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Une misère sans nom
«Si mo mort couma pou vine guette moi la dans pena place même pas pou enn chaise», se lamente Lydie Coulon, sous le regard de Graze, son arrière- petite-fille âgée de 2 ans. A 75 ans, cette habitante de Saint-Hilaire vit toujours dans une bicoque d?une pièce en tôle et, avec elle, deux autres arrière- petits-enfants qui viennent chaque soir se blottir contre elle dans son lit pour retrouver la chaleur et l?affection dont ils ont besoin depuis que leurs parents se sont séparés.
L?express sud a déjà fait état en mars du dénuement dans lequel vit cette vieille. Rien n?a changé depuis sauf que les factures d?électricité non payées se sont accumulées chaque mois.
«Mo même bisin faire tout avec sa ti pension qui mo gagné», dit-elle avant de confier qu?elle n?abandonnera pour rien au monde ses trois petits-enfants pour qu?ils aillent vivre chez des proches qui lui ont déjà fait cette proposition.
Visiblement épuisée et comme écrasée sous le poids de la misère, Lydie ne prend pas de gants lorsqu?elle parle des animateurs du Trust Fund For The Integration of Vulnerable Groups (TFIVG) qui lui avaient promis les matériaux nécessaires pour construire une maison décente. La promesse n?a été tenue qu?à moitié seulement. La septuagénaire n?aurait eu que quelques feuilles de tôle et de rondins. « Mo croire zot finn embête moi. Pas finn gagne quantité qui bisin. Couma mo pas conne ni lire ni écrire zot finn faire moi signe enn papier», avant de faire le récit des humiliations qu?elle a subies, de son sentiment de révolte, de son découragement et de sa déception.
Aidée par des volontaires, la vieille dame n?avait d?autre choix que de construire sa demeure avec le peu de matériaux qui lui ont été remis.
La septuagénaire qui aurait pu normalement avoir une vie paisible bien que modeste après des années de dur labeur n?est malheureusement pas gâtée par la vie. Son monde a basculé lorsqu?elle a perdu successivement ses trois enfants, deux garçons et une fille, âgés de 35 et 45ans. Son premier fils est mort des suites d?une agression, le deuxième après une consommation excessive d?alcool et la fille s?est suicidée.
Un pénible va-et-vient
En ce qui concerne sa santé, encore une fois, Lydie n?est pas au bout de ses peines. Elle doit régulièrement faire le va-et vient entre Saint-Hilaire et l?hôpital de Rose-Belle pour se rendre à ses rendez-vous pour soigner ses fréquentes douleurs aux genoux. Comme cela a été le cas jeudi dernier «Docteur finn bien prend soin ek moi sa fois là», fait-elle observer.
Les volontaires qui sont engagés dans des activités sociales dénoncent vigoureusement eux aussi l?indifférence des autorités et l?attitude des élus de cette circonscription face à la misère sans nom qui frappe certaines familles dans ce village. «Il faut absolument des organisations plus efficientes pour les prendre en charge et suivre de près l?évolution de la situation. Autrement, nous risquons de perpétuer la misère», commente un travailleur social.
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