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Crise politique en Afrique du Sud
L?ancien Premier ministre de la province sud-africaine de Gauteng, la plus riche du pays, a rompu hier avec le Congrès national africain (ANC) au pouvoir et s?est rallié à un groupe qui menace de former une branche dissidente.
Mbhazima Shilowa a renoncé à ses fonctions à la tête de l?administration régionale pour protester contre la mise à l?écart de l?ex-président Thabo Mbeki, en septembre.
Il a expliqué lors d?une conférence de presse qu?il rejoindrait les rangs des dissidents, regroupés autour de l?ancien ministre de la Défense Mosiuoa Lekota.
Ce dernier a été suspendu lundi de ses fonctions au sein de l?ANC, menacé pour la première fois d?éclatement depuis 50 ans.
Le départ de Shilowa constitue un nouveau coup dur pour la direction de l?ANC. Il s?agissait d?un des responsables les plus respectés du parti, marié à une dirigeante d?entreprise et apprécié des milieux d?affaires.
Protéger les Sud-Africains
Les défections de Lekota et de Shilowa accroissent les risques d?éclatement bien que, selon des analystes, en l?absence de ?poids lourds? du parti comme Mbeki lui-même, un groupe dissident aura du mal à constituer un véritable défi pour l?ANC.
Thabo Mbeki a été remplacé par Kgalema Motlanthe après avoir été accusé par un juge d?implication dans des accusations de corruption portées contre le président del?ANC, Jacob Zuma, et dont ce dernier a été disculpé.
Motlanthe démissionnera vraisemblablement après les élections de l?an prochain et Zuma devrait alors lui succéder à la présidence.
Les investisseurs étrangers s?inquiètent avant tout de la manière dont les nouveaux dirigeants vont gérer l?économie.
lls redoutent que Zuma et Motlanthe, soutenus par le Parti communiste et les puissants syndicats, ne fassent glisser l?Afrique du Sud à gauche.
Kgalema Motlanthe a promis de poursuivre la politique de Mbeki et il s?est efforcé de rassurer les investisseurs en reconduisant Trevor Manuel à la tête du ministère des Finances.
Il reste à savoir de quels soutiens bénéficie Mosiuoa Lekota, ancien président de l?ANC. Il a affirmé qu?au niveau local des centaines de membres du parti avaient démissionné et que des sections régionales et provinciales de l?ANC envisageaient de quitter le parti.
Jacob Zuma a souligné mardi que la rébellion dirigée par Lekota risquait de saper les efforts déployés par le parti pour protéger les Sud-Africains de la crise financière mondiale et améliorer les services.
«Malheureusement, camarades, alors que nous oeuvrons à affiner notre politique et à préparer les élections, nous sommes confrontés aux manigances de certains éléments au sein de l?ANC qui veulent apparemment quitter le parti et former un parti dissident», a-t-il dit.
Muchena ZIGOMO
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