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Le Traité de Paris, Madagascar et le gouverneur Farquhar

6 octobre 2008, 00:00

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La Vérité

L?année 1968 ! Elle fut certainement pour tous les Mauriciens, même hors du pays, celle de l?indépendance et du traumatisme des émeutes sanglantes que nous suivions de loin, l?angoisse dans l?âme. Cette année 1968, elle est restée aussi pour moi personnellement l?année de la composition musicale et de l?écriture par Guy Béart de sa chanson La Vérité. ?uvre en sept strophes, dont je vous ferai grâce. J?en ai retenu surtout la première strophe comme une sorte de règle de vie, encore plus dans le domaine des grandes responsabilités, comme l?Histoire. Surtout de mon pays.

Vous connaissez certainement cette strophe :

Le premier qui dit se trouve toujours sacrifié.

D?abord on le tue.

Puis on s?habitue,

On lui coupe la langue, on le dit fou à lier.

Après, sans problèmes,

Parle le deuxième.

Le premier qui dit la vérité,

Il doit être exécuté.

Guy Béart, nous l?avons connu, celui-là même qui, à côté de certains Mauriciens, a apporté sa pierre pour la sauvegarde du Théâtre de Port-Louis, en grand danger, en un temps, d?être dégradé en salle de cinéma.

L?Observatoire de l?océan Indien

Mes pérégrinations surtout dans les Archives de notre pays, surtout celles d?après mes études universitaires, comme à la recherche de la Parole perdue, m?ont révélé qu?elles recèlent de multiples documents, souvent en malgache, des Taratas, comme l?on dit à Madagascar, non classés malheureusement, sur lesquels je me suis fondé pour des causeries en bien des lieux. A Mayotte, par exemple, il y a des années. Au point qu?il était question, avec le ministre de la Culture malgache du temps, M. Ignace Rakoto, à qui j?en avais parlé, de la création d?un Observatoire de l?océan Indien, projet qui ne s?est jamais concrétisé malheureusement.

Le thème de l?entretien

Venons-en donc maintenant au thème de notre entretien, au sujet sans doute généralement assez nouveau pour ceux s?intéressant à l?histoire de Maurice. Ce thème, sortant, je le crois bien, des sentiers battus, est Le Traité de Paris, Madagascar et le gouverneur Farquhar.

Le gouverneur Farquhar, un nom qui nous interpelle

L?inclusion du nom de sir Robert Townsend Farquhar dans ce titre nous interpelle certainement. Farquhar ? Mais nous connaissons Farquhar ! N?était-ce pas lui qui, avant même la prise de l?île par les Anglais, avait été nommé gouverneur, et dont la tâche avant la prise de l?île, avait été la distribution aux colons par les soldats anglais de proclamations les invitant à se rendre ? Oui, c?est bien lui !

Farquhar arriva à Maurice le 4 décembre 1810 pour rentrer définitivement le 20 mai 1823, son séjour étant entrecoupé par des périodes où il était absent, dans un premier temps pour aller prendre l?administration de l?île de la Réunion, alors qu?il était remplacé par M. Warde, ou pour se rendre en Angleterre, l?intérim étant alors assuré par Hall, Darling ou Dalrymple.

Les Portlouisiens, je dirais de souche, connaissent Farquhar. N?y a-t-il pas une rue piétonne Farquhar près du marché central ?

Puis il y a ceux qui le connaissent un peu mieux, qui savent qu?il posa la première pierre de ce qui est toujours le théâtre de Port-Louis, inauguré par lui selon des rites maçonniques ? Ce théâtre de Port-Louis, dont, à l?intérieur, le toit rappelle un navire inversé, comme celui, que j?ai personnellement retrouvé, de l?ancienne Commanderie d?Auxerre, en France. Un autre bâtiment du genre était la cathédrale de Port-Louis, mais ce n?est plus le cas.

Peu de chose mais élément majeur

Mais pourquoi n?y a-t-il pas de statue de ce gouverneur ? Certains, qui connaissent mieux son histoire que les autres, pourraient être tentés de dire : avec raison. Mais, heureusement pour eux, ils peuvent se contenter d?une toile le représentant au Réduit, lieu qui l?intéressait particulièrement, d?une autre au musée du temple maçonnique de la Triple Espérance, à la rue Harris, à Port-Louis.

Et puis que savons-nous encore de lui ? Sans doute qu?il ouvrit Port-Louis au commerce, qu?il édicta des lois pour la construction de maisons selon des plans particuliers, surtout contre les incendies. Plans dont il reste des traces dans certains bâtiments.

Et puis, d?une manière générale, on ne sait pas grand-chose vraiment, dépendant de l?angle où l?on se place. Mais le gouverneur Farquhar est un élément majeur du sujet du jour : le Traité de Paris, Madagascar et le gouverneur Farquhar.

Quelques-uns des autres Traités de Paris

Mais, vous devez vous demander, de quel Traité de Paris il s?agit.

L?Histoire connaît, en effet, plusieurs traités de Paris. Parlons donc brièvement de quelques-uns de ces traités.

(i) Il y a eu le Traité de Paris du 10 février 1763, qui mit fin aux conflits de la guerre de Sept Ans, conclu entre les représentants de la Grande-Bretagne et de Hanovre, d?une part, et ceux de la France et d?Espagne, de l?autre, le Portugal y étant compris aussi.

(ii) Puis nous connaissons le Traité de Paris de 1783, appelé aussi la Paix de Paris, entre la Grande-Bretagne et les États-Unis d?Amérique, mettant fin à la guerre d?Indépendance d?Amérique.

(iii) N?occultons pas le Traité de Paris du 30 mars 1856, au terme de la guerre de Crimée, signé entre la Russie, d?une part, et, d?autre part, la France, la Grande-Bretagne, la Sardaigne-Piémont, et la Turquie.

(iv) Puis il y a, plus près de nous dans le temps, les Traités de Paris de 1919-1920, mettant fin à la Grande Guerre, et conclus en des lieux autour de Paris : à Versailles, le 28 juin 1919, à Saint-Germain, le 10 septembre 1919, à Neuilly, le 27 novembre 1919, à Trianon, le 4 juin 1920, ou encore à Sèvres, le 10 août 1920.

A suivre

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