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La peur des Sud-Africains profite au pays

5 octobre 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

«Siroter un cocktail au bord de la piscine, entouré de mon épouse et de mes enfants sous un soleil radieux. C?est cela le paradis pour moi et cette paix n?a pas de prix », clame Michael Dawson* en profitant de son bungalow fraîchement acquis dans le nord de l?île. Cet homme d?affaires, qui vient d?Afrique du Sud, préfère sciemment ne pas mentionner le chiffre colossal investi pour cette quiétude. « Cette résidence pour le moment secondaire deviendra d?ici deux ans ma résidence permanente », confie Michael.

Comme bon nombre de ses compatriotes, l?île Maurice est la destination privilégiée pour s?installer définitivement. Jordan Eliason*, un jeune marié de 28 ans, s?est vu offrir un appartement luxueux à Maurice par ses parents.

Ce beau cadeau de mariage, il en profite depuis deux ans maintenant. « Je ne rentrerai pas de sitôt. »

Au risque de se tromper, cet engouement pour notre patrie n?est nullement lié à nos plages de sable fin ni même au climat tropical, du moins pas exclusivement.

En effet, l?Afrique du Sud connaît une situation politique peu envieuse depuis des décennies. D?une part, l?apartheid a laissé des séquelles sur des Zulus qui se sentent toujours opprimés par la minorité blanche. D?autre part, les « Blancs » sont les cibles répétées d?agressions. L?insécurité permanente qui règne ? notamment à Johannesburg ou à Durban ? pousse beaucoup de Sud-Africains à émigrer.

Des critères spécifiques à respecter

« Nous aimons notre pays, mais comment élever nos enfants dans une peur constante que l?on se fasse voler, agresser en allant au travail ou en conduisant les enfants à l?école ? » s?interroge Michael. De ce fait, la meilleure alternative pour les plus aisés est de choisir l?île Maurice comme nouvelle patrie.

Ainsi, pour attirer les investisseurs étrangers, le Board of Investment (BOI) avance dix bonnes raisons. Entre autres, « la stabilité politique et sociale, un environnement favorable aux affaires, une économie forte et diversifiée, un lieu agréable et sûr pour vivre et travailler ».

Président d?une société offshore sud-africaine basée à Maurice, Michael effectue tous les mois quatre heures de vol.

« C?est pour les besoins du boulot, il faut bien rencontrer les clients potentiels », clame-t-il en plaisantant. Outre sa fonction principale, il a investi dans la construction d?un hôtel de haut standing à Pereybère. Tout ceci semble-t-il rouler sur des rails trop bien huilés ?

Ces modalités ont, en fait, été soigneusement et délibérément conçues pour faciliter l?investissement étranger à Maurice. Le BOI, organisme qui délivre les permis aux ressortissants étrangers, facilite les procédures pour la création d?une entreprise ou encore l?acquisition d?une propriété permanente ou secondaire. Ainsi, une employée du BOI explique :

« Nous avons trois catégories principales de ressortissants étrangers éligibles pour l?obtention d?un occupation permit d?une validité de trois ans, renouvelable. Il les autorise à vivre et travailler à Maurice. »

La première catégorie concerne l?investisseur. Le fait de monter une entreprise sur le sol mauricien devra répondre à des critères spécifiques dont un chiffre d?affaires de Rs 3 millions par an, générées par la société. Si l?investisseur veut bénéficier d?un permis de résidence permanent, il lui faudra satisfaire la condition d?un chiffre d?affaires annuel de Rs 15 millions pour une durée de trois ans.

Le professionnel est la deuxième catégorie désignant le ressortissant étranger embauché par une entreprise mauricienne, avec un salaire minimum mensuel de Rs 30 000. S?il désire résider de manière permanente à Maurice, il lui faut toucher un montant mensuel de Rs 150 000 pendant trois années de suite.

Explosion des somptueux domaines

Enfin la dernière catégorie concerne le professionnel indépendant. Sa société devra justifier d?un chiffre d?affaires annuel d?au moins Rs 600 000. Pour un permis de résidence permanente, son activité devra générer au moins Rs 3 millions par an.

En outre, la plupart de ces investisseurs étrangers ont un désir particulier d?être lotis dans des propriétés dites de luxe. D?où l?explosion de somptueux domaines tel que Tamarina ou Anahita. Le BOI a ainsi proposé les concepts d?Integrated Resorts Scheme (IRS) et de Real Estate Scheme (RES). « Un ressortissant étranger souhaitant acquérir une propriété IRS se verra délivrer de facto un permis de résidence par le BOI », précise une responsable du BOI.

Selon un hiérarque de Ciel Group, les Sud-Africains occupent la troisième place en termes d?investisseurs étrangers parmi les Anglais, Français, Américains, Indiens, etc. La spécificité qui accompagne l?acquisition d?une propriété IRS est qu?il faut ingérer un montant minimum de US$ 500 000 (Rs 14 millions). Il faut savoir qu?une propriété IRS coûte en moyenne US$ 1,4 million (Rs 40 millions).

« Le RES s?adresse à des acquéreurs plus modestes étant donné qu?aucune exigence de prix n?est émise », renchérit l?employée du BOI. « Quelque 300 investisseurs de toutes nationalités confondues ont acheté une propriété IRS depuis son lancement en 2005. » spécifie un responsable statistique du BOI.

Toutefois, cette tendance à la hausse d?achat de propriétés de luxe pourrait être ralentie avec la conjoncture économique mondiale actuelle. Mais pour le moment, la construction des villas IRS se poursuit de plus belle.

<I>Les noms et prénoms ont été modifiés.</I>

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