisent grève sur grève, trouvent moyen de paralyser l?industrie sucrière et le port, pendant des semaines et des mois. Faute de transport en commun, des travailleurs plus responsables doivent se rendre à leur lieu de travail par leurs propres moyens et parfois même à pied.

Des enseignants apprennent à leurs élèves à déserter les salles de classe pour aller manifester dans la rue, sans même prendre la peine de leur expliquer la raison ? s?il y en a ? de ces manifestations intempestives. Des enseignants des langues orientales qui, «sans Seewoosagur Ramgoolam», seraient encore contraints à couper la canne dans les champs, se mettent en grève pour fragiliser son gouvernement. Des instituteurs refusent de s?assurer de la présence des écoliers sous le fallacieux prétexte qu?ils ne sont pas des clercs administratifs. Ils refusent d?enseigner le jardinage à leurs élèves, sous prétexte qu?ils ne sont pas jardiniers. Des infirmiers refusent de faire des piqûres intraveineuses, sous prétexte qu?ils ne sont pas des médecins. Le passe-temps favori des Mauriciens devient de chercher de nouveaux moyens d?embarrasser le gouvernement du jour. L?île Maurice n?est pas pauvre. Il lui faut seulement un leader perspicace et assez courageux pour nous rappeler que personne ne nous doit une vie pépère. Nous devons la mériter à la sueur de notre front. Nous ne nous méfierons jamais assez des idéologies pernicieuses surtout quand elles sont nationalement suicidaires.

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