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Des Bangladais font arrêter un agent recruteur
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Des Bangladais font arrêter un agent recruteur
Les ouvriers bangladais de Fire Mount Textile Ltd se sont plaints au sujet des promesses d?emploi d?un agent recruteur. Et leurs dénonciations ont eu pour résultat, hier, l?arrestation dudit agent Sajad Mohamad, un ressortissant indien. L?homme a ensuite comparu en cour de Souillac où la police a objecté à sa remise en liberté. Cette arrestation soulève une question : dans quelles conditions ces travailleurs sont-ils recrutés ?
L?agent recruteur indien est accusé d?avoir perçu illégalement Rs 780 000 auprès des travailleurs bangladais qui travaillent à l?usine basée à St-Felix. Cela en vue de recruter leurs proches, soit une quarantaine de personnes. Sajad Mohamad nie en bloc les accusations portées contre lui. Il affirme n?avoir jamais touché une telle somme et refuse donc de la rendre. Selon les inspecteurs du ministère du Travail et des relations industrielles, les ouvriers bangladais sont souvent bernés par des agents recruteurs qui leur font des promesses d?emploi et leur réclament de grosses commissions. Certains demanderaient Rs 100 000 par ouvrier. Cela en promettant à ce dernier un salaire de base de plus de Rs 10 000 par mois.
«Lorsque des Bangladais viennent travailler à Maurice, ils découvrent une tout autre situation : pour pouvoir toucher plus de Rs 10 000, ils doivent faire des heures supplémentaires. Ils doivent s?arranger pour toucher cette somme afin de rembourser des dettes contractées dans leur pays», confie un inspecteur du ministère du Travail et des relations industrielles. Et d?ajouter qu?ils se retrouvent en mauvaise posture lorsqu?il n?y a pas d?heures supplémentaires en raison d?une baisse de commandes.
<B>Enquête du ministère</B>
Le ministère a mené une enquête en Inde sur la façon dont les ouvriers bangladais sont recrutés. Il en ressort que des promesses verbales sont fréquemment faites à ces derniers par des agents et qu?ils sont appelés à signer leur contrat à la dernière minute, parfois même à l?aéroport.
Selon Fayzall Ally-Beegun, négociateur des ouvriers bangladais, une fois à Maurice, ces derniers se retrouvent «coincés» par les exigences du métier et sont obligés de travailler, ayant signé un contrat et devant rembourser leurs dettes. Leurs chefs de file finissent toutefois par rentrer au pays, en représailles. C?est dans ce contexte que ces travailleurs évoquent des problèmes comme les chambres exiguës, la nourriture, les toilettes défectueuses, le retard dans le paiement des salaires, le langage abusif de leurs supérieurs?
Le syndicaliste affirme que l?arrestation de l?agent recruteur de l?usine Fire Mount Textile Ltd n?est que le sommet de l?iceberg. A le croire, dès qu?ils commencent à protester, des ouvriers sont renvoyés dans leur pays. La direction des entreprises n?est, dit-il, parfois pas au courant du deal conclu entre un agent recruteur et un représentant de l?usine pour recruter des ouvriers.
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