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Goorooduth Chutoo : «Je n?ai jamais vu autant de misère»
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Goorooduth Chutoo : «Je n?ai jamais vu autant de misère»
«J?ai vu des milliers de cadavres de personnes âgées, d?enfants en bas âge, des animaux coincés dans des ordures et dans une mare de boue. Des enfants qui mangeaient un maigre repas dans des bols posés sur la terre. Bihar pour moi, c?est comme la dernière frontière de l?humanité». Ce sont les images qui hantent encore Goorooduth (Ustad Rajah de son nom d?artiste) après son retour il y a deux semaines du Bihar cet Etat de l?Inde frappé par des inondations qui ont causé d?importants dégâts. Les habitants ont été victimes de la montée des eaux de la rivière Kosi. Pas plus loin que la semaine dernière, dans le seul Etat d?Uttar Pradesh, 110 personnes ont trouvé la mort dans des intempéries. Les averses ont rendu impraticables routes et ponts et provoqué tristesse et désolation sur leur passage.
Visiblement, Ustad Rajah n?a pas de potion magique pour sortir indemne de cette expérience traumatisante. Ses larmes, et la révolte qui gronde en lui quand il décrit la misère de ce peuple, en témoignent. Il est allé plusieurs fois au Bihar, pays de ses ancêtres et cette fois cette visite l?a profondément marqué : «Je crois que je ne verrais jamais un jour autant de misère dans ma vie».
Ces expériences successives, dit-il, l?ont fait douter de l?intention de certaines personnes qui se précipitent à organiser des collectes de fonds pour venir en aide aux sinistrés. «J?ai compris cela quand j?ai recueilli sur place les témoignages de volontaires au Bihar qui m?ont dit n?avoir reçu que 10 sous des dix roupies qu?on leur avait promis. J?ai comme l?impression que certains utilisent cette pratique comme leur fonds de commerce».
Ustad Rajah suggère que l?Etat mette sur pied un organisme pour contrôler toute l?organisation des dons pour s?assurer qu?ils arrivent à leur destination.
Goorooduth Chuttoo dont le fils se trouve actuellement au Bihar, a fait construire une école baptisée Kitiri School et planté une centaine d?arbres fruitiers. Il a acheté un tricycle et a aménagé une sorte de clinique ambulante pour venir en aide aux sinsitrés.
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