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Douce plage où s?exposent l?île Maurice et toiles
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Douce plage où s?exposent l?île Maurice et toiles
Jusqu?au 28 septembre, l?hôtel Sugar Beach expose, dans le vestibule d?un manoir créole, une quarantaine de toiles d?une douzaine d?artistes peintres locaux ou encore mauriciens de c?ur. L?exposition s?intitule Scènes de l?île Maurice. On peut imaginer une accessibilité plus généreuse pour les visiteurs, se promenant sur grève. De la grève, en effet, l?hôtel, douce plage, nous envoûte et l?exposition qui s?y tient n?est que le joyau de son couronnement architectural De la grève, on y déplore une végétation encore parcimonieuse car l?hôtel émerge d?une totale rénovation.
Cette absence d?exubérance végétative permet toutefois un meilleur dégagement d?une architecture aux charmes indiscutables. De la douce plage, toute âme se prépare donc mieux à la contemplation artistique qui l?attend.
Cette exposition bénéficie du savoir-faire du directeur de notre galerie nationale, Thivynaidoo Pernumal Naiken. Les cadres non conventionnels ne l?effraient guère et il est toujours prêt à stimuler la créativité Made in Mauritius. Il manquait une palette colorée à ces charmes créoles. Thivy Naiken comble heureusement ce vide. Bravo pour le magnifique catalogue, malheureusement sélectif et non exhaustif.
Formes florales et animales
En choisissant Thivy Naiken, Andrew Slome, directeur général du Sugar Beach, renoue avec la tradition d?orner nos salons de toiles de maître. Il honore ainsi notre patrimoine esthétique et en fait profiter aux vacanciers. L?île Maurice touristique doit lui savoir gré de comprendre que nos visiteurs ont autant besoin de goûter à la peinture mauricienne qu?à notre cuisine créole. Puisse son initiative faire des émules. Il ne faudrait toutefois pas rester sur une exposition inaugurale. L?initiative pourrait devenir une tradition. Vienne le jour, où notre destination touristique sera universellement connue pour son heureux mélange d?émotions esthétiques.
L?innovation, dans cette exposition, vient de Dev Chooramun. Il donne une nouvelle vie à ses préférences florales. et les dissimule maintenant sous des formes animales... Il les pare superbement en puisant directement de son jardin. Ainsi un ananas sert de croupion à un dodo. Ailleurs, une betterave lui sert de jabot. Des carottes siamoises lui font un bec orangé. Son dodo se dandine parfois comme Joséphine Baker, reconnaissable grâce à sa ceinture de bananes. Mais que dire de ses pattes de dronte en pinces de crabe. Nos meilleurs fleuristes peuvent se rhabiller.
Ils n?oseront jamais faire appel à des fleurs stupidement délaissées.
Avis à nos pandores : Antish Beejadhur porte un couteau magique pouvant restituer sur toile la féerie de nos pirogues. Osons un conseil à Andrew Slome, à Tivy Naiken et à Dominique Cangy, la responsable des trésors exposés. Ils ont intérêt à tripler les amarres de la pirogue de Beejadhur. Fonçant tout droit sur qui la contemple, elle peut à tout moment, s?échapper du cadre et des cimaises. Du grand art.
A côté de ces découvertes, Kalindi Jundoosingh fait toujours danser ses personnages, dans un enchevêtrement de filaments colorés. Ils donnent à ses toiles la saveur d?un kalamindas tellement éblouissant, qu?on ne sait plus qui de l??il ou du palais doit le dévorer le premier. Bernard Charoux lutte toujours avec cette rade de Port Louis, découvrant de nouvelles ressources esthétiques, car nos gratte-ciel s?interposent entre cimes montagneuses et ballets de coques de pistache. Yeshen Gunnoo et Anne Delplace gagneraient sans doute à demeurer davantage dans l?esquisse.
Il convient de laisser au contemplateur le droit de rêver devant des toiles et de finir, dans le c?ur, ce qu?on omet de mettre sur toile. De James Castel nos préférences vont pour sa guéguerre PMSD v. PMXD. Nos jeunes coqs ne sont plus bleus mais tirent encore sur le rouge. Mais si peu. Nous sommes bien à Maurice, car tout finit en politique.
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