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Pénurie de poisson «la perle»

24 octobre 2008, 00:00

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Le poisson «la perle» se fait rare? Les chambres froides de Panagora Marketing Ltd, de National Cold Storage Ltd et d?Innodis Ltd, qui comptent parmi les plus gros distributeurs de «la perle», sont quasiment vides. Par conséquent, les ménagères doivent se rabattre sur du poisson importé de l?Inde, d?Oman et d?Indonésie, comme le «cateau», le «sacréchien», le «vacoas», et le «white fish» qui s?apparente au «capitaine». Et cette situation risque de durer jusqu?après les fêtes de fin d?année?

«Nous avons pu obtenir une petite quantité de poisson la perle, mais cela ne peut pas aider à satisfaire la demande normale. Nous avons pu être approvisionnés à partir d?un bateau qui est rentré de campagne il y a quelques jours», explique un préposé de Panagora Marketing. Environ 200 à 250 tonnes de poisson la perle sont consommées mensuellement.

Les compagnies de pêche, elles, sont presque toutes dans le même bateau. Normalement les bateaux commencent à partir en campagne à partir de fin septembre. Mais tel n?a pas été le cas pour la majorité d?entre eux. Les sociétés sont, en effet, confrontées à de multiples problèmes, comme l?accès au crédit bancaire pour le fonds de roulement.

«Des banques refusent d?allouer des facilités de crédit, arguant qu?il y a trop de risques dans le secteur de la pêche. Chaque campagne nous coûte Rs 6 millions à Rs 7 millions, dont Rs 4 millions pour le diesel. Si nous n?avons pas de fonds de roulement, nous n?allons pas pouvoir sortir», explique Harrish Bundhun, directeur de la compagnie de pêche Vikoman Co. Ltd.

Autre problème : la décision du gouvernement d?interdire, à partir de février, le transport de l?essence à bord des bateaux. En effet, ce produit est nécessaire pour le moteur des pirogues utilisées par les pêcheurs pour atteindre les bancs. Et pour l?instant, toutes les démarches pour trouver des moteurs hors-bord fonctionnant au mazout ont été vaines.

Les difficultés rencontrées pour ce qui est de l?obtention du certificat de navigabilité et de la main-d??uvre n?arrangent rien. «Sans compter les problèmes de recrutement de la main-d??uvre étrangère pour pallier la pénurie de main-d??uvre locale», ajoute, de son côté, Ah Kin Ip kwok Sheung, Managing Director d?IKS Fishing.

La flotte mauricienne est constituée d?une dizaine de bateaux, dont quatre appartiennent à IKS. Et du côté des autorités, on ne plie pas : il n?est pas question de transiger sur la question de sécurité.

Alain Talbot, directeur de compagnie, avance un autre argument. «Nous sommes confrontés aux mêmes problèmes depuis cinq ans. La situation ne s?est ni améliorée ni détériorée. Mais c?est un fait que le prix du diesel a plombé l?industrie de la pêche.»

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