Publicité

Shine a light

29 août 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

«Ladies & gentlemen ?the Rolling Stones !!» Il y a dans la voix de l?ex-président Bill Clinton une vraie jubilation lorsqu?il introduit le groupe mythique. Filmant l?événement, Martin Scorcese, un de leurs plus grand fan depuis le tout début.

«Je passais mon temps à les écouter, puis à imaginer des scènes de films», déclare-t-il dans un entretien au London Observer. «Pas seulement des plans avec des visages ou des séquences avec des voitures, mais des incidents de ma propre vie que j?essayais d?interpréter à travers mes films. Et, il semble bien que ces chansons m?ont inspiré, me donnant le moyen de transformer toutes ces histoires en films. Ma dette envers eux est donc incalculable. Ce film existe dans ma tête depuis 40 ans. Seulement, ce n?est qu?à présent que j?arrive enfin à le tourner.»

On peut voir une complémentarité entre les deux. D?un côté, un grand maître du spectacle grandiloquent et de l?autre, les Rolling Stones, dont la musique n?est essentiellement que spectacle. La rencontre entre ces sémillants sexagénaires a lieu lors de deux concerts au Beacon Theatre de New York. Le cinéaste a dispersé 16 caméras avec 40 des meilleurs cadreurs d?Hollywood, dans la salle comme sur la scène, avec une grue pour plonger au milieu de l?arène. C?est dire qu?il s?est donné les moyens pour ne rien rater de ce concert. Les dix premières minutes de Shine a Light ont des allures d?un «making of?».

Scorcese se met en scène, tentant de s?accorder avec Mick Jagger et comparses sur l?ordre des chansons qui seront jouées. Le réalisateur est un maniaque du contrôle au millimètre. Tout est réglé d?avance alors que les Stones, eux, ont l?habitude de faire leur liste au dernier moment. Long tiraillement entre les deux parties, au bout duquel Scorcese se voit obligé d?improviser. On ne s?ennuie à aucun moment, partagé entre l?intérêt devant les problèmes techniques à surmonter (placement des caméras, projecteurs à utiliser au bon moment) et l?envie de pouffer de rire devant des moments d?humour déjanté (Scorcese qui en parlant des projecteurs, dit «On ne peut quand même pas brûler Mick Jagger, c?est des choses qui ne se font pas?»), ou bien chargés d?ironie comme la séquence avec la famille Clinton, lorsque Keith Richards fait gentiment la bise à la maman d?Hillary.

Les presque deux heures restantes de Shine a Light forment probablement le documentaire le plus intimiste jamais réalisé sur un concert (ou plutôt un spectacle) de rock. Les caméras de Scorcese donnent une impression de «comme si vous y étiez», mais cette fois, au c?ur même du spectacle, partageant la scène avec les Rolling Stones. Les gesticulations rythmées de Mick Jagger occupent l?avant-scène, mais le cinéaste s?attarde aussi sur Keith Richards et Ron Wood, nous faisant partager leur vrai bonheur de faire ensemble un tapage bien sympathique. Il y a aussi les numéros avec les invités, surtout celui avec Buddy Guy. Et en ces temps d?hystérie anti-tabac, il est réconfortant de voir Keith Richards jouer de sa cigarette sous la lueur des projecteurs. Le documentaire est étonnant de virtuosité dans sa réalisation et c?est sans doute pour ne pas trop se mettre lui-même en avant que Scorcese l?entrecoupe d?intéressants documents d?archives dans lesquels on voit les Stones encore jeunes.

On retiendra de ce spectacle une vitalité attribuable sans doute à la spontanéité, l?envie de tout donner et une co-ordination née de plusieurs décennies de complicité. Autrement, comment expliquer une telle énergie chez ces sexagénaires qui toute leur vie durant, auront abusé de l?alcool et des drogues ?

<B>G.N</B>

Publicité