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Recherche villas désespérément

30 août 2008, 20:00

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C?est la ruée vers l?Ouest. De Tamarin jusqu?au Morne, les villas pieds dans l?eau ou avec vue sur la montagne se louent à prix d?or. Si bien que certaines agences immobilières, en « rupture de stock » et soumises à une demande de plus en plus importante de la part d?investisseurs étrangers et d?expatriés, se voient contraintes de rechercher de nouvelles habitations pour être louées à long terme.

Tous les moyens sont bons. « We want your house », disait une petite annonce d?une agence immobilière parue il y a deux semaines dans l?express. Une autre faisait état de « gros clients mauriciens établis en Europe recherchant des biens (terrains ou villas pieds dans l?eau) à Tamarin et à Rivière-Noire ». Comme la demande est grande et le nombre de logements restreint, voire insuffisant, les prix y sont exagérés. Celui des villas type, comprenant deux ou trois chambres à coucher, deux salles de bains, un garage, une piscine, un jardin paysager, en bord de mer ou avec vue sur la montagne, atteint les Rs 60 000 par mois. Une hausse de 200 %, si l?on considère que six ans de cela, le loyer tournait autour de Rs 20 000. Certaines résidences de luxe peuvent même être louées à partir de Rs 100 000?

Pour quelles raisons ? Premièrement la demande est plus grande que l?offre. Et l?engouement pour la côte ouest ne semble pas faiblir malgré les prix pratiqués. « Cette région s?est beaucoup développée avec des supermarchés, des centres sportifs, des écoles françaises et bientôt une école anglaise, sans oublier le climat agréable même s?il fait très chaud pendant deux ou trois mois de l?année », explique une employée de l?agence immobilière Pam Golding. Elle note une « immigration massive » d?étrangers en provenance d?Afrique du Sud et de l?Australie, embauchés par des entreprises nouvellement implantées. D?autres viennent pour investir.

Grand-Baie et le Nord étant des régions saturées, l?Ouest demeure le havre idéal pour les expatriés qui souhaitent joindre l?utile à l?agréable. « Il est important d?offrir aux salariés le même cadre de vie qu?ils auraient eu ailleurs. Et puisqu?ils viennent travailler à l?île Maurice, autant leur en faire profiter, en leur louant une résidence en bord de mer », affirme un chef d?entreprise français établi à Maurice depuis six ans.

La fièvre d?achat fait grimper les prix

Le budget loyer accordé à un célibataire se situe dans la fourchette de 500 à 700 euros (Rs 21 000 à Rs 29 400), mais peut atteindre les 1 000 euros (Rs 42 000) pour une famille. Ce chef d?entreprise français souligne toutefois l?importance d?offrir des infrastructures adéquates comme des écoles pour encourager les investisseurs étrangers qui viennent s?installer à Maurice avec leur famille.

Raveen Rujkoomar, Sales Executive chez Davyland Promoters, note que la fièvre d?achat des biens immobiliers a aussi contribué à la hausse des prix.

« Les Mauriciens, ayant travaillé pendant deux à trois ans à l?étranger, économisent pour investir dans la pierre. Ainsi, nous avons réalisé plusieurs projets d?appartements et de résidences dans cette région qui se sont vendus comme des petits pains. »

Il cite comme exemple les logements et appartements mis en vente ces dernières années aux Résidences La Preneuse, La Plantation Marguery, West Rock, Le Jardin du Cap, et Le Diamant Bleu.

Le marché de l?immobilier est si dynamique qu?il existe aujourd?hui des personnes ou des groupes qui achètent des appartements pour des raisons spéculatives. « Nous voyons beaucoup de couples et de parents qui achètent pour leurs enfants. Et en attendant qu?ils y habitent, ils les louent à des tiers », poursuit Raveen Rujkoomar.

La compagnie se targue d?avoir une banque de données identifiant les endroits les plus prisés par les Mauriciens établis à l?étranger. « Cela nous permet de projeter l?avenir et d?offrir les types de résidences souhaitées. » Pour faire stabiliser les prix il faut construire, disent les agences immobilières. Mais le prix de la terre, elle, ne cessera de grimper. On est sur une île, après tout.

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