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Le Premier ministre satisfait des explications de Rama Valayden
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Le Premier ministre satisfait des explications de Rama Valayden
Le Premier ministre (PM) se dit satisfait des explications de l?Attorney General (AG), Rama Valayden, dans l?affaire «d?ingérence» auprès de la police. C?est ce point précis qui est à la base du contentieux entre Navin Ramgoolam et Rama Valayden et qui mène à l?offre de démission de Valayden, lundi. Une démission subséquemment retirée.
Si la séance de Private Notice Question (PNQ), hier matin, permet d?éclaircir ce point, l?air quelque peu gêné de Rama Valayden et de Navin Ramgoolam laisse entrevoir que l?affaire n?est pas totalement classée.
La demande des membres de l?opposition Mouvement militant mauricien (MMM), à l?effet que Rama Valayden soit révoqué, est ignorée par le PM. En revanche, il demande à Paul Bérenger pourquoi il n?a pas donné sa démission dans l?affaire Toorab Bissessur.
«L?Attorney General pense qu?il a été injustement accusé par l?opposition, explique le PM à la Chambre, et lorsque je lui ai demandé des explications du fait que moi aussi, je mettais sa motivation en question, c?est là qu?il a envoyé sa lettre.»
Les «explications» de Rama Valayden se résument ainsi. Il est contacté par le père de Bernard Joly, arrêté le 23 juillet, après une controlled delivery (opération organisée par la police visant à le piéger) dans le parking de Jumbo Score, Riche-Terre. Ce dernier, ignorant tout de la controlled delivery, pense que son fils a été arrêté pour avoir volé une motocyclette appartenant à l?Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) et s?inquiète qu?il pourrait être battu.
Il appelle donc le ministre de la Justice pour lui faire part de ses inquiétudes. A son tour, Rama Valayden téléphone à l?Assistant Commissioner of Police (ACP) Lablanche pour savoir où Joly est détenu exactement. L?ACP Lablanche, qui ignore tout de l?arrestation et de l?affaire elle-même, le renseigne.
L?ACP Lablanche informe ensuite l?ACP Padiachy, le responsable de l?ADSU en l?absence du Deputy Commissionner of Police Sooroojbally. L?ACP Padiachy rappelle Rama Valayden pour lui faire part que Bernard Joly est en détention à la suite d?une controlled delivery. «Dès qu?il s?est rendu compte de l?importance de l?opération, Rama Valayden a raccroché», précise Navin Ramgoolam.
«Et vous acceptez cette demande explication ?», le leader de l?opposition. «Oui, parce qu?elle est corroborée par le commissaire de police de même que les deux policiers en question», réplique le PM.
«Pour sauver l?honneur du pays»</B>
Paul Bérenger s?élève contre le fait que Rama Valayden a admis, sur les ondes d?une radio, qu?il a appelé la police. Il trouve que c?est inacceptable. «Mais au moins il n?a pas menti, il aurait pu ne pas l?admettre», répond le PM en précisant que l?AG a laissé son numéro de téléphone à l?ACP Lablanche, «une preuve qu?il n?avait aucune intention de cacher ce fait».
Navin Ramgoolam affirme aussi que l?AG a pris l?engagement que ce genre d?incident ne se reproduira plus. Il précise cependant que le coup de fil de Valayden était motivé par des raisons humanitaires. «Il est aussi ministre des Droits de l?homme.»
Bérenger réplique que le père de Joly était un employé de Sada Curpen. «Le père de n?importe quelle personne peut légitimement s?inquiéter sur le sort de son fils», rétorque Navin Ramgoolam.
Toutefois, les députés MMM ne lâchent pas prise. Ils demandent au PM de «révoquer Rama Valayden pour sauver l?honneur du pays» Le PM répond : «Je pense que le leader de l?opposition a la mémoire courte. Pourquoi n?a-t-il pas démissionné pour Toorab Bissessur ?»
Les députés MMM protestent bruyamment en criant «fou li deor !» Les membres de la majorité répliquent : ?Sheik Hossen ! Ti fer serman lor latet so garson !? Pendant ces échanges, Rama Valayden demeure impassible.
Le leader de l?opposition tient à s?expliquer. «A l?époque de l?affaire Toorab Bissessur, j?étais leader de l?opposition et il y avait l?escadron de la mort. Le ?gentleman? voulait témoigner. J?en ai parlé au PM et j?ai fait en sorte qu?il puisse témoigner. La police est allée à Madagascar mais il n?y a pas eu de suivi et on a dû attendre que sir Anerood Jugnauth revienne au pouvoir pour aller de l?avant avec l?affaire.»
Sur ce, Navin Ramgoolam se lève pour affirmer que le leader de l?opposition «ne dit qu?une partie de la vérité». «C?est vrai qu?il est venu me voir mais ce n?est pas vrai qu?il n?y a pas eu de suivi. A l?époque, nous ne savions pas qui finançait Toorab Bissessur à Madagascar.» Le speaker lève alors la séance.
L?AFFAIRE «SUBUTEX»
<B>Précision des faits</B>
Le PM a précisé quelques faits concernant l?enquête autour des saisies de «Subutex». L?ADSU, dit-il, a reçu un fax anonyme, le 23 juillet 2008, (jour de l?arrestation de Cindy Legallant) faisant état d?un réseau d?importation et de trafic de «Subutex». Le même jour, elle incrimine Sada Curpen. Un peu plus tard, une opération de «controlled delivery» est organisée après un appel de Cindy Legallant à Sada Curpen pour qu?il vienne prendre possession des comprimés. Mais c?est Bernard Joly qui s?amène. Il est arrêté et un avis de recherche est émis concernant Sada Curpen. Celui-ci s?est rendu à la police, lundi. Le fax fait mention de quatre policiers dont un qui a arrêté Sada Curpen, en août 2006, pour possession de 3 500 comprimés de «Subutex». «Je trouve cela bizarre et je pense que ces groupes organisés pourraient utiliser cette méthode afin de décrédibiliser des policiers efficaces», commente le PM. A la suggestion du leader de l?opposition d?enquêter sur le fax, Ramgoolam a fait savoir que la police a déjà ouvert une enquête. A la suite des questions des députés MMM à l?effet que la voiture d?un «Private Parliamentary Secretary» (PPS) est allée chercher Cindy Legallant à sa descente d?avion, le PM a demandé d?un ton brusque : «Vous avez des preuves de cela ? A ce stade, il n?y a aucune indication que la voiture d?un PPS est allée à l?aéroport. Il ne suffit pas de balancer des noms, il faut des preuves.»
L?amendement prochain du «Dangerous Drugs Act», pour inclure le «Subutex» dans la liste des drogues prohibées, a aussi été évoqué .
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