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Zardari : un futur président mal aimé
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Zardari : un futur président mal aimé
Les parlementaires s?apprêtent à élire aujourd?hui à la présidence du Pakistan le controversé et impopulaire Asif Ali Zardari (photo), veuf de l?ex-leader de l?opposition Benazir Bhutto, dans un pays confronté au chaos politique, économique et à la menace terroriste islamiste.
«C?est un corrompu ! On préfère encore Musharraf», ont lancé de nombreux Pakistanais. Zardari est l?homme le plus controversé du moment et sa nomination à la présidence par les parlementaires inquiète déjà. Rares sont les articles dans la presse locale qui le défendent. «Un corrompu comme futur président», «Zardari, le nouveau Musharraf» sont des titres évocateurs qui reviennent quotidiennement.
D?abord, son nom est pour beaucoup synonyme de «corruption». Plus connu sous le sobriquet de «Monsieur 10 %», il prélevait systématiquement des rétro-commissions sur tous les marchés publics à l?étranger quand il était ministre de l?Investissement dans le gouvernement de sa femme Benazir Bhutto en 1988.
Pour affaires de corruption, il a fait onze années de prison et n?a été libéré qu?en 2004. Et il ne serait devenu leader du PPP si Benazir n?avait pas été assassinée en décembre dernier. «C?est un propriétaire foncier, pas un politicien ! Il est incapable de gouverner», entend-t-on sur quasiment toutes les lèvres.
Aujourd?hui, alors que le pays traverse une crise économique des plus graves, Zardari pourra-t-il y faire face et ne pas se laisser tenter par la corruption ? «Une fois président, il aura tous les pouvoirs entre ses mains pour faire ce qu?il veut. Çà va y aller la corruption !», s?énerve Iqbal, un quadragénaire d?Islamabad, pourtant partisan du PPP. Un autre ajoute : «J?ai toujours soutenu le parti mais il y a une différence entre Benazir qui était une politicienne au fort charisme et son mari qui n?est qu?un sale type !»
Zardari déçoit ses partisans. D?abord parce qu?il n?a pas restauré les juges et son chef Ifthikar Chaudry comme il l?avait promis. Ensuite, parce qu?il va bénéficier d?un régime où tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains du président. «Ce sera une dictature bis avec un visage pseudo-démocratique», craignent une majorité de Pakistanais.
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