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Ces facteurs aggravants...

26 juin 2008, 00:00

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En vacances à Maurice au début du mois de juin, l?Ecossais Ewan Morrison a été témoin d?un accident de voiture qu?il qualifie d?«horrible». Il le raconte en ligne. Alors même qu?il s?inquiétait de l?état de santé de l?accidenté qui tout en se tenant la tête des deux mains se vidait de son sang sur la chaussée, son chauffeur lui rétorqua que «ce genre d?accident arrive tout le temps». Lequel chauffeur ne dramatisait peut-être pas tant que ça la situation. De 2005 à ce jour, l?on recense pas moins de 23 755 cas d?accidents sur les routes mauriciennes. 469 personnes ont trouvé la mort, dont 166 piétons. Maurice a d?ailleurs l?un des taux d?accidents les plus élevés d?Afrique. Du côté de la police, l?on soutient que les deux causes majeures d?accidents sont les abus d?alcool et les excès de vitesse.

L?introduction de «speed cameras», d?ici quelques mois aura peut-être un effet dissuasif sur les auteurs de ce genre de délit. Un consultant suisse est à Maurice en ce moment pour conseiller le gouvernement à ce sujet. Un officiel du ministère des Infrastructures publiques explique qu?il est fort probable que le ministère fasse l?acquisition de trois de ces caméras et la police de sept. Mais il est difficile de couvrir tout le territoire uniquement avec dix caméras. C?est pourquoi, ces caméras seront «mobiles». «Elles seront partout. La décision pour déplacer les caméras d?un endroit à un autre ne sera prise qu?une quinzaine de minutes avant.» Des caméras qui seront en service vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Elles feront des photos tant de l?avant que de l?arrière du véhicule. Le conducteur ainsi que la plaque d?immatriculation devraient être visibles sur cette photo.

Mais les accidents ne sont pas uniquement dus aux excès de vitesse et abus d?alcool. D?autres facteurs sont également à prendre en compte. Comme le nombre de voitures est trop élevé, l?on dénombre pas moins de 350 000 voitures pour les 2 000 kilomètres de route que compte le pays. Pas moins de 100 000 véhicules empruntent chaque jour l?autoroute long de 26 kilomètres. Le nombre élevé de véhicules augmente ainsi le risque d?accidents. Un officiel du ministère des Infrastructures publiques parle également d?un manque de facilités pour les piétons telles que les trottoirs, les passages cloutés et autres passerelles. De plus, avec le développement croissant le long des routes, l?on n?est pas à l?abri d?un accident. Et si en plus les routes sont en mauvais état et que des obstacles bloquent la visibilité, le risque est d?autant plus grand.

«Une route à sens unique»</B>

S?exprimant sur la toile, Ewan Morrison dit être certain que l?étroitesse des routes y est également pour quelque chose. Ce à quoi un officiel du ministère des Infrastructures publiques répond qu?on n?y peut rien. «Nous sommes conscients que sur certaines routes, lorsque deux véhicules se croisent et qu?en même temps des piétons marchent sur le bas-côté, cela représente un danger pour les piétons. Mais faute d?espace, il ne nous est pas possible d?élargir les routes.» La seule solution serait de convertir ladite route en une route à sens unique. Mais pour faire cela, il est impératif de trouver une route alternative afin d?y dévier une partie du trafic.

Lorsque le même Ewan Morrison parle de routes sinueuses et de champs de canne tellement hauts qu?ils en obstruent la visibilité, il n?a pas forcément tort. Car un officiel du ministère des Infrastructures soutient que l?on peut aussi imputer un certain nombre d?accidents à «la géométrie des routes». Outre le fait de couper les cannes qui nuisent à la bonne visibilité de la route, il est possible d?«améliorer la courbe s?il y a de l?espace». Et ainsi améliorer la géométrie des routes mauriciennes. Lorsqu?il n?est pas possible de le faire, les panneaux indicateurs prennent alors toute leur importance. Des panneaux dont bon nombre ont été subtilisés par des voleurs de ferraille. Des panneaux qui n?ont pour beaucoup pas encore été remplacés. Et pourtant, ils s?avèrent plus qu?utiles une fois la nuit tombée.

Car autant une route peut vous sembler familière lorsque vous l?empruntez en plein jour, une fois la nuit tombée, c?est une autre histoire. L?affaire se corse davantage pour les conducteurs inexpérimentés. Et quand ces mêmes conducteurs font face à l?attitude agressive de certains, un facteur d?accident parmi d?autres selon la police, le risque augmente davantage. Les campagnes de sensibilisation n?y changeront rien.

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