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Forces de la nature
Gustav, qui a fait au moins 80 morts dans les Caraïbes, a fait trembler les Etats-Unis et une bonne partie de l?Atlantique en ce début de semaine. Même si son bilan est moins sévère que Katrina, il importe qu?on prenne en considération l?émergence, depuis ces dernières années, de ces phénomènes climatologiques les uns plus violents que les autres, surtout pour les pays insulaires comme ceux de la région océan Indien.
Attardons-nous sur le cas de Haïti par exemple. L?île a été malmenée par une série ininterrompue de rafales en tous genres. Une semaine après l?ouragan dévastateur Gustav, et deux semaines après la tempête meurtrière Fay, Haïti a de nouvel été, pas plus tard que mardi, le témoin impuissant du passage, cette fois-ci, d?un cyclone, prénommé Hanna ? qui, lui, a fait plus de dix morts, des dizaines de disparus et a inondé le pays tout entier.
Une mission des Nations unies continue actuellement d?y apporter un appui logistique aux victimes, dénombrées à plus de 2 000 personnes. Selon des experts de l?ONU, qui ont analysé sur place les données des services météorologiques de ces régions dévastées par le cyclone, rappellent, comme pour chasser certaines idées recues, qu?un ouragan, un cyclone ou un typhon sont un seul et même phénomène climatique. L?appellation change en fonction du bassin, ici l?océan, dans lequel le phénomène en question se forme. Ainsi qu?on parle d?ouragan (dans l?Atlantique), de cyclone (dans l?océan Indien) ou de typhon (dans le Pacifique), il s?agit en fait de tempêtes au nom variant...
Dans notre région, les «cyclones se forment dans la zone de convergence intertropicale (?) une zone située au niveau des tropiques, et où se rencontrent des vents contraires : les alizées», explique, par ailleurs, le site de Météo France, qui suit l?évolution de Gustav avec beaucoup d?intérêt.
Selon les métérologues basés à La Réunion, il devient de plus en plus évident que si le nombre de cyclones n?augmente pas, en revanche on assiste à un renforcement de l?intensité des tempêtes, peu importe où elles se forment dans le monde. Cette conclusion ? il convient de le dire ? n?est toutefois pas partagée par tous ; certains estiment qu?on assiste aujourd?hui à une médiatisation des phénomènes climatologiques grâce à des équipements de plus en plus sophistiqués qui permettent d?enregistrer des rafales de plus en plus fortes?
Mais en attendant que les experts accordent leurs violons face au ciel, il convient de souligner que ce n?est pas tant la force du cyclone qui fait la destruction, mais plutôt la vulnérabilité de la zone touchée, comme en Haïti aujourd?hui, en Birmanie hier, ou à Madagascar récemment après le passage d?«Ivan le terrible» (qui en mars dernier avait fait plus de 80 morts, quelque 170 disparus mais aussi de plus de 187 000 sans-abri, sans parler des pertes colossales au niveau agricole).
Heureusement qu?il y a une prise de conscience régionale. Ainsi à La Réunion, on reconnaît qu?avant décembre 2004, le risque d?un Tsunami n?était pas du tout pris en compte. Les météorologues de l?océan Indien savaient sur papier ce qu?était ce phénomène «mais il n?était pas du tout identifié comme un risque potentiel pour notre île comme le sont par exemple les cyclones», reconnaît-on à la station Météo France du Chaudron (Réunion),
Aujourd?hui la sous-région est équipée d?un système d?alerte aux tsunamis dans l?océan Indien (SATOI) ? qui a été mis sur pied sous l?égide de la commission océanographique nationale (COI) de l?UNESCO. Et les dispositions techniques nécessaires sont prises afin de recevoir les messages des centres d?alerte au tsunami d?Hawaï et de Tokyo et de rediffuser ces informations aux États de la zone.
Le matériel ne suffit pas. S?organiser en réseau de partage d?informations, harmoniser les protocles météorologiques sécuriser les infrastructures portuaires, c?est ainsi qu?on pourrait mieux résister aux tempêtes qui se forment en permanence dans les océans. Pas besoin d?attendre la saison des cyclones puisque l?on sait ? et ça c?est une certitude ? qu?elle revient en permanence...
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