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Deux ans de prison pour un père proxénète

28 septembre 2008, 20:00

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Ce père abusait de la bouteille. Il y était même tellement accro qu?il a fini par vendre sa fille de 15 ans à un pédophile pour Rs 200 afin de se payer de l?alcool. La victime a porté plainte et le suspect a été traduit en cour intermédiaire. Celle-ci a tranché mercredi : l?homme a été condamné à deux ans de prison. La version de la jeune femme, aujourd?hui âgée de 18 ans, a été jugée crédible.

La plaignante a déclaré, en cour, qu?en avril 2005, elle a accompagné son père, alors au chômage, chez un dénommé Lélé à la rue Dr Reid, Rose-Hill. Elle dit avoir dû suivre cet individu dans sa chambre après que celui-ci a donné Rs 200 à son père. Là, Lélé lui fait alors prendre une boisson alcoolisée avant d?avoir des relations sexuelles avec elle. Elle ajoute que personne n?est venu la chercher et qu?elle a dû passer la nuit chez son agresseur, lequel devait d?ailleurs à nouveau abuser d?elle à son réveil.

Arguments rejetés</B>

Dans sa version à la cour, le père de la plaignante a déclaré qu?il était allé chez Lélé pour récupérer sa paie et qu?il est, par la suite, allé à la boutique du coin pour prendre un verre. C?est de cette façon, selon lui, qu?il a oublié de récupérer sa fille. Des arguments rejetés d?emblée par la cour. «C?est très bizarre qu?un père oublie sa fille et rentre chez lui. La cour ne peut que croire à la version de la plaignante. Il savait pourquoi il a laissé sa fille au domicile de Lélé», peut-on lire dans le jugement.

Selon la magistrate Shameem Hamuth Laulloo, c?était le devoir du père de protéger sa fille. «Il n?a aucune morale. Il a commis un acte des plus ignobles et cette cour n?est pas prête à tolérer ou à encourager cela.» La magistrate a, en outre, lancé une sévère mise en garde aux «hommes sadiques». Citant un jugement de la Cour suprême, elle a souligné que les enfants doivent être protégés contre les «hommes irresponsables qui les traitent comme des objets sexuels».

Dans la déposition de la victime, sa mère avait aussi été critiquée. La jeune fille avait, en effet, expliqué que cette dernière était au courant du fait que son père l?avait vendue à Lélé mais qu?elle était, elle aussi, la plupart du temps en état d?ébriété.

C?est finalement à sa tante que la jeune fille est allée se confier. Et c?est avec elle qu?elle s?est rendue au poste de police de la localité pour consigner une déposition. Outre les rapports forcés avec Lélé (ce suspect a été condamné avant le père de la plaignante), elle accuse aussi son oncle et son cousin d?agression sexuelle.

Selon la victime, ces derniers sont venus chez elle en décembre 2004 et ont apporté des boissons alcoolisées. Son cousin, dit-elle, aurait attendu que ses parents soient complètement ivres pour la déshabiller. Les deux protagonistes l?auraient alors violée. L?adolescente ajoute que son cousin aurait récidivé en avril 2005, le jour de son anniversaire. Il aurait de nouveau offert à boire à ses parents, après quoi il aurait eu des relations sexuelles avec elle et l?aurait même sodomisée.

Ces deux accusés ont toutefois obtenu le bénéfice du doute. La magistrate a rejeté la charge de relations sexuelles avec une mineure de moins de 16 ans retenue contre eux, en s?appuyant sur le fait que le rapport médical ne fait pas allusion à la sodomie. «Etant donné qu?elle a menti au sujet de la sodomie, la cour se demande si elle n?a pas inventé toute cette histoire?»

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