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Dans le monde de la diplomatie

2 juillet 2008, 00:00

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Elle a côtoyé des ministres et des députés de la Chambre des Communes et de la Chambre des Lords en Angleterre. Ayant été attachée au ministère de l?Intérieur de la Grande-Bretagne pendant trois ans. Ainsi, elle faisait partie de l?équipe qui travaillait sur le projet de loi sur la fraude et la corruption en 2003. Son équipe était chargée d?écrire les discours et d?apporter des arguments au ministre de la Justice d?alors, Lord Goldsmith, pour que le projet de loi soit voté. Elle a aussi été parmi ceux choisis pour représenter la Grande-Bretagne lors des sessions plénières au Conseil de l?Europe à Strasbourg.

Depuis 18 mois, Natasha Ramalinga Chetty travaille pour le ministère des Affaires étrangères de la Grande-Bretagne. Elle est Entry Clearance Manager au Ghana. C'est-à-dire qu?elle dirige une équipe d?officiers chargés de décider s?il faut accorder ou pas les demandes de visas pour l?Angleterre aux Ghanéens. Avec 40 000 demandes par an, elle a du pain sur la planche. Natasha doit aussi représenter la Haute-Commission britannique à diverses fonctions officielles.

Natasha est née à Letchworth, dans le comté de Hertfordshire, en Angleterre, de parents mauriciens. «Passionnée par les cultures», elle se tourne naturellement vers des études d?anthropologie au School of Oriental and African Studies. En l?an 2000, elle fait une maîtrise sur l?histoire, la politique et l?anthropologie en Asie du Sud.

Alors qu?elle avait 26 ans et une maîtrise en poche, elle commence curieusement à se faire du souci. Du genre, «mo pa kone ki mo pou fer ek mo lavi», raconte-t-elle en créole avec un charmant accent anglais. Elle aura aussi l?occasion de faire un doctorat sur les médias indiens et la politique au Pays-Bas.

«Ceux qui travaillent avec moi me disent tout le temps que mon attitude n?a rien à voir avec les précédents managers qui mettaient un peu la pression.»

La jeune femme a plutôt envie de travailler. C?est ainsi qu?en 2003, elle s?inscrit au Fast Stream. Ceci est une voie pour des diplômés de faire leur entrée dans la fonction publique en Angleterre à des postes importants. Le Fast Stream n?est certes pas la seule façon de devenir fonctionnaire en Angleterre, mais ceux qui s?y joignent ont la garantie d?obtenir une série intensive de stages de formation destinés à les préparer à des postes de managers.

Les pré-requis minimaux étaient à l?époque où postulait Natasha, un diplôme universitaire. Les candidats devaient ensuite passer des tests de compétence en calcul, sur leurs aptitudes à écrire et leur sens de la logique. Suivis de deux jours d?entretiens, d?exercices de groupe, de présentations. Des étapes «très difficiles.» Sans doute. Puisque la finalité est de sélectionner 300 candidats sur les 17 000 inscrits.

Aujourd?hui, cette jeune femme de 32 ans se déclare «satisfaite» de son parcours. Il y a de quoi. «Je suis bien moins ambitieuse que d?autres fast-streamers. Mais naturellement, j?aurais voulu grimper les échelons dans la fonction publique.»

En attendant, elle profite de la vie. Joue à des jeux vidéos jusqu?aux petites heures du matin. Rit de ses aventures et de ses mésaventures. La dernière en date : elle a fini dans un caniveau alors qu?elle partait voir le premier match de la Coupe d?Afrique des Nations 2008. Eh oui ! «A force de voyager en voiture, on oublie comment être piéton.» raconte-t-elle en riant à gorge déployée.

Vous l?avez constaté : elle est très relaxe, Natasha. Confiante que tous les problèmes ont une solution. «Ceux qui travaillent avec moi me disent tout le temps que mon attitude n?a rien à voir avec les précédents managers qui mettaient un peu la pression.»

Si au travail, la demoiselle se permet d?être décontractée, on se doute bien que quand elle est en vacances, elle va l?être encore plus. Ce serait peine perdue par exemple de lui demander rien qu?une carte de visite. Elle n?en a pas sur elle. «C?est parce que je suis en congé.» rappelle-t-elle en riant. Logique.

Qu?y a t-il à l?agenda ? Avide de voyages, elle voudrait visiter un maximum de pays. Déjà, elle a travaillé en Inde, au Brésil, au Nigeria, au Sierra Leone, au Gambie, entre autres.

Avant de quitter le Ghana en octobre, elle souhaiterait apprendre un de leurs dialectes : le twi. Pour ce qui est des langues, elle en connaît déjà un nombre respectable, notamment le français, le portugais, l?hindi et l?anglais bien sûr.

Et puis, il y a Richy, son copain, qu?elle connaît depuis quinze ans. En tant d?années, les deux tourtereaux «pann gagn letan» de penser au mariage. «A un moment, nous étions trop jeunes. Ensuite, il y a eu les études.» Ce n?est que maintenant qu?ils se penchent sur la question.

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