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Rat de laboratoire
Il fallait y penser. Envoyer des invitations dans un test-tube. Pour coller avec l?esprit de The Lab Entertainment.
Nous divertir. C?est l?ambition de Stéphanie Moorghen-Bernon, la chef de The Lab. Qu?importe si le secteur est plutôt morose. Que les prestations culturelles se comptent sur les doigts d?une seule main. Qu?elles restent soit dans le créneau variété ou celui plus «jeunes» des D.J, parce qu?ils «sont plus simples à déplacer».
Ce qui intéresse vraiment Stéphanie c?est, «élaborer des plans d?action, des stratégies». Quand on résume : «c?est voir si tout le monde fait ce qu?il doit faire», entendez le traiteur, le décorateur, le fleuriste, tout ce qu?il faut pour qu?un lancement ou une fête soit réussie, Stéphanie secoue la tête. «Non, c?est plus, décider de ce que je dois faire.»
Dans les moindres détails. Ce qui peut aller jusqu?à, «si un invité se coupe le doigt, veiller qu?il y ait une pharmacie, ou qu?il y ait du papier cul dans les toilettes pour les invités».
Stéphanie n?est pas du genre à se laisser gagner par le spleen ou le découragement. Elle se décrit elle-même comme une fonceuse, une curieuse. Celle qui contre l?avis de son entourage a décidé de quitter la structure et la sécurité relative d?une agence de communication pour se lancer dans la grande aventure de l?événementiel à Maurice. Une femme qui ose. Qui s?insurge. Qui demande, «pourquoi on n?arrête pas de dire qu?il n?y a rien qui se passe. Ben, faut se lever, faire quelque chose ».
Alors, comme elle voulait à tout prix du «fun», Stéphanie s?est décidée à devenir son propre chef. A quitter les sentiers battus du corporate pour explorer ceux, plus risqués du divertissement grand public. «Des idées folles, mais qui pourraient à terme être rentables», comme elle dit. Comme ? on peut rêver ? un tournoi de paintball, lance-t-elle.
Le petit grain de folie. Argument de vente que The Lab compte visiblement exploiter à fond. En présentant ceux qui l?entourent, lors du lancement de la société, la semaine dernière, Stéphanie a eu ce mot : «nous sommes comme des savants fous».
Sans doute une façon de parler. Mais pardonnez à notre imagination, nous n?avons pu empêcher certaines images de défiler en esprit : un lieu de travail coloré. Une ruche, animée du bourdonnement perpétuel des conversations. Avec en fond sonore, de la house, du funk, mâtinés de techno.
Les bulles retombées, nous montons vers les hauteurs de Forest-Side. Quartier résidentiel, hiver tranquille. Stéphanie Moorghen-Bernon travaille à la maison. Pratiquement toute seule.
Portable et téléphone fixes sonnent en même temps. Elle jongle. Avant de tout débrancher. Et de nous expliquer que c?est à regret qu?elle a embauché une aide, parce que «je préfère travailler avec des free-lance».
Dans ce bureau gris, où Maeva, sa fille de cinq ans, n?a le droit d?entrer que si elle en a la permission,Stéphanie Moorghen-Bernon a établi le quartier résidentiel de sa liberté.
Cordon coupé avec le travail en agence. A 32 ans, elle a derrière elle plusieurs années chez Totem, agence de communication. Des années marquées par l?influence, les conseils d?Alexandra Schaub, l?âme de Totem.
<I>«On n?avait pas le droit de rire. J?étais la seule à parler un peu fort et dès qu?on riait un peu, tout le monde se retournait pour vous regarder ».</I>
«C?est vachement bien d?avoir commencé comme cela. Alexandra c?est mon mentor.» Celle qui disait, « tu te débrouilles Stéphanie, mais tu le fais». Quand on lui demande: «c?est quoi le plus dur qu?elle vous ait demandé ?» Stéphanie réfléchit. C?est qu?une fois l?obstacle passé, Stéphanie ne regarde pas en arrière. Elle a besoin d?avancer. D?avoir «l?adrénaline qui monte quand on va chercher des concepts qui sont à l?opposé de ce à quoi on s?attend d?habitude». Paroles de celle qui a connu les débuts de Totem, quand l?équipe n?était constituée que de son mentor et d?elle-même.
Si aujourd?hui Stéphanie montre tous les signes de la femme déterminée, qui sait ce qu?elle veut, elle a pourtant mis du temps à se trouver. Après les années d?étude au collège de Lorette de Curepipe, elle qui voulait devenir Banquet Manager, enchaîne les petits jobs. Avant d?être dans le premier groupe de télé-opérateurs. «Ce n?était pas une vie. On ne vivait que pour travailler», se souvient-elle. Au point où son copain lui lance un ultimatum. C?est lui ou le job. Elle le choisira, lui. Et prend de l?emploi dans un cabinet d?audit et de comptabilité. «Quelle erreur. On n?avait pas le droit de rire. J?étais la seule à parler un peu fort et dès qu?on riait un peu, tout le monde se retournait pour vous regarder.»
Vite, Stéphanie prendra la clé des champs. Littéralement. Pour y être «un peu comptable, un peu assistante» avant de rencontrer Alexandra Schaub vers 1997 ? 8, qui lui proposera de la suivre quand elle créera Totem .
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