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Pakistan : la coalition au pouvoir veut destituer Musharraf

8 août 2008, 00:00

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Les partis de la coalition au pouvoir au Pakistan se sont mis d?accord sur le principe d?une procédure de destitution («impeachment») qui serait lancée dès la semaine prochaine contre le président Pervez Musharraf.

«Nous sommes d?accord sur le principe de lancer une telle procédure,» a dit hier à Reuters un responsable de la coalition qui a requis l?anonymat. «Nous avons propposé que l?Assemblée nationale soit convoquée le 11 août», a-t-il ajouté.

L?annonce officielle en sera faite dans la soirée lors d?une conférence de presse, a-t-il ajouté. En raison de la situation, Musharraf a annulé la visite qu?il devait effectuer cette semaine en Chine pour assister à l?ouverture des Jeux olympiques et rencontrer des dirigeants chinois.

Asif Ali Zardari, chef de file de l?alliance au pouvoir depuis quatre mois à Islamabad, a rencontré mercredi et jeudi son principal partenaire de la coalition gouvernementale, l?ancien Premier ministre Nawaz Sharif, pour discuter de cette procédure de destitution du chef de l?Etat.

Cette initiative risque de plonger le Pakistan dans une nouvelle période d?instabilité politique, à moins que Musharraf décide de ne pas s?opposer à son retrait de la vie politique.

Selon un sondage de l?International Republican Institute publié à la mi-juillet, les Pakistanais sont à 83 % favorables au départ du président, arrivé au pouvoir par un coup d?Etat en 1999.

Appui de Washington

Musharraf se présente comme le champion de la lutte contre l?extrémisme religieux et le garant de la cohésion nécessaire pour éviter la faillite économique du pays. Si le Parlement lui est largement hostile, le président, au pouvoir depuis le coup d?Etat de 1999, conserve l?appui précieux de Washington et se targue encore d?avoir celui de l?armée, dont il a rendu l?uniforme en novembre.

Emmenée par Asif Ali Zardari, veuf de Benazir Bhutto assassinée en décembre, le Parti du peuple pakistanais (PPP) est arrivé en tête des élections de février. Il s?est associé à trois autres composantes de l?opposition, dont l?aile de la Ligue musulmane fidèle à Nawaz Sharif.

Sharif veut voir le président destitué pour avoir proclamé l?Etat d?urgence en novembre et traduit en justice pour son rôle dans le conflit frontalier qui a opposé les armées indienne et pakistanaise, en 1999. Zardari a promis, quant à lui, que la présidence sera prochainement aux mains du PPP.

L?éventualité du départ du président est source d?intenses spéculations et l?incertitude exacerbe les craintes des investisseurs, qui doutent des capacités des pouvoirs publics à juguler une inflation de plus de 20 % par an.

Zeeshan HAIDER

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