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Ado-Jazzeur

18 août 2008, 00:00

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Vivre de sa musique. Dean Addison en a maintenant l?espoir. Pourtant dans son île, on est fou quand on est musicien. Ce n?est pas parce que le jeune saxophoniste alto n?a pas encore émergé de l?adolescence qu?il s?est laissé bercer d?illusions. «Les sous-traitants prennent beaucoup d?argent avec les hôtels, mais nous, ils ne nous donnent pas grand-chose. Je sais très bien qu?actuellement, je ne peux pas faire que cela comme métier.»

Actuellement non. Mais la donne vient de changer, le laissant imaginer des lendemains meilleurs. Pendant deux ans, il pourra apprendre à maîtriser le saxophone. Cela, au Conservatoire national de musique à Paris où il s?est envolé depuis vendredi dernier. « Cela me permettra d?avoir un bon bagage. Et je pourrais toucher un salaire décent à mon retour.»

L?opportunité parisienne lui est venue grâce à l?entremise de Cyril Michel, propriétaire, gérant et jazzman de l?hôtel Le Tamarin, un hôtel parmi la vingtaine où il joue. Cyril Michel passe le mot à Fred Constant, conseiller de coopération et d?action culturelle à l?ambassade de France. Dès lors, ce dernier pousse Dean à entrer au Conservatoire national de musique de la région de Paris. Une façon pour ce saxophoniste alto «remarquable», de «passer aux étapes supérieures». confiait Fred Constant dans un récent interview à l?express.

Dean rentre par hasard à l?atelier Mo?Zar à l?âge de «cinq, six ans». Son père qui est cousin de José Thérèse l?y avait emmené. Le jeune garçon aime cela. Il y joue de la flûte traversière. Mais, presque tous ses amis y font du saxophone. Il veut aussi s?y mettre parce qu?avec la flûte, «pa ti pe tro tann mwa». Ce qu?il fait vers l?âge de 14 ans. Depuis, il ne quitte plus son instrument de musique, sauf quand «bannla dan lacaz dir mwa mo tro fer tapaz.»

En plus, il n?est pas le seul musicien dans son quartier de Riche-Terre. «Kan Dean poze ek so saxo, voisin pran avec piano.» raconte Nadège, la mère de Dean.

<I>«Ce n?est pas compliqué d?imiter. Rien est impossible. Mais, je n?aime pas le faire. Je préfère créer.»</I>

Son idole : Charlie Parker. Surtout son K.C Blues. Mais Dean préfère trouver son propre style plutôt que de copier. «Ce n?est pas compliqué d?imiter. Rien est impossible. Mais, je n?aime pas le faire. Je préfère créer.» Créer quoi ? Rien pour le moment. Le jeune homme n?a pas encore de composition personnelle. «Cela ne saurait tarder. Je suis bien obligé, à cause des examens.» Qui l?attendent dès son entrée en France.

Difficile le saxophone ? «Théoriquement, il y a un travail en plus à faire. Car, il n?y a que des notes dessus, on ne peut pas l?accorder. Mais avec un peu de volonté, tout le monde peut y arriver.»

De temps à autre, Dean se permet d?oublier un peu les gammes pour utiliser ses doigts musclés pour d?autres objectifs. Tel le kase ranze. Une manie qui lui a pris tôt. «Peu importe la valeur d?un objet, Dean va le démonter pour le remonter ensuite», raconte sa tante Christelle.

C?est pour cela que le garçon a voulu devenir technicien. Il y a même suivi des cours. «Sauf son saxophone, ça il le garde précieusement, personne n?a le droit d?y toucher. C?est son bijou.»

Quand on est musicien, on d?une vie en harmonie. Pareil pour Dean. «Avoir une vie confortable, c?est ce que je veux. Et surtout, devenir un bon musicien.»

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