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Jim Caroopen, membre fondateur de Friends 4 Fluency
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Jim Caroopen, membre fondateur de Friends 4 Fluency
● <B> Aujourd?hui, on célèbre la Journée mondiale du bégaiement, est-ce un trouble répandu à Maurice ? </B>
Il n?y a pas d?étude qui a été faite à Maurice pour déterminer le nombre de personnes qui en souffrent. 1 % de la population mondiale est concernée. On applique le même chiffre pour Maurice, qui à mon avis, reflète la réalité.
● <B> Vous avez vous-même été un bègue, comment cela s?est passé pour vous ? </B>
Au fait, je bégaie toujours, mais cela ne s?entend plus trop. Ma scolarité s?est passée plus ou moins bien. Le fait que mes parents n?en faisaient pas un drame a dû m?aider. Cela parce que mon grand-père bégayait. C?est plus tard, lors d?entretiens d?embauche que j?ai vécu un vrai cauchemar.
● <B> Et en général, comment cela se passe pour ceux qui bégaient ? </B>
Ils cachent leur trouble autant que possible, parce qu?ils sont souvent victimes de railleries. Ils développent ce qu?on appelle des stratégies d?évitement, c?est-à-dire, qu?ils vont éviter de se faire entendre : ils ne vont pas téléphoner, vont s?asseoir à l?arrière en classe, ne vont pas à la boutique? Je connais même un bègue qui évitait de prendre le bus, parce qu?il n?arrivait pas à prononcer sa destination au receveur. Il faisait le trajet à pied.
● <B> Quand et comment se manifeste ce trouble ? </B>
Cela se déclare généralement à l?âge où l?enfant commence à parler. Il répète les mêmes mots, fait des grimaces. Il peut également taper des pieds ou des poings. Dans des situations extrêmes, il peut même devenir agressif, vu qu?il n?arrive pas à s?exprimer.
● <B> Est-ce qu?on en guérit ? </B>
Je n?utiliserais pas le terme guérir, car ce n?est pas une maladie. Si on le traite tôt, on s?en sort facilement. Autrement, il devient chronique. Notre groupe propose des thérapies hebdomadaires sur seize semaines. L?objectif n?étant pas de ne plus bégayer, mais de se sentir mieux, d?acquérir une confiance en soi? C?est la condition pour s?en sortir.
● <B> Les causes du bégaiement sont-elles connues ? </B>
Non. Pas encore. C?est un phénomène complexe.
● <B> Les hommes seraient davantage touchés que les femmes. Pourquoi ? </B>
En effet. Mais là encore, c?est difficile à expliquer.
● <B> Croyez-vous qu?il y a suffisamment de professionnels à Maurice pour traiter ce trouble ? </B>
Je connais cinq à six orthophonistes. Ce sont des spécialistes dans la rééducation du langage. Ce nombre n?est pas suffisant. De plus, nous souffrons d?un manque d?informations sur ce trouble, puisque c?est tabou.
● <B> Quels sont les projets de votre groupe ? </B>
Nous poursuivons nos séances mensuelles entre bègues, ainsi qu?accompagnées d?orthophonistes.
● <B> Avez-vous un message en cette Journée mondiale ? </B>
Oui. Un bègue ne s?en sort pas seul, mais en groupe. C?est pourquoi je les invite à se joindre à nous. Je conseille aussi aux parents de ne pas mettre la pression sur leur enfant s?il est bègue. Il faut le laisser se construire à son rythme. Sinon, le problème peut s?aggraver.
<I>Propos recueillis par</I> <B> Corinne MINERVE</B>
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