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Parc marin de Blue Bay : L?objet de toutes les convoitises

30 septembre 2008, 00:00

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Les pieds solidement ancrés dans le sable chaud de la plage de Blue Bay, les mains sur les hanches, Soul Gunputh scrute les alentours à l?affût de clients. S?il guette la moindre occasion et tente de ne rien laisser à la concurrence, c?est qu?il doit remplir l?Horizon, ce bateau dans lequel il a investi Rs 1,5 million pour promener les touristes et les Mauriciens dans le parc marin de Blue Bay. La voix éraillée de cet habitant de Mahébourg témoigne des années qu?il a passé à crier pour attirer le chaland au marché de Mahébourg. Mais depuis deux semaines, c?est à Blue Bay qu?il use de son bagout. Il pensait faire une bonne affaire avec le parc marin.

«Mo ti vine fer ene letour dans parc marin gagne trois mois aster. Parc marin ine donn Blue Bay ene zoli valer. Mo fine trouve ki sa ene plas kot mo kapav travaye ek gagne ene revenu», raconte Soul Gunputh, derrière ses lunettes de soleil. Ils sont près d?une quinzaine à détenir un permis leur permettant d?exercer une activité commerciale dans le parc marin. «Chaque bateau fait vivre au moins trois familles», soutient Soul Gunputh. Ce sont ainsi des dizaines de foyers de la région qui, grâce à cette «valeur ajoutée» qu?est le parc marin, mangent chaque jour à leur faim.

De plus en plus de bateaux</B>

Benjamin Monrose est dans ce cas. Depuis trois ans, l?homme, qui a été extracteur de sable dans le passé, travaille comme skipper sur un des bateaux qui sillonnent, chaque jour, le parc marin de Blue Bay de long en large. Cet habitant de Cité La Chaux, Mahébourg, raconte qu?«avant», il travaillait à la commission. Il vivait alors «un peu mieux». Aujourd?hui, payé à la journée, il se retrouve «un peu dans l?embarras». Il faut dire que le travail a changé. Arminiaud Marie témoigne aussi. Voilà plus de quinze ans qu?il a jeté l?ancre dans le lagon de Blue Bay. Il a assisté à la pose des premières bouées, à l?instauration d?un «traffic lane» et surtout, à l?augmentation croissante du nombre de bateaux. «En 1992 quand je suis arrivé, nous étions trois. En ce moment, nous sommes une quinzaine à avoir un bateau à fond de verre. Ene dan lot, tou bato travaye me avan li ti plis cool», se souvient-il avec nostalgie.

L?homme dit comprendre l?envie des jeunes de travailler à la mer. Il conçoit que ceux qui ont emprunté pour acheter un bateau doivent cravacher pour rembourser la banque. «Au début, c?était les clients qui venaient vers nous. Aujourd?hui, à peine ils débarquent sur la plage que les rabatteurs se jettent sur eux», déplore Arminiaud Marie.

Certains ne se gênent pas, «ils harcèlent les touristes». Mais en se comportant ainsi, «zot gate travaye la». Christophe Saint-Marc dit en faire les frais. «Ils sont tellement sur le dos des touristes, qu?il suffit que nous disions bonjour à ces derniers pour qu?ils nous répondent non merci», s?emporte cet habitant de Cité La Chaux, qui s?acquitte de la somme de Rs 5 000 par an pour pouvoir vendre ses colliers et bracelets artisanaux sur la plage de Blue Bay.

Elle est bien loin l?euphorie qu?il a ressentie lorsqu?il a reçu son permis de «beach hawker» il y a sept mois. Opérer à Blue Bay, c?était pour lui la garantie de s?en mettre plein les poches. «Je ne pouvais pas m?acheter un bateau et je cherchais un moyen pour entrer en contact avec les touristes qui visitent le parc marin». Car des touristes, le parc marin en accueille des dizaines chaque jour. Davantage en été. Ali Polin, chauffeur de taxi qui se dit également guide touristique, confirme : «Tous les touristes qui viennent à Blue Bay visitent le parc marin et tous ceux qui viennent à Blue Bay le font pour visiter le parc marin». Les touristes, mais également les Mauriciens. «Li fer ene sorti en fami pu zot. Tou dimoune profite sa. Bane bato, snack, ti marsan. Nou osi, sofer taxi, nu gagne nu la vie avek parc marin la.»

Tous sont d?accord pour le dire, grâce au parc marin, Blue Bay a connu un certain développement. «La localité a évolué. En mieux», soutient Danny Siong, propriétaire depuis 35 ans de la Blue Bay Tuck Shop. Mais des développements, Arminiaud Marie est d?avis que Blue Bay peut en connaître davantage. Et toujours grâce au parc marin. «Ena boucou zafer kapav fer enkor», souligne cet habitant de Blue Bay. Il n?en dira pas plus. Car lui-même a en tête un projet qui devrait offrir de l?emploi à pas moins de sept «zenfan la mer».

<B>Valérie OLLA</B>

Qu?est-ce que la convention de Ramsar ?</B>

■ La convention de Ramsar est «un traité international pour la conservation et l?utilisation durable des zones humides». Le but étant d?«enrayer la dégradation et la perte des zones humides (?) en reconnaissant les fonctions écologiques de celles-ci ainsi que leurs valeurs économique, culturelle, scientifique et récréative».

<I>Sources : Wikipédia</I>

<B>Le parc marin de Blue Bay en bref</B>

■ Il couvre une superficie de 353 hectares et s?étend du rivage de Pointe-Vacoas à Pointe-Corps-de-garde, incluant le lagon, et s?étend à 1 km du récif. Déclaré aire marine protégée en juin 2000, le parc a été nommé site Ramsar il y a peu «en reconnaissance de ses fonctions écologiques fondamentales pour la protection de la biodiversité». 38 espèces de coraux et 72 espèces de poissons y ont été recensées. Le lieu est protégé et réservé à la «protection de la biodiversité et des écosystèmes marins».

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