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Vers le « fitness » high-tech
Les choses s?activent depuis l?arrivée d?un nouveau ministre aux Infrastructures publiques. En effet, les documents visant à la création d?une Land Transport Authority seront soumis sous peu au cabinet. Des réformes importantes suivront, dont la création d?un guichet unique (one-stop shop) pour l?enregistrement et le paiement de la vignette des véhicules de même que des centres de vérification high-tech.
Selon des renseignements venant de sources autorisées, le ministère est à la recherche d?un terrain dans le centre de l?île pour abriter son guichet unique. Les bureaux de la National Transport Authority (NTA) y seront transférés. Ce centre examinera et enregistrera les véhicules importés neufs et reconditionnés. Une soixantaine d?entre eux est examinée chaque jour à Plaine-Lauzun.
Les véhicules datant de plus de sept ans seront toujours examinés à ce centre et à celui de Forest-Side qui sont au bord de l?asphyxie. En moyenne, 350 véhicules y sont vérifiés par jour et ce nombre devrait continuer à augmenter avec la croissance du parc automobile.
Rs 1 000 la vérification
Ainsi, en raison du grand nombre de véhicules et du manque d?équipements de pointe, c?est de visu que se vérifient les systèmes de freinage, les phares ou encore les émissions de gaz à effet de serre. Maurice est loin d?avoir un contrôle technique digne de ce nom, d?autant que seules les voitures de sept ans ou plus sont examinées. Cette vérification est obligatoire pour les voitures de trois ans et demi en France et de quatre ans en Grande-Bretagne (voir hors-texte).
Le ministère hésite toujours entre la construction de deux nouveaux centres high-tech ? dans le Nord et le Sud ? et la privatisation de la vérification des véhicules. Les techniciens tiquent sur le coût d?une vérification dans un centre privé. Il pourrait tourner autour de Rs 1 000, alors que les voitures privées de plus de sept ans ne payent que Rs 200 pour une vérification dans les deux centres de l?Etat.
Les équipements dont les centres privés devront disposer ne leur permettraient pas de facturer une vérification à Rs 200. Quoi qu?il en soit, l?idée de la privatisation est en ce moment privilégiée avec la possible imposition par l?Etat d?un coût de vérification de Rs 500. Les ingénieurs travaillant actuellement dans les centres de l?Etat seront chargés de superviser ces centres privés de près. Ils seront placés sous le contrôle d?un seul homme. Le nouveau poste a déjà été créé à cet effet.
Véhicules défectueux : gare aux équipements de pointe
En France, les voitures de trois ans et demi d?âge passent un contrôle technique chaque année et en moyenne 23 % échouent ce test.
Pas moins de huit points donnent lieu à une contre-visite, après réparation, en France. Parmi, on retrouve l?état des amortisseurs, des pédales de frein, des phares, du liquide de frein, des airbags, des ceintures de sécurité, de la pollution, des pare-buffles (bull bars), des équipements de sécurité, des témoins d?airbag et des pneus. 23,3 % des véhicules présentent au moins un défaut qui les oblige à repasser le test.
En Grande-Bretagne, où les voitures de trois ans et plus doivent passer une vérification technique, le taux d?échec est de 30 %.
Le conducteur est tenu d?effectuer des réparations dans le garage où se déroule la vérification pour obtenir le « road worthiness » ou certificat MOT (Ministry of Transport Test)? l?équivalent du fitness mauricien ? de son véhicule.
Ces contrôles pointus ne se font pas à Maurice en raison de l?absence d?équipements. Avec l?arrivée des centres high-tech, ils seront possibles et pourraient faire échouer au moins 50 % des véhicules testés. Cependant, peu de garages mauriciens sont équipés pour certains réglages.
Un équilibrage des freins avant et arrière ne se fait, par exemple, que dans de rares garages équipés à cet effet.
Quel âge pour la vérification ?
Le Britannique, Jonathan Richmond, qui a conseillé le gouvernement sur la création d?une Land Transport Authority, s?est également penché sur le contrôle technique des véhicules. L?âge des véhicules pour passer un contrôle a été évoqué.
Les techniciens du ministère des Infrastructures publiques se sont intéressés à l?état du parc automobile et l?année à partir de laquelle il fallait que les véhicules soient contrôlés. Presque tous estiment que cela devrait se faire à partir de sept ans d?âge. Ils justifient cette décision du fait que les voitures mauriciennes roulent beaucoup moins qu?en Europe. La décision d?imposer un « fitness test » aux véhicules à partir de quatre ans poserait par ailleurs des problèmes insurmontables aux deux centres de « fitness » du pays. « Regardez les statistiques d?accidents et vous verrez que les véhicules neufs y sont les plus impliqués. Les accidents provoqués par des défauts mécaniques des vieux véhicules sont rares », explique un technicien du ministère. Mais ses collègues techniciens ne sont pas tous du même avis.
Ils soulignent que les voitures de trois ans sont considérées comme neuves et en bon état à Maurice. Or, bon nombre d?entre elles échouent leur premier test technique en Grande-Bretagne en raison des défauts qui peuvent donner lieu à des accidents.
Parmi les voitures recalées au contrôle technique en Grande-Bretagne, 15 % le sont en raison des phares défectueux, 12 % parce que leur direction présente des défauts, 10 % en raison de problèmes au système de freinage, et 8 % en raison des pneus.
Parmi ces derniers, il n?y a pas que les roues usées, mais également les roues déformées, mal alignées ou usées de façon non uniforme dû à un problème d?amortisseur ou de parallélisme.
Un technicien rappelle la polémique en Grande-Bretagne sur une proposition de Gordon Brown, qui n?était pas encore Premier ministre, visant à accorder le MOT pour deux ans. Il avait également proposé que ces contrôles soient effectués sur des véhicules de quatre ans et plus et non de trois ans et plus. L?idée a été farouchement combattue car on estimait qu?une telle décision donnerait lieu à un nombre plus élevé d?accidents par des véhicules pas suffisamment réparés après déréglage ou usure des pièces vitales ou après des accidents, même mineurs.
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