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Anglais et Mauriciens violent une convention onusienne
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Anglais et Mauriciens violent une convention onusienne
Le comité parlementaire restreint de juillet 1982-juin 1983, présidé par Jean Claude de l?Estrac, rappelle qu?en droit international, l?archipel des Chagos, en 1965, fait historiquement et intrinsèquement partie du territoire mauricien. Le 14 décembre 1960, les Nations unies votent une loi internationale, interdisant absolument aux puissances coloniales de démembrer le patrimoine territorial de leurs colonies, notamment lorsqu?elles leur accordent leur indépendance politique. Le 16 décembre 1965, la résolution onusienne 2066 non seulement confirme cette loi internationale, interdisant le démembrement des colonies, mais encore cite explicitement l?excision de l?archipel des Chagos du territoire mauricien comme un cas flagrant de violation de cette convention onusienne. L?Angleterre viole donc celle-ci. Les ministres mauriciens de 1965 font pis que cela puisqu?ils donnent leur accord à cette flagrante violation. Pour les Nations unies, aucun dirigeant politique n?a le droit de démembrer le patrimoine territorial d?un pays donné ou encore d?en vendre une partie.
Il existe une autre loi internationale, préconisant que les peuples concernés ont droit à l?autodétermination, c?est-à-dire de voter démocratiquement pour déterminer leur avenir et celui de leur territoire. Cette loi internationale n?est pas respectée dans le cas de l?archipel des Chagos. Les Mauriciens, et a fortiori les Chagossiens pourtant directement concernés, n?ont pas eu leur mot à dire dans le cas de l?excision absolument arbitraire des Chagos du territoire mauricien, en novembre 1965. Les ministres de cette année consentent pourtant à ce que la puissance colonialiste, l?Angleterre, viole une convention onusienne dont l?objectif principal est pourtant de protéger, entre autres, l?intégrité territoriale de notre pays et notre pleine souveraineté sur chaque toise du territoire mauricien. Si ce n?est pas de la trahison, cela lui ressemble comme deux gouttes d?eau. Le comité parlementaire récuse l?argument de Seewoosagur Ramgoolam à l?effet qu?on ne peut pas être wise after the event. Pour lui, le Premier de 1965 fut wise before and during the event.
Le comité parlementaire compare l?antipatriotisme des ministres mauriciens de 1965 au patriotisme des dirigeants politiques seychellois. Ces derniers ont depuis réclamé et obtenu la rétrocession de l?île Aldabra et des îles environnantes qui font de nouveau partie du territoire seychellois. (N.B. : Cet argument comporte toutefois quelques failles. 1. Aldabra ne comporte pas les facilités logistiques qui sont celles de Diego Garcia. 2. Aldabra comporte un intérêt écologique comparable à celui des Galapagos. L?installation d?une base militaire sur cette île aurait soulevé un tollé international empêchant d?autant la discrétion recherchée par les voleurs et receleurs des Chagos, que sont Anglais et Américains, qui peuvent faire ce qu?ils veulent à Diego Garcia, grâce à la complicité docile et tacite des Mauriciens, population et gouvernement compris. 3. Le gouvernement seychellois, d?avant le coup d?Etat du 5 juin 1977, n?a pas hésité à mettre certaines îles seychelloises à la disposition de trafiquants d?armes notoires, impliqués alors dans nombre de points chauds sur plusieurs continents. 4. Un coopérant français basé aux Seychelles a dénoncé, après son expulsion de ce pays, les relations incestueuses existant entre la mafia de New York et certains politiciens seychellois).
Des ministres de 1965, ayant déposé devant le comité parlementaire, allèguent que le sinistre projet anglo-américain d?exciser les Chagos du territoire mauricien pour en faire une base militaire, sinon nucléaire, n?a fait antérieurement l?objet d?aucun débat politique. Le comité fournit quinze preuves pour réfuter cette fausseté. Une émission de radio du 21 février 1964 permet ainsi à David Windsor de révéler les projets militaires anglo-américains aux Chagos. L?émission est rapportée en détail, le 4 juillet 1964, par l?Economist de Londres et, le 22 juillet 1964, par le Daily News d?Australie. Le 30 août 1964, Reuter fait état du projet de création d?une base militaire dans l?océan Indien. Le 31 août 1964, le Daily Telegraph annonce la possibilité que l?île Diego Garcia soit utilisée comme une base de communications pour les missiles Polaris. Le 5 septembre 1964, l?Economist revient sur le sujet et parle de prospections militaires anglo-américains à Maurice et aux Seychelles. Le 23 septembre 1964, des Mauriciens, résidant en Angleterre, protestent par voie de presse contre le complot ourdi par Londres et Washington contre la population mauricienne, en préméditant l?excision des Chagos du territoire mauricien. La presse mauricienne reproduit leur protestation.
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