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RISE

16 octobre 2008, 20:00

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Quelque temps après avoir été vidée de son sang par des vampires et retrouvée morte par la police, Lucy Liu se réveille à la morgue. Après beaucoup d?efforts, elle parvient à s?extraire du tiroir et évidemment, elle a mauvaise mine. Tout aussi évidemment, elle est entièrement nue. La caméra ne dissimule rien (aucun objet ne venant se placer au mauvais endroit au mauvais moment), mais la filme toujours sous un angle tel qu?il est impossible de l?admirer dans toute sa splendeur.

Alors qu?elle s?avance chancelante, vers un grand miroir, le spectateur se dit qu?il va enfin pouvoir se rincer l??il? Et, elle découvre son nouvel état de vampire en s?apercevant qu?elle n?a aucun reflet dans le miroir. Il n?y a donc rien à voir et le spectateur voyeur est bien attrapé ! Cette séquence jouant avec les attentes les moins avouables du spectateur est assez bien faite pour que ce dernier prenne sa déconvenue avec le sourire.

Rise, petit film de vampires signé Sebastian Gutierrez, ne nourrit nulle autre ambition que celle d?être un honnête film de série B et de nous divertir un moment. Pas de scènes en images numériques, pas d?effets spéciaux à proprement parler, peu de changements de décors (qui eux-mêmes semblent provenir de stocks), scènes d?action sans cascades spectaculaires : le moins que l?on puisse dire, après la première demi-heure passée, est que ce film n?a pas un budget production conséquent.

Ce manque de moyens n?est pas forcément malvenu chez les cinéphiles amateurs de série B, ces derniers sachant très bien que dans pareil cas, les auteurs se rattrapent par une réalisation solide et quelques bonnes astuces scénaristiques. L?important dans ce genre de production est moins d?en mettre plein la vue au public et encore moins de lui donner à réfléchir que de le divertir même en poussant un peu loin les limites de la vraisemblance.

Sebastian Gutierrez a été le scénariste de Gothika et du remake américain de The Eye, deux échecs à la fois critiques et commerciaux. Le premier contenait de bonnes idées que les critiques jugèrent mal développées et le deuxième n?était qu?une reprise de quelques bonnes idées déjà contenues dans un assez bon film thaïlandais. Parcours qui n?imposait pas Gutierrez comme spécialiste du film fantastique, même de série B. De fait, le scénario de son premier long métrage nous vaut les mêmes attentes et les mêmes déceptions que ses travaux précédents.

Quelques bonnes idées : des vampires « modernes » ; journalistes et milieux plus ou moins interlopes de Los Angeles ; Lucy Liu (héroïne aux origines autres qu?anglo-saxonnes, déjà?) aux côtés de Michael Chiklis, (sombre héros de la série policière The Shield) et les choix moraux de l?héroïne pour ne citer que celles-ci. Aucune, cependant n?est portée à terme ou même un tant soit peu développée, même dans le sens de l?ironie ou du second degré. Pire, quelques-unes sont tuées dans l??uf.

Contre toute attente, la réalisation s?avère correcte, même si elle n?est ni audacieuse, ni originale. Rise est un film sans temps mort avec des scènes d?action sommaires, mais en rapport avec les personnages présentés par le récit. Les scènes d?horreur ont juste ce qu?il faut pour révulser le spectateur sans pour autant se complaire dans le ?gore?. Et, il y a une ou deux jolies trouvailles, même si elles n?égalent pas la scène de la morgue. Bref, la réalisation suit fidèlement le récit. L?ennui, c?est que le récit lui-même ne présente aucun intérêt particulier et qu?on l?aura vite oublié en sortant de la salle.

<B>G. N.</B>

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