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A contre-courant

3 octobre 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Par Raj MEETARBHAN</B>

Le diesel a une odeur de scandale ce matin. Le prix au détail de ce carburant passe de Rs 42,70 à Rs 51,20 le litre. Cette hausse de 20 % suscite quelques interrogations et beaucoup de colère. La légère baisse de l?essence, elle aussi, a de quoi provoquer la grogne des automobilistes. Ceux-ci espéraient une réduction de prix plus significative.

Les explications avancées par les dirigeants de la State Trading Corporation (STC) ont paru laborieuses. Ceux-ci ont du mal à convaincre les usagers du bien-fondé de leur décision. La hausse du diesel semble d?autant plus inopportune qu?elle intervient dans un contexte international où les cours chutent.

Alors que les médias étrangers annonçaient hier matin que «les prix du pétrole poursuivaient leur repli» et que les analystes prévoyaient une «glissade continue sous l'effet d'un dollar raffermi», le décor était planté pour une baisse des produits pétroliers à Maurice. Or, la STC est allée à contre-courant des évolutions des prix à l?étranger.

C?est une formule bien mystérieuse qu?a utilisée le comité de l?«Automatic Pricing Mechanism» (APM) pour calculer les prix à la pompe. Elle doit être bien complexe pour aboutir aux prix annoncés hier. En tout cas, l?APM est loin d?être un mécanisme automatique. Car les prix au détail dans nos stations-service ne suivent pas les mêmes tendances que celles des prix observés sur le marché mondial.

Peut-on encore croire la STC quand elle affirme sur son site que «ce mécanisme transparent et automatique tient en compte les données réelles du prix des produits pétroliers sur le marché mondial, données qui sont automatiquement répercutées sur le prix local des produits pétroliers» ?

Toujours sur son site, la STC prétend que «l?APM permet ? de faire profiter aux consommateurs toute baisse effective des prix de l?essence et du diesel». En fait, c?est plutôt la STC qui profite de la situation. Répondant à une question de notre journaliste Nico Panou, hier, le directeur de cette institution, Ranjit Soomarooah, a admis que la STC réalise chaque année des bénéfices de Rs 2 milliards sur la vente des carburants, ce qui lui permet de subventionner la farine et le riz. D?autre part, l?Etat prélève Rs 1,75 sur chaque litre de diesel et un montant légèrement supérieur sur chaque litre d?essence, pour financer la promesse faite en 2005 par le PTr concernant le transport gratuit.

Si la STC rafle la mise, l?Etat fait également une bonne affaire financière grâce aux nouveaux prix des carburants. Un simple calcul démontre les gains pour les caisses publiques de l?exercice effectué hier. Avec la hausse des prix au détail, la TVA sur le diesel passe de Rs 5,57 à Rs 6,68 par litre. Etant donné que la consommation annuelle du diesel s?élève à 425 millions de litres, les recettes fiscales additionnelles perçues au profit de l'Etat sont de l?ordre de Rs 472 millions. Une manne.

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