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De l?ombre au soleil
<B>Par Sharon SOOKNAH</B>
Les éloges du tourisme en tant qu?industrie forte et phare ne sont plus à faire. La réorientation de notre économie, après son passé lié à la production sucrière, a su s?imposer. Et, les espoirs qui ont été placés dans le tourisme ont su porter leurs fruits. Profits, emplois et développements en sont les preuves tangibles. Même l?impact du spectre du chikungunya a été géré, et subséquemment mis au placard avec une année 2007 que beaucoup qualifient d?année «euphorique» pour le tourisme. Elle aura vu un taux de croissance du secteur de 14 %, une contribution de 9, 2 % au produit national brut, et des investissements de Rs 9 milliards, sans oublier une contribution fiscale de la part des hôteliers qui s?est élevée à Rs 4 milliards.
Surfant toujours sur la bonne vague de 2007, les prévisions pour 2008 se sont, initialement, montrées optimistes. Les objectifs de croissance des diverses parties ont été cadrés vers le but suprême des deux millions de touristes d?ici 2015. Chiffre qui, soulignons-le, ne serait qu?un objectif ayant pour but de stimuler la croissance.
Aujourd?hui, six mois plus tard, les ambitions se tempèrent, et les langues se modèrent. On parle d?orages et de menaces, de nuages dont les ombres se dessinent sous le soleil. On s?arme pour le combat. Déploiement des troupes pour une promotion agressive, changement annoncé de l?étendard désuet du «sea, sand and sun» de Maurice, et offensives coordonnées sur les nouvelles terres de l?Est, jusqu?ici non-conquises.
Beaucoup de batailles dans cette guerre sont hors de notre contrôle. La récession sur nos marchés traditionnels ? ces fidèles pays d?Europe où Maurice évoque encore le rêve ?, les prix flambants du pétrole, les dessertes aériennes qui sont compromises, l?inflation des matières premières? Tant de facteurs externes qui jouent contre nous et auxquels la seule arme restera notre capacité de séduction. Cette capacité qui, on l?espère, arrivera à convaincre.
Mais voilà, des menaces internes et, bien de chez nous, exercent, elles aussi, leurs pressions. Manque de ressources ? en eau et énergie ?, infrastructures qui tardent à se mettre en place, jeune main-d??uvre que le tourisme ne séduit pas, protection de l?environnement qui laisse à désirer, diversification du produit touristique mauricien qui s?annonce mais ne vient pas ? les facteurs qui nous retiennent encore et entraveront une croissance durable sont déjà bien ancrés. Pour les aborder, il ne suffit pas de considérer le tourisme comme une industrie pilier. Il faut se rappeler que sa relation avec le développement, dans son ensemble, est déterminante. Le tourisme ne peut devenir un véritable succès que s?il arrive à être une constance. Et pour ça, il faut que les stratégies, de parts et d?autres, soient en phase. Il ne suffit plus d?avoir des objectifs infusés de positivisme ou ayant des origines floues. Ils doivent être pesés et leurs les implications doivent être elles aussi prises en charge. Il ne suffit pas d?avoir des aspirations, encore faut-il se donner la force de ses ambitions.
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