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Colère du public voyageur face à l?inaction des autorités

22 octobre 2008, 20:00

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«Quatre ans à attendre c?est trop», disent des habitants de Carreau-Esnouf, de Desplaces, de Mon-Trésor-Mon-Désert, de Camp-Carol, Kenya, Le Bouchon et Carreau- Acacia.

A attendre quoi ? Le bus qui tarde à venir. Il y a quelques années déjà, ils avaient exprimé leur exaspération dans l?express-sud. Ils reviennent à la charge pour dénoncer l?indifférence des officiers de la National Transport Authority (NTA) qui font la sourde oreille face à l?attitude de certains conducteurs et receveurs d?autobus individuels qui ne respectent pas les horaires. Rien n?a changé disent les habitants. La lettre envoyée par les forces vives de Carreau-Esnouf en août 2004 aux autorités policières (voir plus loin) est toujours d?actualité.

Les quelques 600 habitants qui voyagent par autobus quotidiennement sont toujours pénalisés malgré les démarches effectuées. Des étudiants qui prennent aux examens de School Certificate (S.C), de Higher School Certificate (HSC) et ceux qui fréquentent les écoles primaires de la région sont les plus à plaindre en ce moment. « Certains propriétaires bus dire qui zotte ena politiciens dans zot la main et ki personne pas pou capave faire zot narien», témoigne un sexagénaire. Une dizaine de personnes, visiblement en colère, font chorus. Chacun y va de son histoire, de sa petite misère.

Prathima, habite à Belle-Mare. Elle s?est rendue à Carreau-Esnouf jeudi pour réconforter des proches qui avaient perdu un de leurs dans des circonstances douloureuses.

Devant rentrer chez elle, elle quitte la maison de ses parents pour l?arrêt d?autobus à 12 h 30. Ce n?est qu?à 13 h 40 que se pointe un autobus individuel. Sweta Bhoyrub fréquente le collège Hamilton de Mahébourg. Pour se rendre en classe, il faut être bonne marcheuse. «C?est un problème quotidien. Nous devons marcher jusqu?à la route principale d?Union Vale qui se trouve à plus d?un kilomètre de chez nous pour prendre le bus».

Et lorsqu?il pleut, ajoute la jeune fille, les enfants sont contraints de rester à la maison ou doivent solliciter l?aide des voisins qui ont un moyen se transport pour aller en classe.

Benjamine est de Mon-Trésor-Mon-Désert. Cette mère de famille ne supporte plus de voir souffrir les élèves qui prennent part actuellement aux examens dans les collèges éloignés de la région.

Elle raconte le calvaire enduré par le fils de sa voisine la semaine dernière. Il fréquente une institution secondaire à Curepipe. Il s?est réveillé très tôt pour attraper le bus à l?heure. Malgré tout, il est arrivé avec une heure de retard au collège. Les sujets de ce jour-là ne seront pas comptabilisés...

Madeven, cadre d?un établissement sucrier de la région, ne prend pas de gants lorsqu?il analyse la situation.

« L?autorité encourage les enfants à aller à l?école mais ne semble pas déterminé à créer les conditions propices pour atteindre leur objectif C?est ça la grosse contradiction».

Las d?avoir recours aux élus de la circonscription pour ramener à l?ordre certains propriétaires d?autobus individuels, des habitants de Mon-Trésor-Mon-Désert ont fini par trouver l?astuce pour arriver à destination. Ils surveillent des conducteurs qui transportent les cannes vers les établissements sucriers de la région pour avoir un lift. ´Mais combien temps allons-nous le faire et qui assumera la responsabilité en cas d?accident ? Ils préfèrent ne pas y penser.

<B>Village oublié...</B>

Atmanand et Manoher Soobhug, Bedianand Geetun, Parmessur Narain et Saroj Beeharee, membres des Forces vives de Carreau-Esnouf avaient fait état dans une lettre en 2004 adressée au Ramanoj Gopalsing, ex-commissaire de police de problèmes occasionnés par ces manquements aux horaires. «Buses operating on the Carreau-Esnouf, Carreau-Accacia-Curepipe-Mahebourg respectively often don?t pass through our village. If there are passengers of Carreau-Esnouf in the bus they talk rudely to them, claim them higher bus fares. Severals declarations have been recorded at Plaine-Magnien police station concerning those problems».

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