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«Je n?arrive pas à comprendre le mécontentement de certains clients»
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«Je n?arrive pas à comprendre le mécontentement de certains clients»
● <B> Des clients prétendent qu?il y a peu d?oreilles attentives à la Development Bank of Mauritius (DBM) pour les écouter, afin de les orienter convenablement vers les plans de crédit appropriés.</B>
Je n?arrive pas à comprendre que l?on prétende que le client ne reçoit pas l?attention convenable. Nous avons des collaborateurs, des spécialistes en matière d?octroi de crédit, entièrement au service des clients de la DBM, pour les guider, leur donner des conseils. Que ce soit au Government Windows pour les gens au bas de l?échelle, ou au département des petites et moyennes entreprises, nous sommes parfaitement organisés. La DBM est la première source de financement des petites et moyennes entreprises de la place. Le micro credit booster loan scheme n?a débuté qu?en décembre 2006. Déjà, de janvier 2007 à juillet 2008, nous avons financé 480 personnes au bas de l?échelle, pour un montant total de Rs 22 millions. Pour le quasi-equity (venture capital), nous avons commencé en octobre 2006. A juillet 2008, on a déjà financé 115 compagnies, pour un montant total de Rs 29 millions. Même pour les femmes en instance de divorce, pour lesquelles l?accord du mari ne peut être obtenu, nous prévoyons un plan de crédit sans garantie sur la base d?une reconnaissance de dette.
● <B> D?anciens débiteurs de la DBM prétendent que la banque leur réclame toujours des arriérés. Ces dettes, selon eux, devraient être annulées d?après les dispositions du dernier budget.</B>
D?après les dispositions auxquelles vous faites référence, il y a deux catégories de débiteurs. D?abord, la condition première est que le crédit doit avoir été octroyé avant 2003. Ensuite, le crédit doit avoir été en souffrance durant tout ce temps-là. Si ces deux conditions sont réunies, alors le débiteur peut bénéficier d?une amnistie. Là encore, deux cas de figure sont envisagés. Pour les personnes dont la dette vis-à-vis de la DBM n?excède pas Rs 50 000, elles bénéficieront d?une réduction de dette de moitié (50 %). Mais pour ceux qui ont emprunté entre Rs 50 000 et Rs 200 000, ils ne paieront que le capital emprunté, sans les intérêts. Nous avons identifié au total 7 237 cas. De ce nombre, 5 814 personnes ont déjà reçu leur lettre. Il existe aussi des cas où les personnes concernées ont changé d?adresse. A ce jour, 554 personnes ont déjà réglé leur solde. Leurs dettes ont alors été effacées.
● <B> Quels sont les produits que la DBM propose aux personnes, particulièrement les femmes, qui désirent créer une entreprise ?</B>
Nous avons plusieurs plans de financement pour ces personnes. Le micro credit booster loan scheme est adapté aux femmes, mais aussi à toutes les personnes désirant, pour la première fois, créer leur entreprise. On les appelle la première génération d?entrepreneurs (grass roots level). Ces personnes, en général, ne sont pas en mesure d?offrir une garantie tangible. Ce sont des gens au bas de l?échelle : une personne au chômage, une femme qui souhaite accroître le revenu de son ménage, etc. Grâce à ce crédit, ils pourront commencer une activité qui générera des revenus et leur permettra de rembourser leur dette sur une période de cinq ans. Le remboursement débute après une période d?une année (période moratoire). Le crédit varie entre Rs 50 000 et Rs 100 000 au taux de 9 % l?année. Cette somme financera à 100 % le coût total du projet.
Nous demandons aux femmes une simple reconnaissance de dette (promissory note) pour les responsabiliser. Pour les hommes, nous exigeons une charge flottante (general floating charge). Cependant, nous recommandons tous ceux qui empruntent à d?autres institutions de support à des fins d?encadrement. Ce sont, entre autres, l?Agricultural Research and Extension Unit, la Small Enterprises and Handicraft Development Authority (SEHDA), l?Industrial and Vocational Training Board, le National Women Entrepreneur Council, la Tourism Authority. Nous jouons auprès de ces personnes, trois différents rôles : nous sommes à la fois ami, conseiller et financier.
● <B> Qu?en est-il des personnes qui ont déjà leur entreprise et qui souhaitent obtenir un financement ? </B>
Ces entrepreneurs, dits de deuxième génération, ont plusieurs options. La DBM leur demande de créer une compagnie dans laquelle elle prend une participation. Elle achète au maximum 49 % des actions sous la forme de quasi-equity (au taux d?intérêt annuel allant de 9 % à 13 %, selon la période de remboursement), pour éviter d?être majoritaire. Le quasi-equity est la participation de la banque dans la compagnie. Là, nous nous retrouvons, avec le promoteur, dans une situation de joint venture capital, ce qui veut dire que la banque de développement devient partenaire du ou des promoteurs de cette entreprise. Dès lors, quand le promoteur a des difficultés financières, la banque peut lui prêter de l?argent sous forme d?un equity loan (prêt que la banque fait au promoteur afin que ce dernier puisse s?acheter des actions, c?est-à-dire investir dans l?entreprise). L?equity loan (taux d?intérêt annuel de 9 %) ne peut pas dépasser 26 % du capital de l?entreprise. Ce qui amène à 75 %, l?investissement maximal de la DBM dans cette compagnie. Le montant de l?investissement de la banque ne peut, cependant, pas excéder Rs 500 000.
Avec ce montant, le promoteur peut acquérir de nouveaux équipements, agrandir son entreprise, faire face aux besoins en fonds de roulement, acheter des matières premières, etc. Après remboursement du crédit, cinq ans plus tard, la DBM se retire de la compagnie.
<I>«De lourdes responsabilités pèsent sur mes épaules. Je dois être à la fois l?ami, le conseiller et le financier. Le travail à abattre est énorme.»</I>
● <B> Pour un entrepreneur qui demande juste du crédit pour s?acheter des matières premières, n?avez-vous aucun plan spécifique ? </B>
Pour les approvisionnements en matières premières, nous avons des plans de crédit à un taux normal. Par exemple, un small business loan scheme. Cela s?applique aux entrepreneurs dont le business a vraiment décollé, et qui ont besoin d?un financement pour s?acheter plus de matières premières. Mais pour ces entreprises, nous demandons une garantie. Jusqu?à Rs 100 000, l?entrepreneur doit chercher deux personnes qui vont se porter garantes. Une charge flottante (general floating charge) est demandée aux promoteurs qui sont propriétaires. Mais au-delà de Rs 100 000, ou dans le cas où le client a des dettes antérieures vis-à-vis de la DBM, alors la garantie demandée devient plus conséquente.
● <B> Qu?allez-vous faire pour qu?une réponse plus rapide soit donnée aux demandeurs de crédit ? </B>
La procédure n?est pas lente, croyez-moi. Comparez-nous à une banque commerciale. Cette dernière prend en considération le déroulement de votre compte, si vous y avez mis suffisamment d?argent, sans parler de la garantie qu?elle va vous demander. Mais nous, nous avons le devoir d?encourager l?entrepreneuriat. Je dois voir si le demandeur de crédit a un projet. Ensuite, m?assurer que l?argent sera utilisé à bon escient. Si le projet est viable et s?il permettra au promoteur de faire face à ses engagements.
De lourdes responsabilités pèsent sur mes épaules. Je dois être l?ami, le conseiller et le financier. Pour certains de nos clients, vous rendez-vous compte, c?est la première fois qu?ils mettent les pieds dans une banque. On doit les aider à monter leur projet. La plupart viennent nous voir avec des idées vagues. Pour aider une femme analphabète par exemple à créer une compagnie, croyez-vous que c?est facile ? Nous devons aller chercher nous-mêmes un notaire, orienter les clients vers la SEHDA pour une étude de faisabilité. On doit tout faire pour ces personnes-là. Le travail à abattre est énorme. Et pour bien le faire, c?est normal que nous prenions tout le temps nécessaire.
<I>Propos recueillis par</I> <B> Nico PANOU</B>
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