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«Je veux développer le concept d?environmental literacy»

30 septembre 2008, 00:00

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Parlez-nous de votre vision pour ce ministère ?

Les questions environnementales sont vastes et évoluent en permanence. Par exemple, le changement climatique s?accélère. Le Premier ministre a déjà établi un schéma directeur pour l?environnement en créant le concept de Maurice : île durable (MID) qui s?inscrit dans un contexte global. Le gouvernement a dressé une liste de procédures prioritaires centrées sur l?énergie et le transport qui seront financées par le fonds MID. Ma vision est d?introduire un cadre pour développer un concept novateur que j?appelle environmental literacy ou konn to lenvironman.

En quoi consiste ce concept ?

Ce sera le fil conducteur pour éduquer et responsabiliser du plus jeune Mauricien au plus âgé.

C?est une approche grassroots qui s?appliquera à tous les secteurs. Prenez, par exemple, quelqu?un qui va au conseil de district pour faire une demande pour un permis de construction. Cette personne doit savoir qu?en disposant sa maison de telle ou telle façon, elle pourra minimiser l?utilisation du climatiseur. Avec la baisse du coût des équipements, la climatisation a été banalisée. Pourquoi ne pas lancer une campagne nationale auprès des architectes pour développer des maisons qui minimisent la consommation d?énergie, d?eau et de matériaux importés ? Le ministère est là pour guider les gens mais il faut que eux, à leur tour, ils fassent bon usage de nos conseils. En partie, c?est ça l?environmental literacy.

«Le ministère est là pour guider les gens mais il faut qu?à leur tour, ils fassent bon usage de nos conseils. En partie, c?est ça l?environmental literacy.»

Nous allons établir rapidement une structure pour ce nouveau concept. Ensuite, nous développerons une roadmap pour mettre en ?uvre et assurer que suffisamment de ressources humaines, financières et logistiques sont accordées au projet.

Et vos autres priorités ?

Premièrement, c?est l?éducation et notamment la mise sur pied d?un plan pédagogique qui atteindra une large audience, que ce soit au niveau des jeunes, des adultes, des centres communautaires, des métiers qui touchent de près à l?environnement et des ministères. L?éducation est le fondement de toute ma stratégie pour l?environnement au sens large. Les gens doivent comprendre, par exemple, ce que sont le changement climatique et l?érosion de nos côtes. Je voudrais notamment mettre sur pied des projets qui privilégient le tri des déchets ménagers et autres. Rien n?empêche les gens de séparer les déchets plastiques des ordures ménagères. On veut mettre en place un système de collecte de ces déchets plastiques. Dans les semaines à venir, je vais mettre l?accent sur une utilisation non abusive du plastique.

Deuxièmement, il faudra mettre en ?uvre des solutions viables pour le recyclage d?autres objets nocifs à l?environnement, telles les piles. On lancera une campagne d?information sur les taux d?émission de carbone de différents types de voiture.

Le ministère va également prôner un retour vers l?agriculture organique à travers une prise de conscience des effets néfastes des résidus de pesticides pour la santé. On va encourager la création de potagers familiaux et l?utilisation minimale de produits chimiques. Le projet MID fait aussi provision pour une diminution de la consommation énergétique.

Justement un ministère a été créé pour les énergies renouvelables. Comment allez-vous coordonner vos actions ?

Le ministère des Energies renouvelables va gérer le fonds MID mais les directives viendront d?ici. Par exemple, un Environment information system sera créé pour encourager les audits environnementaux. De plus, on va renforcer les capacités du ministère à veiller à ce que les conditions d?octroi de permis pour un Environmental impact assessment soient respectées à la lettre.

Les pollueurs industriels ne devraient-ils pas être plus sévèrement punis ?

Les lois-cadres qui définissent clairement les niveaux acceptables pour la pollution de l?eau, de l?air et de la mer existent déjà. Il faut maintenant assurer une éducation continue des industriels pour prévenir la pollution. Le fait que Maurice est un petit pays ne veut pas dire que les entreprises peuvent se permettre de polluer l?environnement. Et les récidivistes devront être lourdement sanctionnés. Je pense notamment qu?il faut créer une Agence de l?environnement pour mettre en ?uvre une Integrated pollution prevention control mechanism.

Pouvons-nous compter sur vous pour défendre l?environnement comme il le mérite ?

Soyez rassuré à ce sujet. Les problèmes de fond seront débattus au Conseil des ministres. Ma chance c?est que le projet MID est le dada du Premier ministre. Il incombe au ministère de l?Environnement de mettre en ?uvre sa vision. Mon ministère sera guidé par les principes de précaution, de proximité et de proportionnalité. On ne peut pas faire des choses au détriment de l?environnement. L?environnement est au-dessus des considérations politiques.

Quel est votre bilan de la performance de celui qui vous a précédé ?

Il a fait un travail honorable surtout en ce qui concerne le chikungunya. De concert avec le ministère de la Santé, le ministère a pu maîtriser la situation en très peu de temps. Je vais bâtir sur les acquis tout en évitant des solutions faciles. J?espère amener un nouveau dynamisme au ministère.

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