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Shaan, marathon man
«Mera dil laile.» Nous sommes pratiquement à une demi-heure avant la fin du concert. Shaan mouille son t-shirt rouge. Il a envoyé valser le blouson blanc qu?il arborait dessus. Ebauchant d?abord le geste de le lancer dans la foule avant de le poser sagement au bord de la scène. Emporté par son enthousiasme, et le rythme endiablé de ses tubes, et l?entrain de sa partenaire, Debopriya Bannerjee, voilà qu?il lance : «lets turn the house into one big discotheque».
Il n?en faut pas plus pour que des spectateurs ? surtout les plus jeunes ? laissent les parents confortablement installés dans leur fauteuil, pour aller se déhancher au pied du podium. La sécurité réagira au quart de tour. Modérant les ardeurs de ces spectateurs qui, après tout, n?attendaient qu?un signe pour se rapprocher de l?animateur qu?ils regardent d?habitude à la télé. C?était samedi soir au centre Swami Vivekananda, à Pailles, comble pour l?occasion.
Leur nombre grossit. Au point où, en plein refrain, le producteur et organisateur de l?événement n?hésitera pas à se lever de sa chaise, pour glisser quelques mots à l?oreille du sympathique chanteur. Sans rien laisser paraître ? et c?est là que l?on voit qu?il a l?habitude des plateaux et du direct, Shaan enchaîne. C?est vraiment, «marathon man». Avec toutes les qualités qui vont avec.
Chanteur qui sait moduler le rythme. Alterner les mélanges de latino et de Bollywood. Le disco pur aux mélodies plus romantiques voire plus nostalgiques. Un chanteur, qui en bon coureur de fond, accélère arrivé au dernier furlong. Pour ne plus s?arrêter avant la ligne d?arrivée.
«Mera dil laile ...» Cette chanson, c?est son lien particulier avec Maurice. C?est le gage que le public attendait. Shaan le sait. Shaan sait allègrement en jouer. Sauf quand il sort une feuille de papier froissée, et qu?il y lit les paroles de la chanson. Là, cela casse un peu l?effet.
Shaan se rattrape bien vite. Lui qui n?a pas raté le train des succès récents. Celui des tubes extraits de bandes originales de films. Il entonne Om shanti om. Ne reprend même pas son souffle et sort une série de titres qui ont contribué à sa grande popularité. Le public suit. Lui crie qu?il l?aime.
Shaan, spontanément, se penche et distribue des poignées de main. C?est sans compter avec la fougue de ces fans conquis d?avance. Qui manquent pratiquement de le faire tomber de scène, à force de vouloir lui serrer la main. Lui, sans se départir de son sourire ? qui a gardé quelque chose d?enfantin mais de tellement sympathique - rétablit son équilibre. Et lance, débonnaire : «My fault really, I asked for it.» Comment lui en vouloir après cela ? Comment lui en vouloir quand on a vu combien cet artiste se dépense, combien il est généreux sur scène ?
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