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Firoz Ghanty, nu intégral
Il enlève le tout. Ne garde pas un fil devant l?appareil photo. Pour montrer son corps sans ornements, sans flou artistique, sans ombre placé au «bon» endroit. Rien de tout cela avec Firoz Ghanty. Jusqu?au-boutiste, il marche nu dans le froid de la création.
«Mon corps/Moi mis à nu.» C?est là le projet-expo qu?il propose à domicile, à Beau- Bassin. C?est fou comme le corps d?un homme nu peut déclencher de réactions. Le corps, qui n?a rien d?étranger, puisque nous en avons tous un. Il y a ceux qui à la vue de la nudité sont pris d?hilarité. Ceux qui détournent les yeux. Ceux qui écarquillent leurs orbites, s?en mettant plein la vue.
La première réaction passée, vient le pourquoi ? Pourquoi une telle provocation ? Fausse piste. De derrière sa barbe fournie, Firoz Ghanty assure que c?est avoir tout faux que de croire que sa mise à nu est une sollicitation, une excitation. Une provocation. «Quand je suis dans mon ?uvre, je ne pense à personne. Je ne pense qu?à moi».
Nombrilisme, narcissisme. Colère toujours latente face au «foutu pays». Drapé dans sa sulfureuse réputation, Firoz Ghanty est au-delà des « simples » étiquettes. Il explique comment il a «très mal vécu ce processus» ce dépouillement. Cet enlèvement de l?écorce de pudeur pour descendre dans l?abysse, une réflexion entamée depuis 2004. Car pour lui, «l?art n?est pas la facilité. C?est un travail où l?on est personnellement impliqué».
Sur un plan plus structurel, c?est dans un long texte que le plasticien explique sa démarche. Celle de ne rien nous cacher du comment la Nature l?a fait. Une construction dont il a tapissé une colonne, qu?il a décliné à travers des postures symboliques de l?homme nu. Notamment celle du f?tus, de l?Homme de Vitruve de Léonard de Vinci, de Le Pendu, carte du tarot de Marseille, ou encore le Crucifié.
Voici quelques extraits de ce qu?il écrit dans un texte explicatif ou carrément sur l??uvre, faisant partie de l??uvre, suivant son habitude de superposition d?impressions et d?imprimés.
«L?idée de travailler sur mon corps est née d?un ras-le-bol face à certains des codes de comportements de la société mauricienne. Elle se voulait un coup de gueule, un coup de colère. L?intention première était d?exprimer cela par une grosse boutade. utiliser le mode d?une réaction primaire, un peu comme le babouin en colère qui montre son cul et pousse un cri de guerre. Evidemment, le primaire que je suis est très vite passé au second, puis au troisième degré?»
«ÖJe ne suis ni pervers ni Prévert. Ni pornocrate ni exhibitionniste. Je ne suis peut-être pas la thérapie de ce pays mais je suis définitivement le vaccin contre le virus de l?hypocrisie.»
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