Publicité

Affaires Lagesse et Dantier : Des experts français à la rescousse

22 juin 2008, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La performance du laboratoire médicolégal se trouve au centre des projecteurs. Cela, après la visite officielle du Premier ministre, Navin Ramgoolam en France. Ce dernier a saisi l?occasion pour solliciter le président français, Nicolas Sarkozy, afin que la France aide le pays à moderniser la police mais plus particulièrement le laboratoire médicolégal.

Depuis peu, ce département tombe sous la responsabilité du Premier ministre. Les résultats attendus de ce laboratoire sont cependant en dessous des espérances depuis plusieurs années. Plusieurs affaires criminelles n?ont ainsi pu être élucidées dont les affaires Vanessa Lagesse et Nadine Dantier.

Pas moins de six spécialistes français en matière d?enquêtes criminelles et en médecine médicolégale arrivent bientôt pour moderniser et rendre plus efficace le laboratoire médicolégal communément appelé Forensic Science Laboratory (FSL) . Ces visites font suite à un accord en gouvernements français et mauricien.

Selon des informations recueillies, ces experts vont rouvrir l?enquête sur l?affaire Nadine Dantier, violée et étranglée dans un terrain vague à Albion le 25 juin 2003.

En ce qu?il s?agit de l?affaire Vanessa Lagesse, les parents de la victime doivent faire une demande officielle pour que tout le procédé de l?enquête redémarre car il y a eu une affaire en Cour. Bernard Maigrot, ex-suspect n° 1 dans cette affaire, a vu son procès rayé par le Directeur des poursuites publiques (DPP). La styliste Vanessa Lagesse avait été découverte morte étranglée dans sa baignoire alors qu?elle portait des traces d?hématomes sur tout le corps en mars 2001.

«Il y a beaucoup de zones d?ombre»

Tout n?a pas été fait, tout n?a pas été dit lors de ces deux enquêtes, estime le Dr Amacharya Gujjalu, médecin légiste qui exerce dans le privé après avoir passé plus d?une trentaine d?années dans le secteur public pour le compte de la police. Interrogé par l?express hier, il explique que l?Etat mauricien peut tout à fait solliciter une aide étrangère pour faire avancer des enquêtes criminelles. Tel avait d?ailleurs été le cas pour l?affaire Bacha ou encore pour l?explosion au Grand Bay Store en 2004.

Dans le contexte de la réouverture de ces deux enquêtes, le Dr Gujjalu déclare : «J?ai moi -même suivi de près l?affaire Lagesse. Je peux vous dire qu?il y a beaucoup de zones d?ombre dans cette affaire et quand l?enquête va redémarrer, vous verrez que ces experts vont vite remonter la filière. Il en sera de même pour l?affaire Dantier.»

Il précise que lorsqu?il était toujours médecin légiste de la police, il avait indiqué au commissaire de police Ramanooj Gopalsingh que «les échantillons et autres pièces à conviction envoyés à l?étranger n?étaient pas appropriés».

Le médecin légiste tient cependant à faire ressortir que les enquêteurs ne peuvent pas être blâmés pour autant. «Si les échantillons envoyés pour les tests ADN et d?autres analyses chimiques ne sont pas bons, vous n?aurez jamais les bons résultats et les enquêteurs vont naviguer aveuglément.»

Il cite une experte française de l?université de Bordeaux, le Professeur Sophie Gromb qui enseigne la médecine médicolégale. Cette dernière avait émis des critiques sur la façon dont certaines enquêtes criminelles sont menées à Maurice du point de vue médicolégal.

Le Dr Gujjalu revient, lui, sur plusieurs zones d?ombre dans ces deux affaires. D?abord, dans le cadre de l?affaire Vanessa Lagesse, il se demande qui a ordonné que le bungalow où un crime a eu lieu, soit nettoyé au plus vite. Il s?interroge également sur la hâte de faire signer la crémation de Vanessa Lagesse. Pourquoi les autorités ont-elles agréé cette demande alors que l?enquête n?était pas encore bouclée ?

Dans l?affaire Nadine Dantier où il y a eu des tests ADN disculpant le suspect n° 1 Marcelin Azie, le Dr Gujjalu s?interroge sur échantillons envoyés. Notamment si ceux-ci sont corrects et si d?autres indices portant sur toutes les personnes concernées ont été envoyés.

Il a souligné que l?affaire Bassin-Blanc avec la mort suspecte des deux amants Tagoresing Sandooram et Anshi Ittoo par «suicide» mérite d?être élucidée par ces experts français. Il estime que même 10 ou 20 ans après un crime, une enquête peut être reprise à zéro car les échantillons d?analyses des différentes parties du corps des victimes sont toujours là. Il en est de même pour les autres pièces à conviction qui ne sont pas détruites.

Publicité