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Karadzic évoque un «accord» avec les USA pour expliquer sa cavale
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Karadzic évoque un «accord» avec les USA pour expliquer sa cavale
L?ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, poursuivi pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l?humanité, a comparu pour la première fois, jeudi dernier, devant le Tribunal pénal international (TPI) pour l?ex-Yougoslavie. Agé de 63 ans, il a été officiellement arrêté le 21 juillet en Serbie après plus de dix années de cavale.
Vêtu d?un costume sombre et d?une chemise claire, les cheveux courts et plaqués en arrière, il est apparu sans avocat et a annoncé qu?il assurerait sa défense seul : «J?ai un conseiller invisible. J?ai décidé d?assurer ma défense moi-même.» Malgré l?insistance du juge Alphons Orie, soulignant qu?il avait pour cette première audience le droit à l?assistance d?un avocat commis d?office, il a répété : «J?ai renoncé à ce droit.» Selon son avocat à Belgrade, Svetozar Vujacic, son client serait prêt à engager une grève de la faim s?il n?est pas autorisé à se défendre lui-même lors de son procès.
Lors de cette première comparution, le juge a résumé les onze chefs d?inculpation de génocide, crimes de guerre et contre l?humanité, retenus contre l?ancien chef serbe pour son rôle dans la guerre de Bosnie (1992-1995), qui a fait plus de 100 000 morts et 2,2 millions de déplacés. A la demande du juge, il s?est identifié comme «Radovan Karadzic (...), né le 19 juin 1945 au Monténégro». Interrogé sur son adresse au moment de son arrestation, il a répondu que c?était celle de la maison de sa femme à Pale, non loin de Sarajevo. Il a ensuite donné son «adresse non officielle», dans le quartier de Belgrade où il vivait sous l?identité du docteur Dragan Dabic, exerçant la médecine alternative.
Le juge l?a ensuite interrogé pour savoir s?il plaidait coupable ou non. Mais Radovan Karadzic a demandé, comme prévu, à utiliser le délai légal de trente jours avant de prendre sa décision. Le juge a ainsi programmé une nouvelle comparution devant la chambre le 29 août. Radovan Karadzic a ensuite pris la parole pour dénoncer des «irrégularités» autour de son arrestation, et contester la date à laquelle elle a été annoncée. Il a affirmé avoir été «kidnappé» et a dit craindre pour sa vie.
Il a également évoqué un «accord» conclu avec le négociateur américain Richard Holbrooke, lors de la signature des accords de Dayton (1995) qui ont mis fin à la guerre de Bosnie, en échange de son retrait de la vie publique. La famille de l?ancien chef des Serbes de Bosnie avait d?ailleurs affirmé à plusieurs reprises que Richard Holbrooke aurait promis qu?il ne livrerait pas Radovan Karadzic au TPI en échange de sa mise à l?écart de la vie politique. Ceci expliquerait pourquoi, inculpé en 1995, il a réussi à échapper si longtemps à la justice internationale. Les Etats-Unis ont toujours nié avoir conclu un accord avec l?ancien chef des Serbes de Bosnie.
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