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Loin des querelles de pacotille
<B> Surendra Bissoondoyal, ancien directeur du «Mauritius Examinations Syndicate» </B>
«Il est un fait que l?éducation à Maurice demeure trop académique. Nous avons aujourd?hui besoin de gens qui peuvent mettre la main à la pâte. En contre-partie, nous nous retrouvons avec davantage de gens qui veulent faire partie de l?élite économique théorique. Il s?agit désormais de leur faire comprendre, y compris aux politiques, que le retour au ?ranking? déguisé est préjudiciable. On fait du tort à l?enfant évidemment, mais aussi à l?économie et au social. Je souhaite qu?on revienne à la base, qu?on abolisse le ?ranking? et que, dans le moyen terme, on mette davantage l?accent sur la formation. A Singapour, après le ?O? level, à l?âge de 16 ans, 60 % des jeunes sont dirigés vers le polytechnique. Il faudra ?uvrer en ce sens. J?attire aussi l?attention sur le fait que, lorsqu?on a introduit le principe de la gratuité du système scolaire, on a oublié de prendre en compte le préscolaire. Or, celui-ci aurait dû être prioritaire. L?échec au primaire est la conséquence d?une mauvaise planification du préscolaire.»
<B> Sada Reddi, président de l?Université de Technologie</B>
«Il faut continuer à former les gens pour le monde du travail. Mais il faut aussi mettre l?accent sur une plus grande culture générale. Donc, ?uvrer en faveur d?un système intégré qui permettra à l?adulte de demain d?être équilibré. C?est un fait que les impératifs du monde du travail commandent une certaine approche. Je fais un plaidoyer cependant en faveur d?une éducation où la culture avec un grand C, aurait sa place. On parle beaucoup aujourd?hui de technologies, des sciences, des matières techniques, mais on a tendance à occulter la culture, soit les arts, la musique, l?histoire? Il faut un rééquilibrage à tous les niveaux, que ce soit au primaire, au secondaire ou au tertiaire.»
<B> Gilberte Cheung, directrice du Bureau de l?Education Catholique </B>
«Le principal enjeu consiste à éviter le gaspillage au niveau des ressources humaines lorsqu?on prend en compte les résultats du Certificate of Primary Education, du School Certificate (SC) et du Higher School Certificate (HSC). Il faut savoir que, de la première cuvée qui arrive en Standard 1, seulement 50 % réussissent au SC et 25% au HSC. C?est une perte terrible. C?est significatif d?un système élitiste. Un véritable fléau qu?il faut combattre. Et cela passe par le rehaussement de tout le système éducatif. La formation professionnelle et éthique des enseignants est un autre enjeu majeur. Une éducation, prônant les valeurs est essentielle, car c?est ce qui permet aux enseignants de remplir leurs fonctions de ?role models?. Je souhaite aussi que l?on jette un coup d??il particulier sur toute la filière professionnelle et technique. On ne peut pas avoir, d?un côté, un système gratuit à travers l?IVTB et de l?autre, un système payant pour les centres privés. Il faudrait penser à une institution, comme l?IVTB, qui serait responsable de reconnaître les institutions qui dispensent une formation de qualité et qui mériteraient de bénéficier de subventions de l?Etat.»
<B> Lysie Ribot, enseignante et membre du syndicat des collèges confessionnels </B>
«Il est primordial de viser le développement intégral de la personne. Par conséquent, il est impératif de rétablir l?équilibre entre l?académique, l?extra-scolaire et l?éducation civique. Le moindre déséquilibre peut être à la base des problèmes de société. Déjà, le système actuel met trop l?accent sur le côté académique. Mes propos peuvent vous étonner, mais je suis d?avis que c?est ce qui crée la violence et le manque de respect qu?on reproche aux jeunes. Je souhaiterais que l?on accorde plus d?importance à l?enseignement des valeurs humaines.»
<B> Vijaya Teelock, historienne </B>
«Nous devons aujourd?hui faire face à la globalisation, et cela au détriment des pays en développement. D?où l?importance de mettre l?accent sur une éducation qui prépare véritablement nos jeunes à être moins insulaires et à affronter un monde impitoyable, un monde où le réflexe militariste est croissant. Or, je constate que le niveau de l?éducation est relativement peu élevé en ce moment. Il s?agit donc de rehausser le niveau et de ne plus céder au bachotage. Ce qui a fait recette jadis pourrait ne plus être efficace dans le monde contemporain.»
<B> Kadress Pillay, ancien ministre de l?Education</B>
«J?utiliserai d?emblée un terme qui peut paraître compliqué : le ?mainstreaming?. Soit, soumettre les enfants de ce pays à un tamisage, afin de réaliser des fantasmes élitistes, entre autres. C?est aujourd?hui devenu un facteur d?exclusion. C?est dangereux pour la société et cela crée une classe de laissés-pour-compte. La réforme de l?éducation nationale passe obligatoirement à présent par un combat contre l?exclusion. Autrement, on s?achemine vers une société à plusieurs vitesses. L?important, c?est de démocratiser le système en garantissant l?accès à l?éducation, tant au plan quantitatif que qualitatif. C?est bien qu?on ait construit des collèges mais la qualité de l?enseignement dans certains établissements laisse encore à désirer. Pour moi, le défi passe par un rehaussement de cette qualité et une élimination graduelle de l?élément de sélection.»
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