Publicité

Com il faut

30 juillet 2008, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

«Sakifo bonjour», articulé avec emphase sur les «o». S?en suivra mille excuses. Parce qu?il fallait absolument qu?elle réponde. Même si elle a «mute» ses deux portables.

Un café au lait avec du sucre. C?est son « péché mignon », son «plus grand plaisir.» Du calme. Celui de l?hôtel Tamarin en journée. Là où s?est installé le directeur de communication du Sakifo Musik Festival, événement musical qui se tiendra ce week-end. Réunionnais à l?origine. Organisé également à Maurice pour la première fois.

Virginie Talbotier dans tout cela ? Assistante de communication. En gros, dans l?équipe qui gère le cocktail d?ouverture. En clair : «les listings, les cartons, l?accueil, la réception». Au quotidien, cela veut dire rappeler plusieurs fois les secrétaires de direction pour savoir si leur patron viendra bien au cocktail. Ensuite ne pas manquer de confirmer si effectivement il pourra donner quelques minutes de son temps pour saluer un festival de musique éclectique, auquel il aura bien voulu associer la société qu?il dirige. Parce que, «les Mauriciens n?ont pas l?habitude de rappeler quand on les invite».

Au cours des deux jours du festival, Virginie Talbotier sera dans le carré VIP. Pour accompagner, «ces gens qui ont quand même payer pour un certain confort », leur « montrer qu?il y a quelqu?un du festival qui est là». En somme «faire du relationnel».

C?est du boulot pour Virginie cela. Le verbe facile. Les phrases qui s?enchaînent, enrobées dans un accent «frenchie». De la courtoisie professionnelle. Et des merci bien sentis. C?est cela le dur métier de la communication. Celui que Virginie Talbotier a la chance de pouvoir exercer, «pour le plaisir ». Sans crainte pour sa sécurité d?emploi. «Cela peut paraître prétentieux mais je peux me permettre de disposer de mon temps».

Pour organiser sa journée par créneaux horaires, avec, par exemple, pour une journée-type : rendez-vous de 9 à 11heures, suivi du travail jusqu?à midi trente, déjeuner sympathique, une heure de plage avec sa fille de trois ans. Retourner bosser de 14 h 17 heures. Et le privilège, comme elle dit, d?éteindre son portable à 19 heures.

Virginie Talbotier aurait pu être femme au foyer. S?occuper de sa vie privée entre un mari, «très pris par ses affaires», et sa «petite Mauricienne» de trois ans, pour qui elle avait arrêté de travailler. Ayant à c?ur d?être une maman présente.

Mais cela n?aurait pas été suffisant pour cette femme à poigne ? et pas qu?au sens littéral, avec sa poignée de main énergique assorti d?un regard franc. Cette femme soignée, avec un chignon d?où pas un cheveu ne dépasse malgré le vent qui balaie Tamarin. Une femme qui se définit, à la première ligne de son CV comme étant, «organisée, active et autonome». Et que l?on peine à croire quand elle explique que c?était, «la panique» pendant un mois, quand elle s?est lancée dans ce secteur de la communication, il y a trois mois.

Vous l?avez compris. S?il y a quelque chose qu?elle ne manque pas, c?est bien de l?assurance. C?est simple. Elle a «toujours eu confiance» dans ce qu?elle peut faire. «Je viens d?une famille d?entrepreneurs, je crois que j?ai cela dans les gênes.»

Alors elle s?est lancée : freelance en communication. Avec une «entreprise individuelle». Qui n?a pas de nom, pour mieux s?adapter aux contrats. Un bureau à domicile où trône son agenda rouge, cadeau de son père pour ses 23 ans.

C?était il y a dix ans. A l?époque, la jeune femme née de mère mauricienne, aujourd?hui retraitée d?Air France Réunion et de père français, a sa licence en communication, spécialisation communication d?entreprise de l?Ecole française des Attachés de presse (EFAP). Elle a derrière elle une vie entre Paris et Saint-Denis de La Réunion. Maurice, alors c?est son «île de c?ur», sa «base de vacances». Où elle n?avait jamais vécu avant juillet 2003.

<I>«On voulait fonder une famille dans un pays plus posé. J?ai eu de la chance dès que je suis arrivée ici. Cela peut paraître prétentieux mais je peux me permettre de disposer de mon temps».</I>

Et avant cela encore, elle était entre la Réunion et Madagascar où son mari était en poste depuis sept ans. Reprenons. Avec des intercalaires ? c?est le mot qu?elle utilise pour dire à quel point elle est organisée.

De 1998 à 2000, Virginie Talbotier est assistante de production chez Digital Studio. Son job : s?occuper de la régie, du stylisme sur des spots publicitaires pour la télévision, le contact client et même, «demander des autorisations invraisemblables». Entre 2000 et 2001, elle est chez Caillé, groupe réunionnais dans la grande distribution et l?automobile. En 2002, elle monte une société à La Réunion, avec une partenaire, sur le même principe de prestation de services. Survient la «coupure», c?est-à-dire les années à Tana. «Mais on voulait fonder une famille dans un pays plus posé.»

D?où les racines plantées à Maurice depuis cinq ans maintenant. De quoi lui permettre de passer deux ans au sein des Select Singers, la chorale du conservatoire François Mitterand.

N?allez pas croire que Virginie Talbotier est de celles qui restent accrochées à leur téléphone en quêtant les contrats. «J?ai eu de la chance dès que je suis arrivée ici». c?est le moins que l?on puisse dire. Tout de suite, c?est le contrat pour, «mettre sur pied la cellule de communication interne de Price Waterhouse Coopers». Et le solide réseau qui va avec. Grâce auquel, avant d?avoir eu le temps d?avoir ses cartes de visite, elle est déjà «bookée» jusqu?au premier trimestre 2009.

Publicité