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L?ouragan russe déferle sur l?Europe !
Le Danemark 1992 et la Grèce 2004 ont-ils trouvé un successeur ? Les somptueux quarts de finale auquel on vient d?assister nous permettent d?y croire (petit bémol quand même pour l?ennuyeux derby latin d?hier). La Russie et la Turquie briguent en tout cas ce rôle d?équipe surprise de l?Euro 2008. L?Europe tremble?
Petit point commun : aucun des deux ne fait pas partie de la commuauté européenne mais a réussi les exploits sportifs les plus retentissants du tournoi? Un joli pied de nez aux dirigeants politiques en tout cas !
Mais les Turcs, tombeurs des Croates vendredi aux tirs au but, semblent avoir du plomb dans l?aile avant de défier l?Allemagne mercredi en demi-finale. Handicapés par une cascade de forfaits, ils devront en effet se passer de neuf joueurs (cinq blessés, dont leur meilleur buteur Nihat, et quatre suspendus) au point où le sélectionneur Fatih Terim pense à convertir son troisième gardien en joueur de champ pour avoir le bon compte ! Du jamais vu.
Et l?UEFA qui fait la sourde oreille à la demande turque d?appeler un joueur supplémentaire (comme l?Allemagne l?avait pourtant fait à l?Euro 96)? L?énorme volonté turque et leur refus absolu d?abdiquer jusqu?à la dernière minute risquent de ne pas suffire cette fois. Leurs qualités morales rappellent celles de la Grèce en 2004, à la différence près que les Turcs savent jouer au football et attaquer.
Mais la plus grosse trouvaille de la compétition, c?est bien entendu la Russie ! Leur succès triomphal contre les Flying Dutchmen de Van Basten et Van Nistelrooy resteront comme le chef-d?oeuvre de cet Euro 2008. Les Oranje, logiquement mis sur un piedestal après avoir passé sept buts aux finalistes de la dernière Coupe du monde, ont vu passé un ouragan samedi soir à Bâle.
Une équipe de football du troisième type. Avec une qualité de football inconnue jusque-là. Mais quand on sait que leur coach n?est autre que l?extraterrestre Guus Hiddink, on pourrait dire que tout s?explique. La Hollande 98 (demi-finale), la Corée du Sud 2002 (demi-finale) et l?Australie au dernier Mondial c?était encore lui ! Et regardez le travail après deux ans seulement passés au chevet du football russe?
L?élève Van Basten a en tout cas reçu une sacrée fessée samedi soir, car la défaite de 3-1 aux prolongations ne reflète pas la domination écrasante des Russes, qui auraient pu planter facilement cinq buts sans un grand Van der Sar (qui a honoré sa 128e et dernière sélection).
Battue au premier match de l?Euro 4-1 par l?Espagne, la Russie en avait fait rire certains. Mais il y a de quoi rire jaune aujourd?hui en voyant ces derniers courir comme des lapins, alors que les autres tirent la langue !
Hé oui, le troisième match du 1er tour semble avoir pesé lourd pour tous ceux qui ont terminé premier de leur poule. Il fallait réfléchir à deux fois en faisant tourner l?équipe et en cassant le rythme de son équipe, ce qui explique peut-être, les échecs croate, portugais et hollandais en quart malgré une entame de feu.
Mais pour sa résurrection, la Russie peut commencer par remercier un certain Andreï Arshavin. Il ne jouait pas face à l?Espagne justement? Et maintenant, c?est le meilleur joueur de la compétition.
Capable de passer en revue toute la défense des Pays- Bas à lui seul, au moment où tout le monde est cuit en prolongations, il s?impose comme l?un des meilleurs attaquants au monde. Tous les grands clubs vont lui faire la cour cet été.
Arshavin pourrait même carrément venir titiller Cristiano Ronaldo pour le Ballon d?Or si d?aventure son pays gagne l?Euro. Le joueur du Zenith St-Petersbourg est déjà champion de Russie et vainqueur de la Coupe de l?UEFA.
Mais la Russie n?est pas l?équipe d?un seul joueur. Outre Arshavin, il y a l?homme à la frappe de mule Kolodin, l?arrière gauche Zhirkov, le milieu défensif Semak et le buteur Pavlyuchenko.
La Russie fait mal à ses rivaux avec son jeu de passe courtes ultra rapide en triangle (intérieur-extérieur-intérieur). L?équipe est très jeune et en grande forme. Elle a tous les atouts pour aller au bout de l?épreuve. Vivement jeudi, pour la sublime revanche avec l?Espagne?
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