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Hello
Par rapport à la pratique courante à Bollywood, Hello présente une particularité : ce film signé Atul Agnihotri est l?adaptation d?un roman, A night @ the call centre, signé Chetan Bhaquat . «Un conte des Mille et Une nuits indiennes mondialisées et urbaines», dit le bla-bla destiné à la presse. Et les centres d?appels étant un phénomène (ou un fléau ?) affectant la Grande péninsule aussi bien que nombre de pays émergents dont Maurice, on comprend parfaitement l?attrait d?un tel sujet.
Une nuit très particulière dans un centre d?appels, quelque part en Inde et des personnages qui devront prendre des décisions cruciales concernant leurs vies respectives et les drames personnels qu?ils vivent. Voilà qui laissait espérer un aperçu des nuits dans des centres d?appels, un portrait d?Indiens de la classe moyenne (urbains, éduqués, avec une certaine ouverture au monde extérieur, partagés entre modernité et traditions), quelques observations sur les rapports entre pays offrant des services délocalisés à bon marché et l?Occident arrogant ainsi que quelques propos bien sentis sur le jeu de la compétition à outrance et la dévaluation du travail. Ou alors, les Indiens étant d?excellents conteurs, on pouvait aussi espérer un récit aussi agité que savoureux. La contrainte des deux unités (temps et lieu) a inspiré quelques excellents films au cinéma mondial. Ici, le sujet aidant, on se serait contenté d?un bon cinéma populaire, soit de réflexion ? les deux n?étant pas incompatibles ? ou de pure distraction.
À travers ses personnages, Hello comporte bien quelques esquisses de réflexions sur les rapports complexes qu?ont les Indiens avec un Occident représenté par les Etats-Unis. Un Occident pourvoyeur d?emplois, terre d?exil et objet de fantasmes mais aussi exploiteur néo-colonial qui brise les familles et vient humilier les gens du pays via l?Internet. Le héros (Sharman Joshi) voit son ex-petite amie (Gul Panag) prête à épouser un NRI qui a fait fortune en Amérique ; le patron local (Dilip Tahil) est toujours prêt à s?aplatir devant le grand patron américain et à licencier du personnel afin d?être promu à Boston ; le grand-père (Sharat Saxena) séparé à jamais de son petit-fils et à l?autre bout du fil, le grand patron qui exige toujours plus de rendement et des clients ignares, stupides et racistes. On passera sur l?aspect primaire des propos anti-américains ou sur le fait que ces réflexions restent au stade d?esquisses, s?inscrivant dans la présentation des personnages. En fait de personnages, le film nous présente plus d?une demi-douzaine (une épouse bafouée et tyrannisée par sa belle-mère, une jeune femme prête à tout pour devenir mannequin et un brave type, en plus des sus-mentionnés)? ce qui irrite, c?est qu?ils finissent tous, hormis le couple vedette, par être abandonnés à leur triste sort.
Les scénaristes de Hello mettent en fait plus d?une heure à nous les présenter ! Plus d?une heure durant laquelle il ne se passe rien, les personnages étant juste présentés sans jamais être développés. Au bout de cette très, très longue attente, on s?imagine qu?il va enfin se passer quelque chose lorsqu?ils ont l?accident qu?on voyait arriver et que Dieu lui-même les interpelle. Mais c?est pour leur suggérer une solution plutôt vague, sans doute pour ne pas trop s?engager. On ne sait jamais? À la suite de quoi et en guise de ?happy-end?, tout ce monde s?en sort grâce à la cyber délinquance. Le roman original aurait suscité des réactions mitigées ; le film lui, laissera une impression claire et nette : ennuyeux comme cette pluie qui tombe pendant presque toute sa durée, il n?en a malheureusement pas le charme.
<B>G. N.</B>
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