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DVD piratés : Un «business» florissant
Ils ont pignon sur rue, pourtant leur illégalité est flagrante. Ce sont les vendeurs de DVD piratés. On y trouve de tout, dans ces magasins et ces échoppes. Films occidentaux, orientaux, concerts en DVD ou encore compilation de clips, aussi les films érotiques et pornographiques. Tout à la portée de tous, y compris des plus jeunes.
Certes, la police effectue des arrestations de même que des saisies. La question se pose toutefois : comment des DVD de films piratés peuvent-ils être vendus à côté des Casernes centrales, à Port-Louis ? Ou encore à proximité de la gare Victoria ou dans le Jardin de la Compagnie. Est-ce si difficile de prouver la provenance illicite de ces disques ?
De simples calculs peuvent démontrer la viabilité de ce «business» florissant du DVD piraté. Si un DVD vierge coûte Rs 8, un boîtier au même prix, et une page imprimée, en guise de couverture à Rs 3, la production d?un DVD revient à Rs 19. Ce même DVD est ensuite vendu à Rs 50. Si un millier de ces copies sont vendues par week-end, sur une année cela revient à Rs 2 650 000. Il n?existe pas de chiffre officiel sur ces ventes, mais il est fort probable que cette somme ne soit qu?un pourcentage infime des recettes réelles de cette «industrie».
«C?est décourageant», lance Saoud Chady, gérant des cinémas ABC. Parlant de ces pirates, il se demande ce que font les autorités sur la question. «C?est presque une politique de deux poids, deux mesures», affirme-t-il. Il explique que pour le cinéma, des règles strictes sont appliquées. De l?importation du film à la distribution, en passant par l?étape obligatoire de la censure, il ne manque pas de mesures pour réglementer l?import. Et ces étapes obligatoires ne sont pas sans frais. Qu?en est-il des DVD piratés ? «Sont-ils sujets à la censure ?» se demande le gérant des Cinémas ABC.
«Le cinéma est un service», affirme de son côté Eric Koenig, directeur des cinémas Star. Il se dit triste de constater que le système législatif du pays ne convient pas à la réalité. «Ceux qui achètent ces DVD sont souvent malchanceux», parce que le disque est de mauvaise qualité. Autre problème, celui de la qualité du film même, souvent filmé avec une caméra dans une salle de cinéma. Cela peut porter préjudice à l?image même de l?île.
Du côté de la Mauritius Society of Authors (MASA), Gérard Louise, le directeur, abonde dans le même sens que les gérants de cinémas. Selon lui, ces pirates causent un manque à gagner énorme, que ce soit au niveau des cinémas, aux importateurs de DVD ou même à l?Etat, qui ne touche aucune taxe sur la vente de ces produits. «Il faut une loi plus sévère», commente-t-il.
Le directeur de la MASA explique que ces opérateurs illégaux débutent en général du bon côté de la loi. «Ils obtiennent une accréditation de la MASA», ce permis concernant généralement la vente de disques. Une fois le permis en poche, ils décident de ne pas vendre de disques locaux. La raison ? Les fouilles effectuées par la police concernent généralement ces produits. En gros, ces vendeurs délaissent les produits mauriciens à cause de la répression sur la vente de disques locaux piratés.
Que peut faire la MASA ? Pas grand-chose. Gérard Louise explique que les autorités concernées travaillent sur des amendements au Copyright Act. Ces amendements concerneraient à la fois les peines encourues, qu?il souhaite plus sévères, et la couverture de nouveaux médias, dont Internet, source de films pour des vendeurs éventuels.
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