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Appel à un réveil dans l?industrie du textile
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Appel à un réveil dans l?industrie du textile
«Le textile mauricien a-t-il un avenir ?» Thème d?un forum organisé par la JCI de Port-Louis, mercredi. Et la réponse à cette question est «Oui». A condition que les stakeholders aient la volonté et agissent en conséquence pour la survie du secteur. Lors de ce 67e Business Forum, Harold Mayer, directeur général de Ciel Textile, fait ressortir que «le secteur textile mauricien demeure dans une situation d?extrême vulnérabilité».
Les grosses entreprises représentées par Harold Mayer ainsi que les petites et moyennes entreprises (PME) représentées par Sylvain Boyer, directeur général de First Confection Company Ltd (FCC) et les travailleurs portés par Yusuf Sooklall, président de Free Democratic Unions Federation, sont tous optimistes pour l?industrie du textile. Harold Mayer estime qu?environ 10 % du nombre des entreprises seraient encore très profitables, 30 % verraient leurs profits tourner entre 0 % et 10 % et celles qui sont en situation de perte seraient d?environ 60 %. La disparition de certaines entreprises de l?environnement industriel du textile mauricien ne serait pas sans effet sur les entreprises rentables. Car, par manque de certains produits sur le marché, le client peut décider de faire appel à des fournisseurs étrangers. «Ce secteur mérite donc une attention particulière de la part du gouvernement pour maintenir le plus d?entreprises dans le secteur», a-t-il précisé.
L?île Maurice se situe parmi les 20 % des pays les plus chers du secteur textile, mondialement. Le produit textile d?exportation le plus compétitif de Maurice est le t-shirt. Il représente la plus grande part de nos exportations d?habillement, environ 60 %.
«Les difficultés du secteur textile mauricien peuvent être vues comme une perfect storm», informe Harold Mayer. Cette situation conjoncturelle qui durera 18 mois, 24 mois ou plus encore, n?aura sa solution qu?avec la valeur de la roupie, a-t-il rappelé. Après l?orage, les pays comme la Chine et l?Inde, avec leur niveau de croissance, connaîtront inévitablement des augmentations de coûts et l?appréciation de leurs monnaies respectives.
«L?avenir les PME»</B>
Le marché de prédilection du textile mauricien demeure l?Europe et les Etats-Unis, malgré les difficultés que vivent actuellement ces deux régions du monde. Le marché sud-africain, plus grand marché de la SADC, demeure petit pour le textile mauricien. Néanmoins, de nombreuses PME s?activent à développer des marchés niches dans ce pays d?Afrique où la qualité a encore sa valeur malgré l?envahissement des produits chinois. «L?avenir du textile mauricien repose entre les mains des PME, pour des raisons de la qualité de service, de l?expérience du personnel et de prix compétitif et proche de la moyenne mondiale», déclare Sylvain Boyer.
Pour Harold Mayer, «la clé des clés du textile mauricien se situe dans la production de la matière première». Les grosses entreprises sont les seules à produire la matière première à Maurice. Cette matière première produite sur place, permet aux petites entreprises d?avoir accès à la matière première à un prix compétitif.
Le secteur textile mauricien est dominé par dix grosses entreprises sur un total de 209 recensées en mars dernier. Ces entreprises emploient environ 35 000 personnes et les 199 autres se partagent environ 15 000 personnes. Yusuf Sooklall, lui, a relevé la faiblesse commerciale des entreprises mauriciennes, le manque d?investissement dans la formation du personnel, la prédominance du family management et l?insuffisance de l?accès au financement pour les petites et moyennes entreprises. Il a surtout plaidé pour la formation du personnel, pour lui permettre d?être beaucoup plus efficient et éviter de licencier les gens avant de les former.
D?après les chiffres du Bureau central des statistiques, le secteur textile mauricien a enregistré une croissance de 2,9 % et 8,5 % respectivement en 2006 et 2007. Une croissance de 4,6 % est attendue en 2008. Ces données macroéconomiques sont loin de mettre au grand jour les réalités quotidiennes des entreprises du secteur textile à Maurice.
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