Publicité
Une sortie honorable
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
Le calendrier politique de ce mois était bien rempli. Il est maintenant surchargé. D?abord, il y a la date du 19 septembre qui constitue une échéance politique de grande envergure. Ensuite, c?est au cours de ce mois que le Conseil privé rendra son jugement dans le procès de corruption électorale contre Ashock Jugnauth. L?agenda politique s?est alourdi après le commentaire de la Cour suprême sur les ministres qui ont occupé des postes non-prévus par la Constitution. Maintenant, c?est l?éventualité d?un futur remaniement ministériel qui s?ajoute à la liste d?événements prévus pour bientôt.
Il y a plusieurs raisons qui pourraient inciter le Premier ministre à avoir recours à un exercice de remaniement. La principale d?entre elle est liée à l?imbroglio politico-juridique qui a plongé le chef du gouvernement dans un grand embarras. Celui-ci a grand peine à démêler les complexités de la situation dans laquelle il se trouve après les observations de la Cour sur les titres qu?il a octroyés à certains membres de son Cabinet.
D?un côté, Navin Ramgoolam dit éprouver un profond respect pour les institutions ; de l?autre, il se laisse aller à des commentaires qui ne tiennent pas compte de l?avis de la Cour suprême. Il a déclaré que «le plaignant a perdu son procès et aura à payer les frais de la cour» en ajoutant qu?il «n?y a pas d?ordre de la Cour suprême, juste des recommandations?» Il a finalement annoncé qu?il en discutera avec le président de la République. Visiblement, il éprouve une grande difficulté.
Un remaniement ministériel offrira une porte de sortie honorable à Navin Ramgoolam. Il ne sera pas obligé de demander aux trois membres du gouvernement impliqués de prêter serment à nouveau. Il peut noyer le poisson en élargissant l?opération à l?ensemble d?une équipe gouvernementale recomposée.
Un second facteur pourrait pousser le Premier ministre à rebattre les cartes. Le leader du PTr sait qu?un gouvernement relooké est plus apte à affronter l?électorat que des ministres usés. Or, il reste moins de deux ans avant la fin normale de la législature. Le chef de l?exécutif doit agir maintenant pour constituer une nouvelle équipe gouvernementale qui lui donnera les meilleures chances aux législatives. Il y a des ministres incompétents en sursis. Il y a des «backbenchers» impatients qui s?agitent. Navin Ramgoolam peut régler tous ces problèmes en réaménageant son Cabinet.
Pour autant, un remaniement demeure un exercice délicat dans le contexte sociopolitique particulier de notre pays. Aucun Premier ministre n?a osé procéder à un remaniement de grande ampleur jusqu?ici. Personne ne s?est aventuré à révoquer un ministre incompétent. En cas de décès d?un ministre ou d?une partielle, il y a eu de petits remue-ménages techniques, sans plus. La pression des lobbies fait peur aux chefs de gouvernement. Navin Ramgoolam a donc une équation difficile à résoudre. Mais ce travailliste détient, en général, la clé de la solution.
Publicité
Publicité
Les plus récents