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«Le Third Country Fabrics nous permettra d?étendre la gamme des produits de notre industrie»

24 octobre 2008, 00:00

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«Le Third Country Fabrics nous permettra d?étendre la gamme des produits de notre industrie»

● <B> Avec l?accès de Maurice à la dérogation «Third Country Fabrics» sous l?«African Growth & Opportunity Act» (AGOA), quelles sont les nouvelles opportunités pour notre secteur textile?</B>

A partir du 1er novembre et jusqu?en 2012, tout comme les autres pays bénéficiant de cette dérogation, le textile mauricien aura accès au marché américain, et ce sans que la matière première utilisée ne soit produite localement ou fabriquée dans un pays éligible au régime de l?AGOA. C?est une grande opportunité, car cela permettra d?élargir la gamme des produits textiles mauriciens. Notre industrie textile est constituée essentiellement de produits à base de coton. Cette dérogation nous permettra d?étendre notre gamme des produits, de fabriquer des produits à base de tissus synthétiques. L?île Maurice peut désormais développer une expertise dans des produits comme les maillots de bain par exemple, en important du Japon la matière première, dont la qualité exceptionnelle est mondialement réputée.

● <B>Que retenir de cette dérogation ? </B>

Plusieurs pays développés ont élaboré des systèmes généraux de préférences (General System of Preferences ? GSP), pour améliorer leurs échanges commerciaux avec les pays dits en voie de développement. Mais fondamentalement, ces systèmes ne prennent pas en compte les domaines dits «sensibles», comme le textile par exemple. Pour les Etats-Unis, le GSP concernait 4600 produits. L?AGOA apporte à cette liste 1800 autres produits, dont des produits sensibles. Et un pays peut bénéficier à la fois des avantages du GSP et de l?AGOA. De plus, sous le régime de l?AGOA, une dérogation exceptionnelle pour le textile, appelée Third Country Fabrics, a été accordée à certains pays en fonction de la particularité de leur économie. Ceci pour leur permettre d?exporter vers les Etats-Unis en dérogeant aux règles d?origine.

● <B>Qu?adviendra-t-il des produits mauriciens en 2015, après l?AGOA? </B>

L?AGOA est une émanation des Etats-Unis d?Amérique. Les pays éligibles au régime de l?AGOA ont, d?un commun accord, engagé des négociations pour pérenniser cet accord avec les Etats-Unis. Pour que cette pérennisation soit effective, il faudra que cela soit compatible avec les règles de l?Organisation mondiale du commerce. Mais si nous devons évoluer vers un système de libre-échange, il ne sera plus question ni de l?AGOA, ni de GSP.

Lors des négociations bilatérales que l?île Maurice a enclenchées avec les Etats-Unis, il y a eu des avancées qui profitent déjà aux produits mauriciens. C?est ainsi que dans le cadre du Trade and Investment Framework Agreement, des projets d?assistance technique ont permis à des entrepreneurs mauriciens de bénéficier du soutien du Southern African Trade Hub. Quatre entreprises mauriciennes ont ainsi participé au Fancy Food Show à New-York en 2007 et 2008, et neuf ont participé au Magic Show à Las Vegas cette année. Toujours dans le cadre de cet accord, des consultations ont été engagées avec les institutions américaines pour voir comment adapter les produits mauriciens aux opportunités du marché américain. D?autres accords sont en cours de négociation. Un important travail a été fait pour amener les Etats-Unis à être plus flexibles quant aux règles d?origine concernant l?accès des produits mauriciens à leur territoire.

● <B>Ne pensez-vous pas que, maintenant que la dérogation «Third Country Fabrics» est acquise, certaines entreprises abandonneront leurs fournisseurs traditionnels locaux pour importer de la matière première à moindre coût ? </B>

Ne voyons pas la dérogation sous cet angle. Avec cette dérogation, nous pouvons développer un marché de produits à base de tissu synthétique. Et le marché étant trop vaste, nos produits à base de coton seul ne suffisent pas pour couvrir l?essentiel de la demande. Comme l?a dit Maurice Vigier de la Tour, les entreprises qui ont investi pour accéder au marché américain sous le régime AGOA sans dérogation et les nouveaux entrants seront complémentaires pour la reconquête de ce marché. Et c?est justement pour cela que nous avons besoin de tous les acteurs, pour élaborer une stratégie nationale qui tienne compte de cette complémentarité.

Propos recueillis par</I> <B> Fidèle HONVOU</B>

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