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Les dangers qui guettent
C?est un phénomène qui prend de plus en plus d?ampleur : celui des adolescentes qui se retrouvent enceintes faute d?avoir pris des précautions ou simplement parce qu?elles ne savaient pas qu?elles s?exposaient au risque de tomber enceinte en ayant des rapports sexuels non protégés. Elles sont de plus en plus jeunes à être confrontées à ce problème, certaines à la suite de leur tout premier rapport. Mais outre le premier choc du début de la grossesse, elles s?exposent ? elles-mêmes et le bébé qu?elles portent ? à des dangers qu?elles ne soupçonnent pas encore. L?un des plus importants, c?est d?avoir un bébé mort-né.
Les risques de se retrouver face à un tel drame existe pour chaque femme, certes. Cela, explique le gynécologue Farhad Aumeer, en raison de complications comme l?albumine, l?hypertension, le diabète (avant et pendant la grossesse), l?épaississement du sang vers la fin de la grossesse ou, dans le jargon médical «anti-phospholipid syndrome», ou encore le cord accident post-maturité, c?est-à-dire après 41 semaines et six jours de grossesse.
Mais les bébés mort-nés sont à déplorer moins fréquemment chez les femmes qui entament une grossesse à un âge moyen que chez les jeunes adolescentes. «L?âge le plus commun pour le début d?une grossesse se situe dans une fourchette de 18 à 35 ans. Mais il peut aussi y avoir grossesse de 13 à 18 ans ou de 35 à 45 ans. Mais les risques sont plus grands pour ces deux extrêmes, dont une incidence assez élevée de bébés mort-nés», explique le Dr Aumeer.
Selon ce dernier, les statistiques ont, en effet prouvé que chez les très jeunes filles, le nombre de bébés morts-nés est assez élevé. «Chez ces patientes, on se retrouve souvent face à des problèmes comme l?hypertension pendant la grossesse. Dans bien des cas, elles accouchent avant le terme et ont donc des bébés prématurés qui ne survivent pas», poursuit le gynécologue.
Car une chose est sûre, fait ressortir le médecin, «la fille qui tombe enceinte à 13 ans a une physiologie qui n?est pas encore mûre et son corps n?est pas encore prêt à accueillir, à y laisser grandir et évoluer pendant neuf mois, un autre être vivant». Elles peuvent aussi, pendant ce laps de temps, être confrontées à des problèmes de santé tels l?anémie, la néphropathie (maladie du rein), l?éclampsie (une crise convulsive souvent suivie de coma frappant les femmes enceintes) et les troubles dépressifs. Sans compter la possibilité d?avoir contracté une maladie sexuellement transmissible pendant les rapports sexuels sans protection.
«(?) La fille qui tombe enceinte à 13 ans a une physiologie qui n?est pas encore mûre et son corps n?est pas encore prêt à accueillir un autre être vivant.»
Les bébés mis au monde par des adolescentes courent aussi des risques de problèmes de santé graves. Ils sont notamment susceptibles d?avoir un faible poids à la naissance et d?avoir des complications liées à cela. Certaines de ces très jeunes mamans vont être plus chanceuses et arriver à mener à terme une grossesse et à mettre au monde un bébé en bonne santé. Mais là encore, un autre problème se pose : celui de l?allaitement. Non que ces jeunes filles n?ont pas de lait, car selon le Dr Farhad Aumeer, en règle générale, «si l?accouchement se passe bien, les hormones vont travailler de manière à ce que le corps soit prêt pour l?allaitement, quel que soit l?âge de la maman». Mais elles n?ont simplement pas envie d?allaiter.
«Les jeunes mamans n?aiment pas allaiter et les bébés vont donc être nourris au biberon très tôt.» Ce qui est dommage alors, c?est que le nourrisson n?aura pas ce que seul le lait maternel aurait pu lui apporter. Le lait maternel comporte, en effet de nombreux avantages, dont des nutriments qui vont protéger le bébé contre les infections et diminuer les risques d?allergies.
Pour les jeunes filles qui se laissent convaincre d?allaiter au moins quelque temps par leurs parents, il s?agit, en outre, d?apprendre à allaiter. Savoir, par exemple, qu?il faut éviter à tout prix le tabac car fumer pourrait diminuer la production de lait. L?alcool est aussi à proscrire car il passe dans le lait, tout comme la caféine, et peut affecter l?enfant.
Mais le fait est que, dans bien des cas, après la grossesse et l?accouchement qui n?ont été qu?épreuves pour elles et ne leur ont apporté que des regards désapprobateurs, des moqueries et des privations, certaines adolescentes éprouveront un certain sentiment de rejet vis-à-vis du bébé alors que la maternité devrait, au contraire, être une expérience enrichissante et pleinement appréciée. Ainsi, l?étape de l?allaitement au sein est souvent zappée, ce qui empêche, dans la foulée, le lien spécial («bonding») qui se crée dans ces moments-là entre la maman et son enfant.
Une grossesse non désirée, à un âge où on sort soi-même tout juste de l?enfance est, on ne le répètera jamais assez, à déconseiller à tout prix. Afin de vivre pleinement cette étape cruciale, il n?y a rien de tel que d?avoir le choix du moment durant lequel il faut l?entamer. Un choix qui vous bénéficiera à vous comme à votre bébé. En attendant, sachez prendre les bonnes décisions ou demandez qu?on vous aide à les prendre...
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