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Des lacunes qui coûtent cher aux employés
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Des lacunes qui coûtent cher aux employés
«J?ai parlé à Clency Bibi. On lui a fait les greffes nécessaires, car il a quand même été brûlé au troisième degré. » C?est ce que souligne Ashok Subron de la General Workers? Federation (GWF), quelques jours après l?explosion survenue à la centrale de Fort George lundi dernier et qui a fait cinq blessés, dont trois graves.
Après avoir reçu une lettre de notification, le ministère du Travail, des Relations industrielles et de l?Emploi a ouvert une enquête sur les circonstances de ce drame. Même les services d?un expert danois ont été retenus par le Central Electricity Board (CEB) et un rapport est attendu la semaine prochaine.
« Si on se base sur l?Occupational Safety and Health Act (OSHA) ? (NdlR) document juridique par excellence qui traite de tous les accidents au travail ? en vigueur depuis septembre 2007, le CEB aurait dû faire un constat des risques potentiels pour prévenir les employés de la nécessité de porter des équipements spécifiques. Or, rien n?a été fait », déplore Reaz Chuttoo, président du Fron Travayer Sekter Privé. Toutefois, selon ce dernier, l?OSHA n?est en fait qu?un « guidance philosophique ! Il n?y a pas de régulation spécifique, sauf pour le Wood Working Machine Regulation à Maurice ».
Quatre secteurs à risque identifiés
Toutefois, force est de reconnaître que des accidents fatals au travail sont fréquents. Dans le rapport 2007 du ministère de la Sécurité sociale, paru il y a quelques jours, quatre secteurs à risque, la construction, l?agriculture, le transport et le manufacturier, sont clairement identifiés suivant le nombre d?accidents de travail survenus durant la période de juillet 2006 à juin 2007. A noter que beaucoup de cas ne sont pas pris en compte pour diverses raisons, par conséquent les chiffres pourraient être revus à la hausse.
Néanmoins, Reaz Chuttoo met en avant le fait que le secteur dit des services, souvent négligé, devrait être considéré comme le plus dangereux. Il explique que « les personnes travaillant dans les call centers par exemple, ont un rythme de vie déréglé. Elles effectuent des heures continues sur des systèmes de rotation. Ce qui entraîne à long terme des problèmes d?ordre psychique ». C?est le domaine où un nombre conséquent de démission, de maladies psychosociales (schizophrénie, déréglementation cérébrale, etc.) ou encore un taux de suicide élevé est recensé.
Les employés exerçant une activité professionnelle dans les autres domaines sont systématiquement confrontés à des pressions, liées à une date-butoir pour achever les travaux. De plus, ils sont, bien souvent à leur insu, en contact avec des produits chimiques dangereux à la manipulation, ou encore travaillent dans un environnement bruyant. Et tout ceci entraînerait à long terme des maladies graves. De plus, « les Personal Protective Equipments sont généralement hors norme et constituent un danger », témoigne un ouvrier de chantier.
Beaucoup d?accidents pourraient être évités si des mesures strictes étaient adoptées et respectées sur les lieux de travail. Des lois qui donneraient des directives strictes quant aux risques éventuels encourus par les travailleurs, les équipements adaptés selon le secteur sont plus que nécessaires. Il est également impératif de sensibiliser les travailleurs aux dangers réels qu?ils côtoient en permanence sur leur lieu de travail.
L?île Maurice n?a ratifié jusqu?à ce jour aucune convention internationale liée à la sécurité au travail, précise un fonctionnaire du ministère du Travail.
Et d?ajouter que : « Nous sommes en pourparlers pour faire avancer les choses. »
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